Accusé d’avoir dissimulé (ce qui est à vérifier) un message de soutien à Ceuta sur son maillot avant la rencontre de Liga face à Elche, mardi, 15 septembre, Kylian Mbappé a affirmé, le lendemain, dans une interview accordée à Diario AS, être “pleinement solidaire” de l’enclave espagnole, tout en réclamant une pensée pour les migrants morts en tentant d’y entrer. Dans cette affaire, les Européens ne pensent pas comme les Africains d’autant plus que Ceuta et Melilla sont, géographiquement, marocaines, bien que politiquement espagnoles. C’est pour cette raison et d’autres que personne ne devrait jeter la pierre au capitaine de l’équipe de France de football.
Les joueurs du Real Madrid et d’Elche sont entrés sur la pelouse revêtus d’un maillot où l’on pouvait lire “Todos somos caballas“ (“Nous sommes tous des maquereaux”, surnom donné aux habitants de Ceuta), complété par la mention “Nuestra Ciudad, nuestra patria” (“Notre ville, notre patrie”), selon Reuters.
L’attaquant du Real, Kylian Mbappé, l’international brésilien, Vinicius Junior, et le défenseur international français, Ibrahima Konaté, sont accusés d’avoir retroussé le maillot avant de fouler le terrain, rendant le message illisible, puis, l’ont retiré une fois arrivés dans le tunnel. Konaté, lui, s’est contenté de le tenir dans ses mains.
La proposition de porter ce maillot de solidarité avec Ceuta venait d’Elche, en tant qu’équipe recevante, et avait été acceptée par le Real Madrid. Un responsable du club madrilène a, cependant, indiqué que l’institution avait accédé à cette demande, tout en précisant que chaque joueur restait libre de le porter ou non, au nom du respect des opinions divergentes en son sein. Voilà déjà la précision qu’on a, volontairement, ignorée en Espagne et dans la polémique qui a été nourrie, par la suite, par les organisations de droite et d’extrême-droite.
Kylian Mbappé, Ibrahim Konaté et leur frère brésilien, Junior Vinicius, ont raison de manifester. Car, eux au moins, montrent qu’ils ne se soucient pas des seules conséquences. Ils regardent aussi les causes de celles-ci. La question centrale dont on ne veut pas parler, est celle de la colonisation, de la néo-colonisation, de la Françafrique et de leurs conséquences. Si les pays coloniaux d’Europe comme l’Espagne n’avaient pas maintenu leur domination en Afrique, les pays africains auraient fait d’autres choix politiques que ceux que les anciens colons (partis en restant sur place) leur ont imposé. Et ce sont ces mauvais choix qui sont, dans l’ensemble, à l’origine de la pauvreté et de la misère que fuient les réfugiés de Ceuta et Melilla. Il faut donc bien situer les responsabilités et leurs conséquences avant de critiquer Kylian Mbappé et ses deux coéquipiers. Ils ont raison sur toute la ligne. Et c’est parce que les dirigeants du Real de Madrid réfléchissent correctement qu’ils ont laissé la possibilité à chaque joueur de faire ce qu’il trouvait convenable.

Kylian Mbappé qui est vilipendé par les (petits candidats) à la présidentielle de l’extrême-droite, pour ne parler que d’eux, reste un « grand monsieur ». La France aura besoin de lui sur les terrains de football, et de ses réflexions pendant la campagne présidentielle qui arrive et après celle-ci. Ses positions sont un bol d’air frais dans le chaud ciel français où on aurait beaucoup plus besoin de s’occuper de la canicule, des prix d’essence sans cesse à la hausse et d’un budget qu’on n’arrive point à boucler, que de sa déclaration qui est toute de bon sens.





