SOUDAN : Vers une fin de la guerre sous l’impulsion de l’Arabie Saoudite ?

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La guerre au Soudan vient peut-être d’entrer dans une phase décisive. Après avoir dénoncé le double jeu des Emirats arabes unis devant la communauté internationale, sans que cela ne conduise à la moindre sanction contre son bourreau, Khartoum a décidé de prendre les choses en mains et de se rapprocher de Riyad pour son commerce aurifère. Cette nouvelle a dû créer un séisme à Abu Dhabi, qui, jusque-là, était en situation de monopole dans cette partie de l’Afrique.

Mais, les Emiratis l’auront bien cherché, eux qui, malgré des dénégations répétées face aux accusations de diverses ONGs portant sur le trafic d’or auquel ils se livrent avec la complicité de la Suisse et d’autres nations occidentales, ont voulu se montrer trop gourmands dans leur quête de profits. Selon la Banque centrale du Soudan, entre janvier et juin 2025, les Emirats arabes unis auraient importé 90% de la production d’or nationale (En décembre dernier, le prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammed ben Salman, rencontre au Palais Al-Yamamah, à Riyad, le président du Conseil de souveraineté transitoire du Soudan, le général, Abdel Fattah al-Burhan, pour parler paix, stabilité et développement du Soudan). 

Une telle statistique n’étant jamais bon signe en économie, car traduisant un gros déséquilibre entre deux pays partenaires, lequel peut s’avérer problématique, en cas de divergences futures d’ordre politique ou géopolitique. C’est justement la situation que traverse le gouvernement de Khartoum avec celui d’Abu Dhabi, qui, estimant que ses intérêts seraient mieux servis avec les Forces de soutien rapide (FSR), a choisi de les soutenir militairement.

Les deux frères ennemis et ex-alliés al-Burhane et Hemedti.

L’entrée en jeu de l’Arabie Saoudite, l’un des principaux rivaux des Emirats arabes unis, devrait permettre au général-président, Abdel Fattah al-Burhan, de regagner en stabilité sur un plan économique, puisque les activités aurifères de son pays seront mieux encadrées, ce qui garantira l’encaissement des recettes dont l’Etat soudanais a besoin pour fonctionner. De l’autre côté, la chute du trafic d’or illicite, qui profitait aux FSR, devrait réduire leur capacité à faire la guerre.

A moins qu’un autre acteur externe ne surgisse pour prendre ouvertement position pour les paramilitaires du général-rebelle, Hemedti, en leur fournissant armes et autres équipements pour poursuivre les combats, on voit mal comment ce conflit pourrait perdurer jusqu’à la fin de l’année en cours. Pour la première fois depuis trois ans, les populations soudanaises peuvent commencer à se réjouir qu’une perspective réelle de fin de conflit soit en train de se profiler à l’horizon.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC) 

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