ALGERIE-NIGER : Priorité à la préservation des intérêts mutuels

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Alors que dans la nuit du 29 au 30 août, le Niger faisait face à une tentative de coup d’état, initiée par une mutinerie au sein de son armée, l’Algérie a déployé 4 avions de chasse, ainsi qu’un ravitailleur en essence afin de soutenir son voisin en difficulté. En rompant de la sorte avec sa politique de non-ingérence dans les affaires internes de son voisinage, Alger a complexifié les plans des ennemis de la junte de Niamey, qui ne s’y attendaient pas.

Les trois pays fondateurs de l’Alliance des Etats du Sahel (AES) sont connus pour leur idéologie solidaire commune, notamment, sur le plan sécuritaire. Mais, ils ne suivent pas forcément le même agenda stratégique. L’exemple le plus récent est celui de l’affaire du drone malien abattu en avril 2025 par Alger, sans entraîner d’arrêt dans la coopération énergétique et minière entre le Niger et l’Algérie, et ce malgré le rappel des ambassadeurs de l’AES basés à Alger, et vice versa.

Depuis le renversement de Mohamed Bazoum en juillet 2023, la relation bilatérale entre Abdelmadjid Tebboune et Abdourahamane Tiani a franchi un cap stratégique. En effet, sous les deux hommes, le bouclage du projet de la centrale énergétique de Gorou Banda s’est fait en quelques mois, grâce aux ingénieurs algériens, et a été inauguré le 3 juin (sur notre photo, le président Abdourahamane Tiani rend visite au président Abdelmadjid Tebboune le 15 février 2026 à Alger pour consolider la relation). Sans oublier les deals d’hydrocarbures signés entre la SONIDEP (Société nigérienne de pétrole) et la SONATRACH (Société nationale pour la recherche, la production, le transport, la transformation et la commercialisation des hydrocrbures), les deux géants nationaux respectifs.

Le ravivement du projet du pipeline introduit en 2009 devant permettre l’acheminement de gaz à partir du Nigéria vers l’Algérie, via le Niger, et voué à être exporté vers des marchés européens est une autre explication à la dimension stratégique conférée à la relation entre Niamey et Alger. Ces raisons, pour ne citer que celles-là, sont assorties d’une valeur ajoutée suffisamment importante pour potentiellement devenir une source de préoccupation pour le régime algérien. 

Tiani est heureux d’être avec Tebboune ce 16 février 2026 dans son palais présidentiel.

Dans ce contexte, la préservation de tels intérêts va de soi, la présence de jets algériens au Niger lors du coup de force trouvant tout son sens économique. Dit autrement, l’intervention de l’Algérie informait à qui veut l’entendre que ses investissements actuels au Niger lui interdisent de rester les bras croisés pendant que son partenaire fait l’objet d’attaques par un quelconque ennemi. Assiste-on là au début d’une coopération militaire informelle ?

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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