En ce dimanche qui coïncide avec la fête des Pères, je voudrais rendre grâce pour tous les pères de famille. Leur mission est belle, mais ô combien exigeante. Car être père, c’est aimer, protéger, guider, éduquer, corriger parfois, encourager souvent. C’est être un témoin de la vérité et de l’amour au sein de sa famille. C’est surtout être un repère dans une société qui en manque cruellement. A travers leur vocation, les pères sont appelés à refléter quelque chose de l’amour même de Dieu le Père.
L’évangile du dimanche dernier portait sur l’envoi des disciples en mission. Jésus les envoyait comme des agneaux au milieu des loups. Il annonçait que ces derniers feraient face à des persécutions, à des oppositions, voire, à la haine à cause de son nom.
Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus poursuit son enseignement en les invitant à trois reprises à ne pas craindre ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme. Que veut dire Jésus ? Il veut nous rappeler que rien n’est plus précieux que la relation avec Dieu, que celui qui met sa confiance dans le seigneur découvre une force que personne ne peut lui enlever. Cette parole rejoint particulièrement les pères de famille. Dans un monde où les valeurs chrétiennes sont souvent contestées, où l’éducation des enfants devient de plus en plus complexe, les pères sont appelés à ne pas céder à la peur. Ils sont invités à transmettre la foi avec courage, à témoigner de la vérité et à montrer à leurs enfants le chemin qui conduit à Dieu.
Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul est convaincu que nul ne pourra nous séparer de l’amour du Christ. Cette certitude est une source de consolation pour tous les parents, et, particulièrement, pour les pères. Malgré leurs limites, leurs inquiétudes ou leurs erreurs, ils peuvent s’appuyer sur l’amour fidèle de Dieu. Ils ne portent pas seuls la responsabilité de leur famille. Le Seigneur marche avec eux et les soutient dans leur mission.
Parents ou non, nous avons reçu la même mission : Annoncer le Christ, parler de lui à temps et à contretemps, témoigner de lui avec courage, confiance et vérité. Jérémie nous en donne un magnifique exemple dans la première lecture. On en veut à ce prophète parce qu’il proclame la parole de Dieu sans compromis. Et si Jérémie est intéressant, c’est parce que, nonobstant les menaces et les persécutions, il ne perd ni sa foi ni sa confiance. « Le Seigneur est avec moi tel un guerrier redoutable. Mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas », déclare-t-il.

Quelle belle leçon pour chaque chrétien ! Quel beau témoignage pour les pères de famille ! Etre père chrétien, c’est parfois devoir aller à contre-courant, défendre des valeurs qui ne sont plus à la mode, rappeler le bien et le vrai avec patience et amour. Cela demande du courage. Mais, comme Jérémie, le père chrétien peut s’appuyer sur la présence fidèle du Seigneur.
En cette fête des Pères, prions pour tous les papas : Ceux qui sont parmi nous, ceux qui élèvent seuls leur progéniture, ceux qui sont éprouvés par les difficultés de la vie, ceux qui ont perdu maison et boulot. Demandons au Seigneur de les fortifier dans leur mission afin qu’ils soient des témoins de foi, d’espérance et de charité pour leurs familles. Qu’à leur exemple, nous apprenions tous à faire confiance au Christ et à témoigner de lui sans peur.
Bon dimanche à tous !
Jean Claude Djéréké
est professeur de littérature africaine à l’Université de Temple (Etats-Unis)





