COTE D’IVOIRE : Ouattara sanctionne les trafiquants de drogue – Enfin !

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La Côte d’Ivoire est en passe de devenir une véritable plaque tournante du trafic de la drogue concurrençant la Guinée Bissau, dans ce domaine. La Côte d’Ivoire n’est pas indexée parce qu’on lui ferait une publicité gratuite dont elle ignore les tenants et les aboutissants. Que non ! La situation est grave dans ce pays où la politique économique d’ouverture du pouvoir, favorise toutes sortes de mafias dont les plus répréhensibles comme le trafic de drogue. Un fait qui pend toujours dans la gorge des autorités de ce pays : quelques mois avant la présidentielle d’octobre 2020, le pays a perdu deux premiers ministres considérés comme successeurs du président, Alassane Ouattara. L’un des deux premiers ministres était un grand trafiquant de drogue, selon plusieurs sources. Si cette disparition pouvait être considérée comme l’arbre qui cache la forêt, elle ne mettait pas fin à la circulation de la drogue. Le pouvoir qui sévit, aujourd’hui, avec l’emprisonnement de plusieurs personnes, montre que le phénomène est inquiétant et qu’il faudrait le traiter à la hauteur du mal qu’il engendre dans la société. A moins que ce soit une simple poudre aux yeux destinée à divertir l’opinion à quelques mois de l’élection présidentielle à laquelle Alassane Ouattara brigue un quatrième mandat et pendant laquelle ses adversaires peuvent être amenés à le titiller dans ce domaine.

Treize personnes impliquées dans un important trafic international de cocaïne, dont le cerveau espagnol des opérations en Côte d’Ivoire, ont été condamnées, mardi, 7 mai, à 10 ans de prison, a annoncé la juge du Pôle pénal économique et financier d’Abidjan. En avril 2022, plus de deux tonnes de cocaïne avaient été saisies dans les villes portuaires d’Abidjan et San Pedro, un record pour ce pays, d’une valeur marchande estimée à 41 milliards de F CFA (près de 62 millions d’euros). Une trentaine de personnes avaient été interpellées.

Mardi, après trois mois d’audiences, 13 personnes de différentes nationalités ont été condamnées pour «trafic international de drogue» et «association de malfaiteurs», et devront payer chacune 50 millions de F CFA (76.224 euros) d’amende. Parmi elles figure notamment l’ancien policier espagnol, Miguel Angel Devesa, cerveau des opérations en Côte d’Ivoire, ainsi qu’un conseiller régional et un commissaire de police de San Pedro, César Ouattara et Dosso Karamoko.

Miguel Angel Devesa a, également, été condamné à verser 60 milliards de F CFA (environ 91 millions d’euros) de dommages et intérêts à l’Etat ivoirien. Trois hommes d’affaire ont été condamnés à 24 mois de prison et 30 millions de F CFA d’amende (environ 45.000 euros) pour «association de malfaiteurs» et «fraude fiscale». L’ancien responsable de la section de lutte antidrogue de la police de San Pedro (Sud-Ouest), Lamand Bakayoko, a lui été relaxé.

Le ver est dans le fruit. Même si les autorités ivoiriennes se retiennent en ne cherchant pas à démanteler les réseaux, nul ne conteste que la Côte d’Ivoire soit gangrénée par le trafic de drogue. Ce pays est, surtout, un pays de passage pour la drogue destinée au continent européen.

Dans un communiqué, la procureure de la République, Nina Kamagaté, explique que «l’enquête a mis en exergue un vaste réseau de trafic de drogue (cocaïne) opérant entre le Suriname, la Colombie, l’Italie, l’Espagne et notre pays», la Côte d’Ivoire. «La drogue découverte (en 2022) tant à San Pedro qu’à Abidjan a pour origine le Suriname» et «appartient à un cartel colombien qui a décidé de faire de la Côte d’Ivoire un pays de transit dans le trafic de drogue», ajoute-t-elle. «La cocaïne était principalement destinée à être réexpédiée vers l’Europe, l’Inde et l’Australie», quand «une autre partie devait servir à la consommation locale», détaille-t-elle.

La procureure rappelle, également, la découverte par la police «d’un véritable laboratoire destiné au conditionnement de la drogue», dans un appartement à Koumassi, commune du Sud d’Abidjan, point de départ de l’enquête. Le lieu avait été perquisitionné en avril 2022, lors d’une intervention policière pour des violences exercées alors contre une femme par un des 13 condamnés, le Vénézuélien, Gustavo Valencia Sepulveda. Les condamnés ont 20 jours pour faire appel.

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