Depuis que le gouvernement de Pedro Sanchez a annoncé son intention d’amnistier un demi-million de migrants en situation irrégulière, Bruxelles tente de l’en décourager. Justifiant sa décision par des considérations socio-économiques valables, le premier ministre espagnol n’a pas convaincu ses collègues de l’Union européenne (UE), qui se sont inscrits dans une politique anti-migratoire depuis quelques années. N’est-ce pas là un bel exemple d’ingérence ?
Quand il s’agit d’incriminer le président américain, Donald Trump, et son administration pour leur interventionnisme dans les affaires internes de certains pays européens, leurs critiques en Europe s’insurgent, citant la violation de leur souveraineté. On l’a vu en Angleterre et en Allemagne, respectivement, avec les partis politiques Reform UK et AFD, qui bénéficient du soutien de la Maison Blanche, ce qui n’est pas du goût des autorités anglaises et allemandes.
La situation à laquelle fait aujourd’hui face l’Espagne est révélatrice d’une incohérence dans le fonctionnement de l’UE et de ses Etats membres, car elle met en évidence leur disposition à faire du deux poids deux mesures lorsqu’il est question de leurs intérêts. Si en 2024, Madrid est l’une des seules capitales européennes à avoir affiché une excellente performance économique, c’est avant tout grâce à la contribution des travailleurs étrangers.
Le décret de régularisation que défend Pedro Sanchez (notre photo) vise à maintenir l’économie espagnole dans la même dynamique, notamment, après la série de catastrophes climatiques et autres drames ayant frappé son pays ces derniers temps, et l’impératif de reconstruction qui se présente. Faire pression sur le chef du gouvernement de Madrid pour qu’il se range derrière la politique raciste de l’UE reviendrait à lui demander de changer une équipe qui gagne, et donc, d’être irrationnel.

Si contre toute logique, Bruxelles a décidé de basculer dans l’autodestruction en ignorant le constat scientifiquement établi de la contribution positive des étrangers dans la performance des économies européennes, c’est son choix. Mais, qu’elle s’interdise d’intimider les quelques dirigeants de l’UE qui reconnaissent et valorisent cet apport, par souci d’agir dans l’intérêt national.
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





