LITTERATURE : Décès de l’Africaine-Américaine Toni Morrison, Nobel de littérature

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L’écrivaine africaine-américaine, Toni Morrison, Prix Nobel de littérature en 1993, est morte, ce mardi, 6 août, selon un message de son éditeur sur Twitter. Elle était âgée de 88 ans. La cause de sa mort n’est pas, encore, connue. Ses romans parmi les plus célèbres sont : « La Chanson de Salomon » et « Beloved », qui ont apporté un ton nouveau à la littérature africaine-américaine.

Née Chloé Ardella Wofford, à Lorain, dans l’Ohio, Toni Morrison était, surtout, connue pour son roman, Beloved, acclamé par la critique et qui a remporté le Prix Pulitzer en 1988. Parmi ses autres romans mémorables, figurent Jazz (1992) et Paradise (1997), les trois livres constituant une trilogie emblématique sur l’histoire des Africains-Américains. 

Beloved a fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 1998, portée par Oprah Winfrey, pour l’occasion, actrice et productrice, et réalisée par Jonathan Demme (Le Silence des agneaux, Philadelphia). Bien reçu par la critique, le film a, cependant, échoué à attirer le public dans les salles obscures.

« Des romans caractérisés par une force visionnaire et une vitalité poétique », qui ont « donné vie à un aspect essentiel de la réalité américaine ». C’est ainsi que l’Académie suédoise a qualifié l’œuvre de l’Américaine, Toni Morrison, lors de la remise de son Prix Nobel de littérature en 1993. Elle devenait, ainsi, la première femme noire à recevoir cette distinction. « En octobre, une amie artiste m’a laissé un message (…) ‘Ma chère soeur’, dit-elle, ‘le prix que tu as reçu est aussi nôtre et ne pourrait avoir été placé entre de meilleures mains' », raconte l’auteure pendant le banquet.

Lors de son discours d’acceptation du Nobel, Toni Morrison porte une réflexion sur le pouvoir de l’oeuvre de fiction, dont le but, selon elle, n’est pas de distraire, mais de transmettre la connaissance. « Le langage de l’oppression représente bien plus que la violence ; il est la violence elle-même ; il représente bien plus que les limites de la connaissance ; il limite la connaissance elle-même », avançait-t-elle alors.

Son dernier roman en date, God Help the Child, a été publié en 2015. La romancière a « écrit dans les moments les plus difficiles », précise Vulture, y compris après la mort de son fils en 2010. « J’ai arrêté d’écrire jusqu’à ce que je commence à penser qu’il serait vraiment dérangé s’il pensait qu’il m’avait fait arrêter », avait déclaré Mme Morrison au magazine Interview lors de la publication de son neuvième roman, Home, en 2012.

Toni Morrison avait soutenu la candidature de Barack Obama en 2008 et en 2012 (notre photo montrant Obama en train de lui rendre visite). Le premier président noir des Etats-Unis l’avait décorée en 2012 de la médaille présidentielle de la Liberté. Sur son compte Twitter, l’ancien président a décrit l’écrivaine comme un « trésor national », qualifiant son écriture de « magnifique défi plein de sens pour notre conscience et notre imagination morale ».

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