GRANDE BRETAGNE : Theresa May (en compétition avec Donald Trump) va en Afrique rechercher l’influence perdue

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La Grande Bretagne n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts. Après son départ avec armes et bagages de l’Afrique, contrairement, à la France qui fit mine de partir pour mieux s’implanter, elle cherche, aujourd’hui, à remettre pied dans ses anciennes possessions les plus juteuses. Il faut dire que le Brexit est passé par là, ce qui fait que Londres ne peut plus miser sur l’Union européenne au moment où l’incontrôlable, Donald Trump, montre à la Grande Bretagne qu’elle n’est plus l’alliée naturelle des Etats-Unis en tous points. La Grande Bretagne se doit, donc, d’assurer ses arrières, en allant reconquérir en Afrique, ce qui est, d’ores et déjà, perdu en Europe. Mais membre des BRICS, l’Afrique du Sud n’est pas à prendre malgré sa fragilité économique actuelle. Le président, Cyril Ramaphosa, mise beaucoup plus sur la dynamisation des relations économiques de son pays avec la Chine et l’Inde. Alors que le président kenyan, Uhuru Kenyatta, est, actuellement, invité, à la Maison Blanche, par Donald Trump, pour parler terrorisme et affaires économiques, pays où le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, a, déjà, été invité, fin avril 2018, tout comme le président égyptien, Fattah al Sisi, début avril 2017, premier président africain à y avoir été convié, Donald Trump (outre les intérêts bilatéraux) voulant saluer le flair de Sisi qui, avait su miser sur son élection à la Maison Blanche quand personne n’y croyait, Theresa May va arriver sur un continent où ses anciennes principales colonies ont, toutes, été prospectées par son ancien encombrant allié. Mais, mieux vaut tard que jamais, semble se dire la première ministre britannique. Par les temps qui courent, a-t-elle encore les moyens de faire la fine bouche ?

Theresa May entamera, donc, mardi, 28 août, en Afrique du Sud, sa première tournée en Afrique qui l’emmènera, également, au Nigeria et au Kenya pour des discussions consacrées à la sécurité et, dans la perspective du Brexit, au commerce.

Il s’agira de la première visite d’un premier ministre britannique en Afrique subsaharienne depuis 2013, et de la première au Kenya depuis Margaret Thatcher en 1988, selon le 10, Downing Street.

« Alors que nous nous préparons à quitter l’Union européenne (le 29 mars 2019, ndlr), le moment est venu pour le Royaume-Uni d’approfondir et de renforcer ses partenariats à travers le monde » (sur notre photo en juillet 2018 à Londres avec Donald Trump où ils ont pu discuter de la zone de libre-échange entre les deux pays), a déclaré Mme May, dans un communiqué.

« Je suis impatiente de discuter de la manière dont nous pouvons le faire aux côtés de l’Afrique, afin de contribuer à la réalisation d’investissements importants et à la création d’emplois », a-t-elle ajouté.

Autre thème au menu : la sécurité, Theresa May devant « annoncer un soutien supplémentaire pour lutter contre l’instabilité dans toute la région », selon le 10, Downing Street.

Mardi, 28 août, au premier jour de sa tournée dans ces trois pays du Commonwealth, la dirigeante conservatrice prononcera, au Cap, un discours axé sur l’économie. Elle s’entretiendra, également, avec le président, Cyril Ramaphosa, et rencontrera des jeunes et des chefs d’entreprises du pays.

Theresa May en profitera pour présenter aux Sud-Africains la cloche du navire britannique SS Mendi, qui fit naufrage en 1917 dans la Manche, avec 600 Noirs en partance pour le front en France, et devenu depuis un symbole des soldats sud-africains ayant combattu aux côtés des Alliés en Europe.

Fait insolite : la cloche, qui avait disparu, a été retrouvée en 2017 à Swanage Pier (Sud-Ouest de l’Angleterre) dans un sac en plastique par un journaliste de la BBC à la suite d’un coup de téléphone anonyme.

Mercredi, 29 août, au Nigeria, Theresa May rencontrera le président, Muhammadu Buhari, dans la capitale fédérale Abuja, ainsi que, des victimes d’esclavage moderne à Lagos, capitale économique du pays.

Jeudi, au Kenya, elle s’entretiendra avec le président, Uhuru Kenyatta, de retour des Etats-Unis, et rendra visite à des troupes britanniques formant des soldats du continent à la lutte contre les bombes artisanales.

Depuis la décision des Britanniques de quitter l’Union européenne, lors du référendum de juin 2016, Londres multiplie les contacts diplomatiques pour préparer les accords commerciaux qui viendront se substituer à ceux de Bruxelles.

Le ministre des Affaires étrangères britannique, Jeremy Hunt, s’est rendu, à ce titre notamment, en Chine et aux Etats-Unis au cours de l’été.

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