Il ne faut jamais dire, « Fontaine je ne boirai jamais de ton eau ». Voici Denis Sassou-Nguesso (l’homme qui veut être médiateur partout avec les échecs partout à chaque fois), qui est sollicité par le FLA (Front de libération de l’Azawad) pour infléchir la position du Mali dans le difficile conflit qui oppose le pouvoir central aux djihadistes qui empêchent de tourner en rond dans le Nord et le Centre du pays.
Finalement, on se rend compte que le monde est petit et que le sage qui avait dit que seules les montagnes ne se rencontrent pas, avait raison. De quoi s’agit-il ? Le président du Congo-Brazzaville, Denis Sasssou Nguesso, est invité au Sommet international sur l’espace par Emmanuel Macron, les 9 et 10 septembre, à Paris. Même s’il paie, parfois, pour devenir médiateur, le dictateur de Brazzaville n’aurait rien demandé, cette fois-ci. C’est le FLA, qui a eu l’ingénieuse idée de lui adresser un courrier afin de solliciter sa médiation avec Bamako. Autrement dit, Sassou ne parlera pas que de l’espace avec Macron, à Paris. Mais surtout du FLA et du pouvoir de transition à Bamako soutenu par Moscou. Et comme qui dit Bamako, dit Moscou (les deux capitales vibrent au même diapason), voilà que le président Sassou, qui est, à la fois, l’ami des présidents russe, Vladimir Poutine, et français, Emmanuel Macron, n’a aucune difficulté pour avoir le feu vert des deux chefs d’Etat même s’ils sont ennemis dans la vie.

Une coïncidence qui mérite d’être évoquée : La libération de 82 militaires maliens, suivie de l’annonce des autorités militaires maliennes de gracier l’agent des renseignements français, Yann Vézilier, qui était détenu depuis un an au Mali où il devait purger 20 ans de prison, pour conspiration contre l’Etat du Mali. Le hasard n’existant pas en diplomatie, il y a fort à parier que l’envoi du courrier du FLA avec un discret appui du Quai d’Orsay, avait bien été précédé par des tractations, qui ont donné lieu à ces différentes libérations. Négociation pendant laquelle la France (avec l’élargissement de son agent de renseignement) ne s’est pas oubliée.





