CAMEROUN-EMIRATS ARABES UNIS : Vers un nécessaire rééquilibrage des relations

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Depuis que le Cameroun a, publiquement, accusé les Emirats arabes unis (EAU) d’exploiter, illégalement, l’or de son sous-sol, on observe une certaine disposition de la part des Emiratis à vouloir rééquilibrer les choses. Il faut dire que ces derniers n’ont pas osé remettre en question les chiffres liés à l’activité frauduleuse qui leur est imputée, et selon lesquels elle coûterait, environ, 300 millions de dollars (165 milliards de F CFA) à l’Etat camerounais chaque année. 

Les relations entre le Cameroun et les EAU datant de 1975, un simple calcul permet de mesurer l’ampleur des pertes liées à l’orpaillage illicite. De quoi donner des palpitations au fisc camerounais souvent confronté au problème d’insuffisance des recettes collectées. Cette dénonciation explique l’objet de la rencontre de l’ambassadeur émirati au Cameroun et au Nigeria, Salem Saeed Alsham, et Luc Magloire Mbarga Atangana, le ministre camerounais du Commerce (notre photo), pour des discussions en vue d’un renforcement des liens bilatéraux.

Toutefois, même en cas de concrétisation dudit renforcement, cette initiative, qui cherche, en réalité, à détourner l’attention des autorités camerounaises, ne pourrait, nullement, faire contrepoids face à l’énormité des conséquences dramatiques engendrées par le trafic minier commandité par Dubai depuis des années, non seulement, sur le plan du budget de l’Etat camerounais, mais aussi, sur le plan social et environnemental, du fait de l’absence de régulation. 

La région de l’Est a été abandonnée à des trafiquants d’or pendant de très nombreuses années provoquant un gros manque à gagner pour le trésor public.

Mis sous le feu des critiques au Soudan pour leur implication dans la guerre civile qu’ils continuent d’ailleurs de nier, les EAU sont, aujourd’hui, pris la main dans le sac pour des faits similaires dans la plus grande économie d’Afrique centrale. Aussi intéressant qu’il soit d’observer la sagesse dont a fait preuve la nation émiratie dans la gestion de ses griefs avec le Cameroun, il importe que Yaoundé pousse Dubaï à se conformer le plus rapidement possible à toutes les règles de transparence.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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