Centrafrique

Le président du Centrafrique, Faustin-Archange Touadéra, a annoncé, mardi, 12 septembre, un remaniement ministériel nommant quelques ex-proches des groupes armés, selon un décret diffusé à la radio d'Etat. Sur les 34 ministres, toujours, dirigés par le premier ministre, le professeur, Simplice-Mathieu Sarandji, 18 restent au même poste, 16 nouvelles personnalités intègrent l'équipe gouvernementale et 4 ministres la quittent dont les ministres de la Défense et de la Communication.

Un président muet comme une tombe, un premier ministre qui a perdu l'usage de la parole, des ministres plus aphones que des carpes, alors qu'au même moment, le peuple centrafricain n'a, jamais, autant souffert à cause des hordes de rebelles qui déferlent dans les localités intérieures du pays, les unes plus menaçantes que les autres, et que le pouvoir ne peut, nullement, enrayer. Simple question d'incapacité ! Quand le dynamique président de l'Assemblée nationale, Abdou Karim Meckassoua, se lamente de cette inaction du gouvernement, celui-ci crie au complot, Karim Meckassoua étant suspecté de vouloir, rapidement, dégager « la tortue » (Faustin Archange Touadéra). Quand c'est le chef de l'opposition, Anicet Georges Dologuélé, qui informe l'opinion en lieu et place du président de la République et du premier ministre, là, c'est la panique générale. Les Centrafricains devraient remercier que Meckassoua et Doléguélé, soient de gros empêcheurs de tourner en rond. Car pour le pouvoir, qui est atteint par la phobie du coup d'état, il n'y a plus rien à attendre. Les quatre prochaines années (si Touadéra réussit à s'accrocher) n'auront rien à envier à son immobilisme constaté depuis mars 2016. La petite histoire ne dit-elle pas que le président est, tellement, frileux qu'il va jusqu'à avoir peur de sa propre ombre  dans sa chambre à coucher ?

La justice nigériane a ordonné, mardi, 22 août, la confiscation, à titre provisoire, de quatre propriétés appartenant à l'ex-ministre du Pétrole, Diezani Alison-Madueke, d'une valeur de 7 millions de dollars, que les juges soupçonnent de provenir de détournements massifs de fonds publics. Avant cette décision, la justice avait, déjà, procédé à d'autres saisies immobilières, ce qui tend à démontrer que cette femme nageait dans la corruption.

Le Centrafrique a élu son président en 2016 en la personne de Faustin Archange Touadéra. Mais, dix-sept mois, après, on ne voit aucun changement positif. Les choses vont de mal en pis. Accusé d'incompétence, le pouvoir a laissé échapper tous les acquis de la transition. Aujourd'hui, c'est un retour en arrière : 14 préfectures sur 16 sont sous le contrôle des milices armées. Du jamais vu auparavant. Personne ne respecte le président de la République. Les miliciens armés font la pluie et le beau temps, à l'intérieur du pays. Seule la ville de Bangui, la capitale, est à peu près sécurisée. A quoi a-t-il servi de se donner un « chef d'Etat démocratiquement élu » ? Voilà pourquoi naissent les craintes de génocide ou de coup d'état militaire. C'est parce que le pays va, tellement, mal que c'est la voie qu'il risque, tôt ou tard, de prospérer.

Un homme averti en vaut deux. Secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, faute de prévenir les violences en Centrafrique et encore moins les contenir, en est arrivé à les annoncer. Si les Nations-Unies à travers la MINUSCA brillent par une légendaire inefficacité en Centrafrique, elles sont aidées en cela par les très inopérants gouvernements et parlements centrafricains, qui ne conjuguent pas leurs efforts pour aller dans la même direction. Le pays est en panne. Complètement à l'arrêt. Du coup, les Centrafricains commencent à regretter la (très critiquée) transition où les efforts réalisés par le duo Samba-Panza/Kamoun pour remettre le pays en ordre de marche, avant les élections, n'étaient pas, toujours, appréciés à leur juste valeur. Aujourd'hui, on se rend compte, même, très loin, à New York, au siège des Nations-Unies, que le Centrafrique va, sûrement, vers la catastrophe, s'il n'y a pas (à temps) ressaisissement du gouvernement et du parlement.

Trois casques bleus marocains viennent d'être, sciemment, tués par les rebelles en l'espace d'une semaine, à Bangassou, sans compter les blessés. C'est inhabituel pour un contingent dit de paix d'être, ainsi, ciblé. Pourquoi le contingent marocain présent dans la ville de Bangassou est-il, autant, indexé par le groupe armé des Anti-Balaka ? Pourquoi l'évêque de la ville souhaite son départ ? Décidément, le retour de la paix en Centrafrique sera une œuvre de très longue haleine, les problèmes existant, partout, même là où on ne les imagine pas.

Le taux de réussite à l'examen du baccalauréat en Centrafrique, ne dépasse pas 3% au premier tour. De quoi vider, définitivement, les amphithéâtres de la très fantomatique Université de Bangui. Il y a de quoi interpeller le Sommet de l'Etat, qui n'est constitué que de très distingués professeurs de rang magistral : un mathématicien et un géographe.

Le « sauveur » (François Hollande) du Mali et du Centrafrique s'est, réfugié dans le silence. Totalement défait par les propos de son ancien chouchou, le président tchadien, Idriss Déby Itno, qui l'accuse d'avoir provoqué la guerre religieuse entre chrétiens et musulmans en Centrafrique, en armant la milice anti-balaka, accusation du reste passible de CPI (Cour pénale internationale), François Hollande, par son silence actuel, indique à l'Afrique que : « Qui ne dit mot consent ».

