Centrafrique

Le taux de réussite à l'examen du baccalauréat en Centrafrique, ne dépasse pas 3% au premier tour. De quoi vider, définitivement, les amphithéâtres de la très fantomatique Université de Bangui. Il y a de quoi interpeller le Sommet de l'Etat, qui n'est constitué que de très distingués professeurs de rang magistral : un mathématicien et un géographe.

Le « sauveur » (François Hollande) du Mali et du Centrafrique s'est, réfugié dans le silence. Totalement défait par les propos de son ancien chouchou, le président tchadien, Idriss Déby Itno, qui l'accuse d'avoir provoqué la guerre religieuse entre chrétiens et musulmans en Centrafrique, en armant la milice anti-balaka, accusation du reste passible de CPI (Cour pénale internationale), François Hollande, par son silence actuel, indique à l'Afrique que : « Qui ne dit mot consent ».

L'accord de cessez-le-feu immédiat en Centrafrique signé, lundi, 19 juin, à Rome, par les groupes armés et le gouvernement aura duré moins de 24 heures. Dès, mardi matin, de violents combats entre milices ont fait une centaine de morts à Bria (Centre).

Ce ne seront plus les prêtres de Sant'Egidio qui viendront rendre opérationnel, sur le terrain, l'accord politique qu'ils ont fait signer aux 14 groupes armés à Rome. C'est au pouvoir centrafricain de faire, maintenant, sa part de job, en transposant sur le terrain, grâce aux moyens de l'Etat dont il dispose, la faisabilité de cet accord afin qu'il ne tombe pas, lui aussi, dans les oubliettes, comme les accords passés. Le président, Faustin Archange Touadéra, est, fortement, interpellé, lui qui essuie une pluie de critiques de la part de l'opposition, qui ne le trouve pas à la hauteur.

Pour des Centrafricains de plus en plus nombreux, la crise que traverse leur pays est une sorte de fromage pour la Mission multidimensionnelle de stabilisation intégrée des Nations-Unies en République centrafricaine (MINUSCA). Mais au sein de cette dernière, on ne l'entend pas de cette oreille. La MINUSCA est sur tous les fronts et fait, avec « ses moyens actuels qui ont atteint leur limite », tout ce qu'il faut pour sécuriser les populations et aider le pays à se relancer. Cela dit, la MINUSCA a-t-elle de bons soldats ? D'autre part, le pouvoir en place est-il une équipe préparée pour affronter la crise ?

Le décompte macabre se poursuit en Centrafrique. La semaine dernière, la Croix Rouge locale avait ramassé 115 cadavres, à Bangassou, dans le Sud-Est du pays. Conséquence des tueries des milices connues agissant sous la barbe de la Minusca. Aujourd'hui, on en est, déjà, à 17 morts civils, à Bria, dans le Nord-Est du Centrafrique. Toujours, sous les yeux de la Minusca. Les Nations-Unies devraient tirer les conséquences de l'inefficacité de leur « machin » qu'elles ont envoyé sécuriser le Centrafrique avec un mandat "robuste". Ne serait-il pas mieux que cette Minusca plie bagage et laisse les Centrafricains se débrouiller que de se livrer, comme elle le fait, au tourisme (militaire) ?

Les violences qui reprennent en Centrafrique se passent de commentaire. Alors que la Minusca annonce 26 morts à Bangassou, dans le Sud-Est, la Croix Rouge, elle, a ramassé 115 corps. C'est du jamais vu depuis trois ans. Le Centrafrique rebascule-t-il dans ses travers alors que la mésentente est, toujours, cordiale entre le président de la République et le président de l'Assemblée ?

Le parquet de Paris a requis un non-lieu dans l'enquête sur les accusations de viols portées par des enfants contre des soldats français de l'opération Sangaris, en Centrafrique, en 2013-2014. En sera-t-il de même pour les juges ?

Aux Nations-Unies, on considère (à tort ?) que les autorités centrafricaines fournissent des efforts frasques. C'est comme si le pays était, encore, sous la transition dont le rôle était de le mettre sur les rails, dans l'attente d'un pouvoir, démocratiquement, élu. Pourtant, les mois passent et se ressemblent. Hier, pendant la transition, comme, aujourd'hui, avec un gouvernement légal et authentique à la tête du pays. Que faut-il à l'équipe en place pour démarrer (réellement) la machine ?

