COUP D’ETAT AU NIGER : Vers une (inévitable) neutralisation des forces militaires antagonistes en présence (CEDEAO/Putschistes)

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Afrique Education ne croyait pas si bien écrire quand, lundi, 31 juillet, en fin de matinée, son article posté sur son site internet disait exactement ceci : « Personne ne soutient le coup d’état militaire qui est survenu au Niger, mais, ce coup d’état est déjà là, et il a été endossé par toute l’armée. Il est également soutenu par les armées du Burkina Faso et du Mali, qui ne refuseraient pas de voler au secours des soldats nigériens si le président du CNSP (Conseil national pour la sauvegarde de la patrie), le général, Abdramane Tchiani, leur en faisait la demande ».

C’est ainsi que dans les bulletins d’information du soir, à l’ORTM (Télévision d’Etat du Mali) et à l’ORTB (Télévision d’Etat du Burkina Faso), le communiqué conjoint des deux gouvernements a été d’une limpidité biblique (ou coranique) dans le soutien apporté à la junte nigérienne :

« Les gouvernements de transition du Burkina Faso et du Mali …

  1. avertissent que toute intervention militaire contre le Niger s’assimilerait à une déclaration de guerre contre le Burkina Faso et le Mali ;
  1. Préviennent que toute intervention militaire contre le Niger entraînerait un retrait du Burkina Faso et du Mali de la CEDEAO, ainsi que, l’adoption de mesures de légitime défense en soutien aux forces armées et au peuple du Niger ;
  2. Mettent en garde contre les conséquences désastreuses d’une intervention militaire au Niger qui pourrait déstabiliser l’ensemble de la région comme l’a été l’intervention unilatérale de l’OTAN en Libye qui a été à l’origine de l’expansion du terrorisme au Sahel et en Afrique de l’Ouest »

… (fin du communiqué).

Le président de la CEDEAO, le Nigérian, Bola Tinubu, doit savoir sortir de ses déclarations de guerre par la grande porte car les dégâts et conséquences prévisibles d’une telle opération (si elle avait lieu) sont, totalement, disproportionnés par rapport au gain attendu, à savoir, le (simple) retour de Mohamed Bazoum dans son fauteuil.

L’armée nigériane, qui n’arrive pas à éradiquer 10.000 djihadistes de Boko Haram depuis une quinzaine d’années tout comme elle se montre incapable d’enrayer le phénomène de coupeurs de routes, qui sévit dans le Nord du Nigeria, sera-t-elle plus efficace au Niger où elle trouvera du répondant sur place ? C’est sûr que ce sera tout sauf une promenade de santé. En effet, l’armée du Niger est bien aguerrie grâce à ses multiples confrontations avec Boko Haram et les djihadistes du Sahel. Elle saura combattre les imposteurs venus la déloger de son piédestal. Elle sera, en plus, soutenue par les militaires du Mali, du Burkina Faso, mais peut-être aussi, de Guinée qui vient de rallier la cause défendue par les trois juntes militaires. Dans les médias coloniaux occidentaux, on se moque de la faiblesse des armées du Faso et du Mali qui viendraient soutenir le Niger face à la CEDEAO alors qu’elles n’arrivent pas à sécuriser les frontières de leurs pays. Passons cette provocation qui ne mérite pas d’être commentée.

La guerre pourrait devenir sous-régionale juste parce que Bola Tinubu voudrait sauver son ego surdimensionné. Selon nos informations, Wagner Mali se serait rapproché de la frontière du Niger. S’agirait-il d’une simple curiosité pour humer l’air des balles qui siffleraient dans le ciel nigérien ? On ne croit pas. La conflagration risque d’être dévastatrice y compris pour les otages actuellement entre les mains du CNSP, s’il y avait passage à l’action par la CEDEAO, ce qui explique que la France, alors que ses ressortissants sur place ne se mêlent pas de sa mauvaise politique définie à Paris, leur ait demandé de quitter le pays. Tous ne partiront pas d’ailleurs. Certains resteront sur place malgré cette injonction élyséenne et du Quai d’Orsay.

On l’a déjà dit et on le répète : la CEDEAO doit désigner un médiateur pour s’occuper de la crise au Niger et tourner la page Bazoum. Ce n’est pas parce que la France demande le retour de Bazoum au pouvoir que la CEDEAO est obligée de s’y plier. A chacun ses intérêts. Plus vite, on désignera un médiateur, mieux cela apaisera rapidement les tensions entre les deux parties et on fera gagner du temps à tout le monde.

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