Le sommet de l’Etat du Nigeria vit depuis quelque temps une situation inhabituelle. En effet, le président, Bola Ahmed Tinubu, se bat comme un diable pour bloquer la publication de son historique de vie aux Etats-Unis. Là-bas, il est possible de solliciter l’accès aux informations publiques de tout individu qui y a résidé. C’est le cas, notamment, de Bola Tinubu, qui redoute que des éléments de sa vie passée au pays de l’oncle Sam ne fassent les choux gras de ses rivaux politiques.
Selon plusieurs activistes de son pays, le dirigeant nigérian aurait été impliqué dans une affaire de trafic d’héroïne dans l’état de l’Illinois, au cours de laquelle la police avait saisi 460 000 dollars restitués par Tinubu, sans qu’il ne fasse, par la suite, l’objet de poursuites (sur notre photo, Bola Tinubu, cache son passé de trafiquant de drogue aux Etats-Unis ?). Clamant son innocence depuis des années, il fait, pourtant, tout son possible pour empêcher à ses détracteurs de confirmer ses propos par eux-mêmes, en accédant directement à ses informations auprès du FBI.
Rarement, on aura vu un leader africain autant se déployer de la sorte pour décourager un simple exercice de confrontation de la véracité de ses dires. La crédibilité dans l’arène politique étant une commodité rarissime, on ne peut pas en vouloir à Atiku Abubakar et aux autres opposants nationaux au régime d’Abuja d’être déterminés à faire toute la lumière sur ce dossier. Ce qui exaspère Bola Ahmed Tinubu, qui ne parvient plus à cacher son désarroi face à la situation actuelle.

Parmi les activistes engagés contre lui, figure Dr Karl Von Bratten, dont le cabinet d’avocats a été retenu par Atiku Abubakar pour nuire aux chances de réélection de Tinubu en janvier 2028. Contre toute attente, Von Bratten, qui serait d’origine nigériane, vient d’être nommé pour un poste à la Maison Blanche. Une nomination qui vise, surtout, à faire chuter la pression de Tinubu, faciliter sa réélection et lui réclamer une contrepartie reflétant l’extrême fragilité de son pouvoir.
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





