Maroc

Avec un Produit intérieur brut (PIB), qui doit, pour la première fois, dépasser la barre des 120 milliards de dollars à prix courants, en 2017, soit plus que le PIB des pays de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale) et de l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) réunis, le royaume chérifien se donne les moyens de croquer, économiquement, les pays d'Afrique noire. On peut comprendre, en filigrane, le comment et le pourquoi de l'annulation du Sommet Israël-Afrique qui était prévu, à Lomé, du 23 au 27 octobre 2017. En réalité, Israël aurait été un sérieux prétendant à la contestation de la suprématie économique du Maroc en Afrique noire. Le roi Mohammed VI voyait cela d'un très mauvais œil. Qui dit mieux : à chaque pays de veiller à la sauvegarde et à la préservation de ses intérêts (stratégiques).

Une bagarre générale a éclaté, vendredi, 29 septembre, soir, à Rabat, à l'ouverture du congrès d'un des principaux partis marocains, l'Istiqlal, entre les partisans des deux candidats en lice pour diriger cette formation, faisant des blessés.

Le Maroc est devenu, depuis quelques années, avec l'Afrique du Sud, le principal hub médical du continent africain. Au lieu d'aller se faire soigner en Europe, en Amérique ou en Asie, plusieurs dignitaires africains prennent le chemin du royaume chérifien. Autant dire que les progrès réalisés dans le domaine de la santé y sont énormissimes. Pourtant, le roi a refusé de confier l'opération de son (très précieux) œil aux chirurgiens de son pays. Comme son homologue algérien, Abdelaziz Bouteflika, il a préféré se faire opérer en France. Avec succès. Le cœur net. Sans aucune appréhension. La décision de Sa Majesté est sujette à débat car elle n'est pas (tout à fait) normale.

Le roi, Mohammed VI, du Maroc ne rêve que d'Afrique. Après la ré-admission du Maroc au sein de l'Union africaine, au début de cette année, le souverain essaie de brûler les étapes. Lors du Sommet de la CEDEAO, au Liberia, le 4 juin dernier, il avait demandé l'adhésion du Maroc à cette organisation sous-régionale de l'Afrique de l'Ouest alors qu'il appartient, géographiquement, à une autre sous-région, l'UMA (Union du Maghreb arabe). Cette requête n'ayant pas abouti, le Maroc reviendra à la charge lors du prochain Sommet de la CEDEAO, à Lomé, en 2018, d'autant plus que certains pays membres sont favorables à son admission. En attendant, le roi se déploie sur d'autres terrains. Avec parfois quelques échecs retentissants. C'est ainsi qu'il y a quelques jours, à l'instigation de la Fédération royale de football, le nouveau président de la CAF, le Malgache, Ahmed Ahmed, a, vainement, cherché à dessaisir le Cameroun de l'organisation de la CAN 2019, au profit du Maroc. Le Cameroun est décidé à garder sa CAN. Paul Biya, sentant le danger, est même venu à la rescousse pour confirmer, officiellement, que l'Etat allouerait l'argent qu'il faut pour permettre une parfaite tenue de la CAN sur les six sites de jeu choisis. Le Maroc a, donc, ciblé l'Afrique comme terrain par excellence de sa chasse aux contrats. Dans un discours télévisé prononcé, dimanche, 20 août, à l'occasion d'une fête nationale, le roi, Mohammed VI, s'est félicité de la politique menée par son pays en Afrique, basée sur des partenariats "gagnant-gagnant". Le langage adopté dans cette offensive est tout à fait chinois, les nouveaux maîtres de l'Afrique. Ce qui montre que le Maroc veut aussi bien faire en Afrique que la Chine.

Le roi du Maroc fait, résolument, preuve de modernité. Pays touristique de premier plan sur le plan international, le Maroc compte, désormais, devenir une plaque tournante du cinéma moderne. Un lieu prisé pour le tournage des films à l'instar de Hollywood aux Etats-Unis et Nollywood au Nigeria. Pour cela, le roi va mettre la main au portefeuille. Sans état d'âme.

