Selon certaines rumeurs, Christian Ntsay aurait déposé une demande d’asile en France. L’ancien premier ministre malgache avait mis les voiles loin de Madagascar lorsque la situation y était devenue intenable, suite au soulèvement massif de la Gen Z. Pilier incontournable du président déchu, Andry Rajoelina, il va, certainement, constituer un véritable test dans les relations que cherchent à établir Emmanuel Macron et Michaël Randrianirina.
Ce n’est pas demain la veille que la confiance naîtra entre le duo de dirigeants français et malgache. En effet, après les premiers éléments de méfiance recensés dans la rubrique Top Secret du numéro 553 d’Afrique Education paru en février 2026, et détaillant les conditions d’exfiltration de Rajoelina par l’armée française en octobre dernier, Randrianirina a préféré d’abord aller rencontrer Vladimir Poutine, avant de venir voir leur homologue de l’Hexagone.
Un choix aux allures de pique faite à Emmanuel Macron, et ne pouvant pas être perçu comme un acte positif d’un point de vue diplomatique, au regard des liens historiques entre Paris et Antananarivo. Cependant, la demande d’asile de Christian Ntsay (notre photo) aux autorités françaises est un développement d’un tout autre ordre. La junte malgache avait hésité à laisser filer Rajoelina, malgré sa citoyenneté française, car cherchant à le faire juger, pour avoir trahi les Malgaches.

Et quand on voit la chasse aux sorcières menée par les nouvelles autorités malgaches depuis leur arrivée, on peut imaginer ce qui attendait l’ancien DJ de la capitale. Ainsi, le dossier Ntsay risque de faire beaucoup parler, au vu du poids de l’individu au sein de l’ancienne administration et des dérives qu’il a observées, et, certainement, cautionnées directement ou indirectement. Que la France l’accueille à bras ouverts dans un tel contexte serait un gros affront pour Madagascar.
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





