LE PATRIARCHEET LE GABON ETERNEL

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Ce hors série n° 2 du bimensuel Afrique Education que vous avez entre les mains, est un cri du coeur. Un témoignage à l’endroit d’un chef d’Etat parmi les plus illustres du continent. Un grand bâtisseur qui mérite le soutien de tous les Gabonais et de toutes les Gabonaises afin qu’il parachève dans la paix et dans un esprit de consensus, l’immense ½uvre qu’il a entreprise depuis près d’une quarantaine d’années. L’industrialisation du Gabon qu’il entame pendant ce septennat 2005-2012, est sans doute le virage le plus important et le plus délicat à négocier compte tenu du fait que le Gabon même avec à sa tête Omar Bongo Ondimba, ne compte pas que des amis. Les Gabonais et les Africains n’ont pas éprouvé le besoin de créer ou d’inventer Omar Bongo Ondimba justement parce qu’il existe déjà. Mais à supposer qu’il n’ait pas existé, il eût fallu le créer. Même si personne n’est irremplaçable sur cette terre, il n’est pas sûr et certain que cette maxime s’applique au président du Gabon. On reconnaît qu’un chef d’Etat était irremplaçable, non pas quand, une fois parti du pouvoir, au lieu de sombrer dans la violence, son pays garde la même stabilité et fonctionne comme s’il n’y avait pas eu de changement à sa tête. C’est pour cette raison que certains observateurs émettent un bémol sur la grandeur de Félix Houphouët-Boigny. 

Même si le Gabon ne s’inscrit pas sur un même registre, je préfère mettre les Gabonais et les Gabonaises devant leurs responsabilités car mieux vaut prévenir que guérir. Les événements survenus dans les années 90, qui ont conduit à l’organisation de la Conférence nationale, à Libreville, et plus tard, aux Accords de Paris de 1994, montrent que la paix et la stabilité doivent être un souci de tous les instants. Si le patriarche avait été mal inspiré, que serait-il advenu du Gabon ? Serait-il devenu, sur le plan de la déstabilisation, une sorte de République démocratique du Congo en miniature ? Ce n’est pas exclu au regard du prix que la démocratie a coûté dans certains pays voisins.

Après avoir dirigé le Gabon pendant une quarantaine d’années et aspirant au repos comme lui-même ne cesse de le dire, c’est au patriarche (et à lui seul) de juger quand sa Mission à la tête du Gabon prendra fin : s’il devra y consacrer tout son mandat actuel ou s’il lui faudra un mandat supplémentaire, à lui seul de juger. Tout ce que les Gabonais et les Africains devraient lui demander ??? et c’est le plus important – , c’est de faire tout pour que le Gabon évite le déluge quand il ne sera plus au pouvoir. Qu’il fasse que le Gabon reste le Gabon sans El Hadj Omar Bongo Ondimba à sa tête. Que ce riche et beau pays puisse préserver tous ses acquis et qu’il continue de rayonner au niveau de la sous-région et de toute l’Afrique même si par avance, on sait que sans Bongo Ondimba aux commandes, le Gabon sur le plan international serait forcement dévalué. C’est au président de faire les choses comme il sait les faire, à son rythme, sans aucune pression venant de nulle part. Objectif : la paix aujourd’hui et la paix demain, avec lui ou sans lui.

Certains frères et s½urs du Gabon ou d’Afrique, ne vont sans doute pas bien comprendre le sens de mes propos sur ce beau pays. D’autres pourront même aller jusqu’à les dénaturer et travestir ma démarche intellectuelle qui se veut saine et sincère : à ceux-là, je dirais simplement que nous n’avons pas eu l’Afrique dont rêvaient ses illustres pères-fondateurs comme le Ghanéen Kwame N’Krumah, le Congolais Patrice Lumumba, le Camerounais Ruben Um Nyobe, et j’en passe. S’ils avaient réalisé cette Afrique-là, peut-être que n’aurai-je pas vu la nécessité d’écrire ces lignes qui, parfois, peuvent aller à contre-courant de ce que certains considèrent comme étant la norme. Malheureusement, il s’avère que ni N’Krumah, ni Lumumba, ni Um Nyobe, ni personne d’autre, n’ont pu bâtir cette Afrique de nos rêves. Voilà pourquoi nous en sommes là aujourd’hui. Notre objectif doit être de la remettre debout en encourageant et en soutenant ce qui marche. Après avoir tant rêvé avec les pères fondateurs, faisons maintenant la place au réalisme. Tout simplement. Ayons les pieds sur terre et regardons les choses en face.

Le patriarche Ondimba est un Grand Homme. Les Gabonais et les Gabonais, sans chichi, doivent le garder le plus longtemps possible. Car ils ont beaucoup de chance.

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