MADAGASCAR : Vers la fin de l’impunité ?

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Près d’un an après les manifestations meurtrières qui avaient agité Madagascar, la justice malgache a condamné l’ancien président du Sénat, le général, Richard Ravalomanana, le 2 septembre, à 10 ans de travaux forcés. Une peine qui confirme son rôle dans les violences policières de septembre 2025, et dans le deuil de nombreuses familles dont le nombre exact ne saurait se limiter à la vingtaine estimée à la hâte par l’ONU. Cette condamnation a pour effet de crédibiliser le pouvoir du colonel, Michael Randrianirina, notamment, auprès de la Gen Z.

Même s’il vaudrait mieux attendre l’issue du pourvoi en cassation de Richard Ravalomanana (notre photo), les proches de tous ceux tombés et/ou blessés pour avoir exprimé leur droit constitutionnel de manifester pacifiquement peuvent avoir moins de réserves envers les nouvelles autorités de la transition. En effet, la conception selon laquelle l’établissement des responsabilités sous l’ère d’Andry Rajoelina était secondaire pour Michael Randrianirina et ses équipes a perdu de sa substance, surtout, quand on sait que les procédures judiciaires s’inscrivent dans le temps long.

Devant la Cour de cassation, le général, Richard Ravalomanana, et ses avocats tenteront de discréditer ses anciens collaborateurs, dont les témoignages ont accablé la défense de leur désormais ex-chef. En cas de confirmation de la décennie de travaux forcés prononcés contre lui, le responsable militaire de 66 ans aura l’embarras du choix pour ce qui est des endroits où l’apport de sa main-d’œuvre sera apprécié. Espérons juste que l’administration d’Antananarivo n’exempte pas ce tortionnaire de l’ancien régime en lui offrant un traitement carcéral de privilégiés.

S’agissant des autres intimes d’Andry Rajoelina, tels que le premier ministre, Christian Ntsay, qui, au plus grand dam des Malgaches, ont réussi à sortir du pays, leur comparution devant les autorités compétentes de la Grande Ile est fonction de leur rapatriement. Dans le cas de Ntsay, dont les dernières nouvelles remontent à mars 2026, et portent sur une demande d’asile déposée au Quai d’Orsay, on peut supposer que l’approbation de son dossier n’a été qu’une simple formalité, au regard de l’importance considérable de l’individu au sein du régime déchu. 

Le colonel-président, Michaël Randrianirina, et l’épreuve du pouvoir. Il ne s’en sort pas mal.

Si Andry Rajoelina n’a pas eu grand mal à faire pression sur Emmanuel Macron pour que celui-ci organise son évacuation en un temps record par l’armée française en dehors du territoire malgache, combien de fois son homme de terrain et fidèle parmi les fidèles, Christian Ntsay, dont la connaissance détaillée de tous les dossiers sensibles sous la présidence Rajoelina serait une mine d’or pour Michael Randrianirina ? Il est donc inimaginable que la diplomatie française ait eu besoin de réfléchir avant d’accepter de lui octroyer un statut de réfugié politique.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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