TERRORISME AU SAHEL : L’Algérie piégée par sa complaisance ?

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A qui a profité la tentative de coup d’état du 25 avril au Mali ? Pour beaucoup, les regards doivent se tourner vers le voisin du Nord, l’Algérie. En effet, les mobiles ne manquent pas, en premier lieu desquels les tensions diplomatiques entre les deux pays, ponctuées par l’abandon du soutien malien au Front Polisario sur la question du Sahara occidental, pour une adoption récente de la solution marocaine. Malgré ce faisceau d’éléments à charge, Alger dément formellement.

Devenue un repaire des rebelles au régime militaire malien, au même titre que la Mauritanie, l’Algérie voit sa position géopolitique se compliquer considérablement du fait de sa proximité avec plusieurs mouvements terroristes (sur notre photo, Mohamed Ould el-Ghazouani et Abdelmadjid Tebboune, deux principaux sponsors du terrorisme subi par le Mali). Cette complaisance est une épée à double tranchant, qui risque, à terme, de créer en son sein des foyers d’extrémisme religieux.

Alger n’imaginait pas le scénario de la naissance d’une alliance JNIM-FLA, vu leurs divergences idéologiques. Donc, permettre au Front de libération de l’Azawad (FLA) de se replier sur son sol après des attaques menées au Mali revenait, déjà, à jouer avec le feu. S’il est admis que le risque encouru était faible au départ, son évolution a surpris les autorités algériennes, qui ont été incapables de l’apprécier.

Maintenant que le JNIM fait partie du jeu, tous les scénarios sont possibles, y compris l’éventualité d’une création de cellules radicales en Algérie pour la propagation de l’idéologie d’Al Qaeda, qui est souvent facilitée dans des Etats, qui se sont rendus coupables de défaillances structurelles en termes de gouvernance, à l’image de l’Algérie, où corruption et capture des ressources par une élite, prédominent.

On doit serrer les boulons dans la coopération militaire entre la Russie et le Mali : Enormément de failles sécuritaires qui permettent aux djihadistes de frapper sans difficultés.

Pour se prémunir face à cette menace existentielle grandissante, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a intensifié sa coopération militaire avec le président russe, Vladimir Poutine, en se montrant ingénieux dans son aide logistique apportée au patron du Kremlin pour le contournement des sanctions occidentales sur l’achat des armes exportées par Moscou. L’objectif étant de dissuader les groupes djihadistes de viser son pays à moyen ou long terme.

Mais, cette stratégie semble être vouée à l’échec, notamment, après le revers cuisant infligé aux forces russes chargées de défendre Kidal et Tessalit aux côtés des soldats maliens. La prise de ces villes stratégiques, ne serait-ce qu’à titre temporaire, constitue un grand motif de satisfaction pour les extrémistes sahéliens, qui ont, accidentellement, découvert qu’ils étaient capables de tenir tête à un adversaire qu’ils considéraient jusque-là hors de portée.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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