L'accord de cessez-le-feu immédiat en Centrafrique signé, lundi, 19 juin, à Rome, par les groupes armés et le gouvernement aura duré moins de 24 heures. Dès, mardi matin, de violents combats entre milices ont fait une centaine de morts à Bria (Centre).

Ce ne seront plus les prêtres de Sant'Egidio qui viendront rendre opérationnel, sur le terrain, l'accord politique qu'ils ont fait signer aux 14 groupes armés à Rome. C'est au pouvoir centrafricain de faire, maintenant, sa part de job, en transposant sur le terrain, grâce aux moyens de l'Etat dont il dispose, la faisabilité de cet accord afin qu'il ne tombe pas, lui aussi, dans les oubliettes, comme les accords passés. Le président, Faustin Archange Touadéra, est, fortement, interpellé, lui qui essuie une pluie de critiques de la part de l'opposition, qui ne le trouve pas à la hauteur.

Pour des Centrafricains de plus en plus nombreux, la crise que traverse leur pays est une sorte de fromage pour la Mission multidimensionnelle de stabilisation intégrée des Nations-Unies en République centrafricaine (MINUSCA). Mais au sein de cette dernière, on ne l'entend pas de cette oreille. La MINUSCA est sur tous les fronts et fait, avec « ses moyens actuels qui ont atteint leur limite », tout ce qu'il faut pour sécuriser les populations et aider le pays à se relancer. Cela dit, la MINUSCA a-t-elle de bons soldats ? D'autre part, le pouvoir en place est-il une équipe préparée pour affronter la crise ?

Le décompte macabre se poursuit en Centrafrique. La semaine dernière, la Croix Rouge locale avait ramassé 115 cadavres, à Bangassou, dans le Sud-Est du pays. Conséquence des tueries des milices connues agissant sous la barbe de la Minusca. Aujourd'hui, on en est, déjà, à 17 morts civils, à Bria, dans le Nord-Est du Centrafrique. Toujours, sous les yeux de la Minusca. Les Nations-Unies devraient tirer les conséquences de l'inefficacité de leur « machin » qu'elles ont envoyé sécuriser le Centrafrique avec un mandat "robuste". Ne serait-il pas mieux que cette Minusca plie bagage et laisse les Centrafricains se débrouiller que de se livrer, comme elle le fait, au tourisme (militaire) ?

Les violences qui reprennent en Centrafrique se passent de commentaire. Alors que la Minusca annonce 26 morts à Bangassou, dans le Sud-Est, la Croix Rouge, elle, a ramassé 115 corps. C'est du jamais vu depuis trois ans. Le Centrafrique rebascule-t-il dans ses travers alors que la mésentente est, toujours, cordiale entre le président de la République et le président de l'Assemblée ?

Le parquet de Paris a requis un non-lieu dans l'enquête sur les accusations de viols portées par des enfants contre des soldats français de l'opération Sangaris, en Centrafrique, en 2013-2014. En sera-t-il de même pour les juges ?

Aux Nations-Unies, on considère (à tort ?) que les autorités centrafricaines fournissent des efforts frasques. C'est comme si le pays était, encore, sous la transition dont le rôle était de le mettre sur les rails, dans l'attente d'un pouvoir, démocratiquement, élu. Pourtant, les mois passent et se ressemblent. Hier, pendant la transition, comme, aujourd'hui, avec un gouvernement légal et authentique à la tête du pays. Que faut-il à l'équipe en place pour démarrer (réellement) la machine ?

Depuis bientôt un an en fonction, le président, démocratiquement, élu, Faustin Archange Touadéra, est confronté à la réalité des difficultés socio-économiques auxquelles son pays doit faire face. Mais la population qui n'a que trop souffert, ne veut plus attendre. Certains hommes armés pensent-ils, déjà, à la déstabilisation qui semble inscrite dans leur veine ? Au-delà de cette énième péripétie, le pouvoir centrafricain est invité à fonctionner dans la transparence. Actuellement, les Centrafricains reprochent à leur président de travailler dans la confidentialité. Seuls les initiés savent ce qu'il fait.

Au moins, 20 combattants ont été tués dans des affrontements qui ont éclaté, samedi, dans une localité minière du centre du Centrafrique entre deux factions rivales de l'ex-rébellion séléka, selon des témoins qui fuyaient les combats.

Un groupe armé, déjà, accusé d'exactions contre des civils, a attaqué, jeudi, 2 février, une ville en Centrafrique, ont indiqué les Nations-Unies et un député, signe de tensions persistantes dans l'intérieur du pays, que les autorités et la Minusca (Mission des Nations-Unies pour le Centrafrique), n'arrivent pas éradiquer.

La vulnérabilité extrême du Centrafrique continue d'exposer ses enfants à des pires sévices. Hier, c'étaient des militaires français et des Nations-Unies en Centrafrique, qui étaient accusés de violer les filles centrafricaines. Aujourd'hui, ce sont les soldats ougandais présents en Centrafrique pour traquer les miliciens de la LRA de Joseph Kony, qui le sont.

Après le Sommet de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) du 23 décembre, à Yaoundé, pendant lequel la zone avait frôlé une dévaluation du F CFA, la patronne du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, entreprend une autre tournée, en Afrique, quelques semaines plus tard, comme pour signifier l'urgence des réformes.