Centrafrique

La promulgation du Code de l'enfant par le président de la République centrafricaine le 15 juin 2020  mérite d'être saluée. Ce nouveau code vient compléter très heureusement les dispositions du Code de la famille et du Code pénal.

Dans son dernier rapport remis au Conseil de Sécurité à la mi-juin, le secrétaire général des Nations-Unies se dit préoccupé par la poursuite des confrontations entre les milices et leurs conséquences, en Centrafrique.

Face  à la persistance des violences, il a fallu trouver les moyens de venir à bout des bandes armées, qui occupent, toujours, une grande partie du territoire national et continuent de terroriser la population. 

Le coronavirus est pour beaucoup de Centrafricains une réalité lointaine. Une grande partie de la population prend les dispositifs de prévention à la légère. Pourtant, côté équipement des hôpitaux, le pays est très mal loti. A titre d'exemple, pour 1,4 million d'habitants, la République centrafricaine ne compte que 3 respirateurs.

Il me semble que le gouvernement et l'ensemble de la classe politique centrafricaines devraient faire preuve de plus de fermeté dans la dénonciation des violences commises par les milices et de clarté dans le soutien apporté à  la MINUSCA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies pour la stabilisation en Centrafrique ) et à la Cour pénale spéciale centrafricaine (CPS).

Le lancement de la nouvelle plate-forme de la majorité présidentielle, "Coeurs Unis ", en vue des élections, le 15 mai 2020, témoigne de la volonté du président, Faustin-Archange Touadéra, et de ses alliés, de rester au pouvoir. 

Cinq chefs d'une milice centrafricaine ont été condamnés, vendredi, 7 février, à Bangui, aux travaux forcés à perpétuité pour "crimes de guerre" et "crimes contre l'humanité" pour le massacre de dizaines de civils en 2017. Une première dans ce pays ravagé par la guerre civile depuis 2013.

Des dizaines de personnes ont été tuées le week-end du 25 janvier dans des affrontements intercommunautaires entre miliciens à Bria, ville diamantifère de l'Est du Centrafrique, au coeur des conflits qui ravagent ce pays depuis près de 20 ans. On avait cru à une accalmie dans le pays. Certains annonçaient même prématurément la fin des violences. Malheureusement, ces nouveaux massacres (en dizaines de tués) viennent montrer que le Centrafrique n'est pas, encore, au bout de l'horreur, et que le pouvoir, au lieu de dormir sur ses lauriers, en pensant que les Accords de Khartoum ont résolu le problème de la violence dans le pays, doit redoubler d'ardeur, afin que son bilan soit à peu près défendable pendant la prochaine campagne présidentielle.

En exil après avoir été chassé du pouvoir en 2013, François Bozizé vient de rentrer à Bangui, selon son parti et ses proches. L’ancien président centrafricain n'a jamais caché son intention de reprendre le pouvoir par les urnes, alors que se profile la présidentielle de décembre 2020. Sa candidature va bouleverser la donne et le premier à s'en inquiéter pourrait être l'actuel président de la République. En effet, tous les deux puiseraient leur force électorale dans le même gisement.

Le célèbre Camp Beal va cesser d'être un repaire de bandits de grands chemins et de criminels. Au terme de plusieurs mois de tractations et de négociations difficiles, les Forces armées centrafricaines (FAC) viennent de le libérer, au grand bonheur des populations riveraines, notamment, les habitants des 200 Villas de Bangui. Comme quoi, la persévérance finit toujours par payer.

Pendant que l'opposition demande, carrément, au président, Faustin Archange Touadéra, de favoriser la mise sur pied d'une transition afin de gérer la situation actuelle, les combats reprennent à l'intérieur du pays, et on se demande si l'élection présidentielle prévue fin 2020 pourra se dérouler dans un tel climat de guerre.

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a déclaré, jeudi, 18 septembre, vouloir poursuivre pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, deux ex-chefs de milice centrafricains, Patrice-Edouard Ngaïssona, président de la Fédération centrafricaine de football, et Alfred Yekatom, député. A un an de son départ de la CPI, pour fin de mandat, la Gambienne entend garnir son tableau de chasse qui ne compte que du « gibier » africain, ses huit ans à la CPI comme procureure ne lui ayant jamais permis de débusquer aucun sanguinaire européen, américain ou asiatique, ni tueur d'aucune autre région du monde que l'Afrique.

Qu'on ne compte pas sur Nicolas Tiangaye pour enrober ses phrases afin qu'elles fassent moins mal à Faustin Archange Touadéra, le président de la République. C'est clair que l'ancien premier ministre et célèbre avocat de profession, Nicolas Tiangaye, est en colère. De l'immobilisme de Touadéra. De la démagogie de Touadéra. De l'inconstance de Touadéra. De la navigation à vue de la politique de Touadéra. Des mensonges de Touadéra, etc. Là où les autres ténors de l'opposition préfèrent rester sans voix, lui, l'ancien premier ministre de 2013 à 2014 après avoir présidé pendant 13 ans la célèbre Ligue centrafricaine des droits de l'homme, met les pieds dans le plat, se faisant applaudir dans Bangui (jusqu'au kilomètre 5) et dans l'intérieur du pays. Car on dirait que le gouvernement a cessé depuis début 2019 de travailler pour le bien-être de tous les Centrafricains, et ne prépare que la réélection du président, Faustin Archange Touadéra. La colère de Me Nicolas Tiangaye réveillera-t-elle tous ceux qui dorment, aujourd'hui, dans l'opposition comme si le pouvoir leur administrait, chaque matin, une bonne dose de camomille pour les rendre, totalement, amorphes, passifs et inoffensifs, tout le long de la journée ?