Depuis bientôt un an en fonction, le président, démocratiquement, élu, Faustin Archange Touadéra, est confronté à la réalité des difficultés socio-économiques auxquelles son pays doit faire face. Mais la population qui n'a que trop souffert, ne veut plus attendre. Certains hommes armés pensent-ils, déjà, à la déstabilisation qui semble inscrite dans leur veine ? Au-delà de cette énième péripétie, le pouvoir centrafricain est invité à fonctionner dans la transparence. Actuellement, les Centrafricains reprochent à leur président de travailler dans la confidentialité. Seuls les initiés savent ce qu'il fait.

Au moins, 20 combattants ont été tués dans des affrontements qui ont éclaté, samedi, dans une localité minière du centre du Centrafrique entre deux factions rivales de l'ex-rébellion séléka, selon des témoins qui fuyaient les combats.

Un groupe armé, déjà, accusé d'exactions contre des civils, a attaqué, jeudi, 2 février, une ville en Centrafrique, ont indiqué les Nations-Unies et un député, signe de tensions persistantes dans l'intérieur du pays, que les autorités et la Minusca (Mission des Nations-Unies pour le Centrafrique), n'arrivent pas éradiquer.

La vulnérabilité extrême du Centrafrique continue d'exposer ses enfants à des pires sévices. Hier, c'étaient des militaires français et des Nations-Unies en Centrafrique, qui étaient accusés de violer les filles centrafricaines. Aujourd'hui, ce sont les soldats ougandais présents en Centrafrique pour traquer les miliciens de la LRA de Joseph Kony, qui le sont.

Après le Sommet de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) du 23 décembre, à Yaoundé, pendant lequel la zone avait frôlé une dévaluation du F CFA, la patronne du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, entreprend une autre tournée, en Afrique, quelques semaines plus tard, comme pour signifier l'urgence des réformes.

Etant enclavée, la République centrafricaine (RCA) peut, effectivement, totalement, entamer son développement. 

Le Centrafrique poursuit, toujours, sa marche folle vers la mort. Malgré les efforts des autorités pour le sortir de son trou actuel, le pays continue d'être tiré vers le bas par certains groupes armés. Rien que ces derniers jours, 16 morts et des dizaines de blessés, à l'intérieur du pays. Morts gratuitement.

La conférence des donateurs a dépassé les espérances, en se situant à 141% des besoins exprimés par le Centrafrique. Le professeur, Faustin Archange Touadéra, a de quoi être satisfait.

C'est aujourd'hui, 17 novembre, que le pouvoir centrafricain, fait face à ses bailleurs de fonds et partenaires au développement, à Bruxelles. Objectif : obtenir des financements, sur cinq ans, d'un programme qu'il a confectionné, et que la Banque africaine de développement a validé, il y a quelques semaines, lors d'une visite du président, Faustin Archange Touadéra, à Abidjan. Le professeur Touadéra préside, lui-même, la délégation du Centrafrique pendant cette journée de donateurs. Compte tenu des besoins énormes du pays qui revient de très loin, le premier ministre, le professeur, Simplice Mathieu Sarandji, n'hésite pas à solliciter le double de l'enveloppe requise. Nous l'avions rencontré au Sommet sur le terrorisme et la piraterie maritimes en Afrique, le mois dernier, à Lomé. Dans cette interview, il a commencé par donner ses sentiments sur la tenue de ce Sommet avant d'aborder les problèmes de fond que connaît le Centrafrique.

Le ministre centrafricain de la Justice a annoncé, vendredi, 11 novembre, l'ouverture d'une enquête visant, entre autres, la force des Nations-Unies dans le pays, après la mort de quatre civils, à Bangui, lors d'une manifestation le 24 octobre dernier.

Dans le but de renforcer les liens de partenariat entre les pays africains, comme le préconise l'Union africaine (UA), le professeur, Faustin Archange Touadéra, a entrepris une mini-tournée, en Afrique de l'Ouest, qui l'a conduit, tour à tour, à Abidjan et à Ouagadougou.