Faustin Archange Touadéra, le chef de l'Etat centrafricain, a-t-il décidé, enfin, de changer de fusil d'épaule ? Après avoir fait le pari de recruter, massivement, les rebelles dans les instances du pouvoir d'Etat pour des résultats plus que mitigés, il a été mis face à la réalité de ses choix avec la sauvage attaque de Paoua où ses « nouveaux amis » au pouvoir, ont massacré une quarantaine de civils totalement apolitiques, qui ne demandaient qu'à vaquer à leurs occupations quotidiennes. Face au tollé international que suscite son inaction face aux groupes rebelles qui continuent d'écumer le pays qu'ils occupent à près de 80%, il vient de (mollement) réagir en décidant de traduire quelques assassins de Paoua devant la Cour pénale spéciale (CPS), créée pour juger les auteurs de violations graves des droits humains en Centrafrique. Mieux vaut tard que jamais : cette annonce a été faite, mardi, 30 juillet, par le procureur général de la Cour d'appel de Bangui, Eric Didier Tambo.

On se demandait ce qu'il attendait pour se dévoiler. Désormais, on connaît ses intentions. Ancien directeur de cabinet du président, Michel Djotodia (le père des Séléka), et très efficace premier ministre de la présidente de transition, Catherine Samba Panza, Mahamat Kamoun vient, enfin, de sortir du bois en affichant, clairement, ses ambitions pour le Centrafrique. Il croisera, donc, le fer, dès le premier tour de la présidentielle prévue fin 2020, avec d'autres ténors politiques de la place dont le président sortant, Faustin-Archange Touadéra, le chef de l'opposition parlementaire, Martin Ziguélé, sans oublier, Anicet Georges Dologuélé, qui fut présent au deuxième tour de la présidentielle de 2016. Il en existe d'autres.

Trois jours de deuil sont imposés depuis, samedi, 1er juin, aux habitants et commerçants du quartier PK5 de Bangui, après l'annonce de la mort du chef de l'un des principaux groupes "d'autodéfenses" de ce quartier à majorité musulmane. Le général, Nimery Matas Djamous (alias Force), est mort samedi des suites d'une longue maladie. Ses partisans accusent le président, Faustin-Archange Touadéra, de l'avoir négligé en refusant de l'envoyer se faire soigner au Maroc, en Afrique du Sud, ou même, à Douala au Cameroun qui compte des structures de bon standing médical dont l'une avait accueilli, l'ancien président, Ange-Félix Patassé, en avril 2011. De la méchanceté (gouvernementale) pure et simple, s'exclament-ils !

L'Accord de paix en Centrafrique signé en février entre les autorités et des groupes armés, dont l'application accumule les retards, a été entaché, mardi, 21 mai, par le massacre de 26 civils dans l'Ouest du pays. Le plus inquiétant, c'est que le responsable de cette tuerie, le groupe armé 3R, est signataire de l'Accord de Khartoum, ou plus exactement, ce qui en tient encore lieu car on peut, légitimement, se demander si, à la suite de son piétinement par le FDPC (Front démocratique du peuple centrafricain) du général, Abdoulaye Miskine (qu'on ne présente plus en Centrafrique), cet accord lie toujours les parties qui l'ont signé. Visiblement non. Seuls l'armée et quelques groupes armés y croiraient encore. A qui la faute : selon certaines indiscrétions, le gouvernement est responsable de cette situation. On lui reproche d'avoir faibli ses efforts après la signature de l'Accord alors que c'est en ce moment qu'il aurait pu les redoubler. Autrement dit, le gouvernement a eu tort de considérer que la signature de l'Accord était un moment de répit, la fin du conflit alors que ce n'était que le début d'un processus difficile, programmé sur un très long terme.

Une religieuse catholique de nationalité franco-espagnole, âgée de 77 ans, a été retrouvée décapitée dans un village où elle enseignait la couture à des jeunes filles dans l'Ouest du Centrafrique. Un acte d'une lâcheté inqualifiable que le Saint-Père, François, a qualifié de « barbare », ce mercredi, 22 mai, à Rome. Les responsables de ce forfait n'osent même pas se dévoiler. Même pas honte !

L'Accord de Khartoum, le 8e du genre, signé entre le pouvoir centrafricain et les rebelles vient d'être violé, au lendemain du séjour d'un représentant de l'Union africaine (UA), à Bangui, venu le conforter après la perte du pouvoir d'un de ses principaux parrains, le président soudanais, Omar el-Béchir. En effet, des éléments du groupe armé, Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), ont attaqué, lundi, 22 avril, le village de Lokoti, dans l'Ouest du pays, où ils ont incendié des véhicules et pris en otage onze personnes, selon des informations recueillies auprès de la gendarmerie locale. L'Accord de Khartoum a, donc, du plomb dans l'aile. Sa signature en fanfare, à Bangui, en présence du président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, et des représentants de l'Union africaine, de la Russie, de la France et des Etats-Unis, n'était qu'un coup d'épée dans l'eau ? La question se pose de savoir s'il y aura la nécessité de signer un 9e accord, celui-ci étant, déjà, violé et bientôt mort ?

L'ancien premier ministre centrafricain et actuel président du principal parti d'opposition, le MLPC (Mouvement de libération du peuple centrafricain), Martin Ziguélé, donne sa lecture des événements qui traversent son pays : Accord de Khartoum, Enchères des rebelles, Nomination de gouvernements, Action du gouvernement, etc. Il dit tout, en responsable politique qui aspire, un jour, à diriger l'Etat du Centrafrique.