Pour beaucoup de pays africains exportateurs d'immigrés, c'est tout bénéfique que cette catégorie de leurs ressortissants partent se débrouiller à l'étranger, à leur risque et péril. Ca fait moins de problèmes dans le pays. Le nombre sans cesse croissant de morts en Méditerranée ne les émeut pas outre mesure. Mais, si ces départs constituent un bon débarras pour ces régimes africains, les immigrés, eux, sont une réelle préoccupation pour les pays de transit que sont le Niger, la Libye, l'Algérie et le Maroc. Les drames vécus lors de difficiles traversées du désert et de la mer, interpellent tout le monde. Premier à s'en soucier, en Afrique, le roi du Maroc, Mohammed VI, tire, aujourd'hui, la sonnette d'alarme en essayant de susciter une réflexion sur ce phénomène, qui n'est que le reflet de l'absence de démocratie et de la mal-gouvernance, dans les pays concernés. Depuis janvier 2017, 100.000 Africains ont traversé la Méditerranée et 2.247 sont morts.

Que serait la France sans l'Afrique ? Juste une puissance moyenne de la taille de l'Italie, sans siège permanent au Conseil de sécurité. Depuis qu'il est entré à l'Elysée, Emmanuel Macron, montre, clairement, où se trouvent les intérêts de la France. C'est vraiment un bon banquier. Après avoir été saluer le dispositif Barkhane, à Gao, au Mali, et reçu, à Paris, les présidents de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, et du Sénégal, Macky Sall, les 11 et 12 juin, le voilà pour deux jours (jusqu'au 15 juin) au Maroc, avant de repartir, le 2 juillet, au Mali, plus précisément, à Bamako, cette fois, où il tiendra une séance de travail avec les chefs d'Etat du G 5 sur le terrorisme. Mais avant ce grand-rendez-vous, il fera un saut chez Abdelaziz Bouteflika, à Alger, pour discuter de plusieurs dossiers bilatéraux importants. Mais pas seulement : il y a, aussi, que la place de l'Algérie dans la sous-région nécessite une concertation préalable entre Paris et Alger avant que le président Macron ne se rende, le 2 juillet, à Bamako. Car comme tout bon banquier (qui ne s'ignore pas), il donne l'impression d'avoir horreur de perdre son temps (Time is money).

A peine arrivé à l'Elysée, le 14 mai, le nouveau chef de l'Etat français, Emmanuel Macron, a fait un saut de quelques heures, vendredi, 19 mai, au Mali, pour saluer les forces françaises du dispositif Barkhane, qui combattent les djihadistes dans le Sahel, que finance le Qatar, « l'ami de la France ». Le Mali était le deuxième pays visité après l'entrevue du 15 mai entre la chancelière, Angela Merkel et Emmanuel Macron. Demain 11 juin et après demain, le chef de l'Etat français recevra, successivement, l'Ivoirien, Alassane Ouattara, et le Sénégalais, Macky Sall, avant de s'envoler les 14 et 15 juin chez le roi Mohammed VI du Maroc. Une visite, à Alger, chez le doyen Abdelaziz Bouteflika, devrait avoir lieu « dans quelques semaines », avant le Sommet du G5 (Mali, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie et Niger) sur le terrorisme auquel prendra part, le 2 juillet, à Bamako, Emmanuel Macron. Le sans faute du président français sur les questions africaines est pour le moins parfait jusqu'à présent.

Le 51e Sommet de la CEDEAO (Commission économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) a pris fin, ce dimanche, 4 juin, à Monrovia, au Liberia. Outre la passation de témoin entre la Libérienne, Ellen Johnson Sirleaf, et le Togolais, Faure Gnassingbé, qui va présider aux destinées de l'organisation, pendant un an, on aura observé un mouvement de foule du Maroc, de la Tunisie et de la Mauritanie, qui demandent, selon des formules différentes, à adhérer à la CEDEAO.

Le Sommet de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest) doit se tenir, les 3 et 4 juin, à Monrovia, au Liberia. Après avoir envoyé des équipes de lobbying, à travers les pays de la sous-région, pour faire admettre sa participation, il avait été admis que le roi y participerait, lui-même, pour lui permettre de parler, directement, aux chefs d'Etat qui étaient, encore, réticents à l'admission de son pays. Mais, au moment où tout est presque acquis, le Maroc annonce que le roi ne viendra plus au Sommet : Explication : Benyamin Netanyahu, le premier ministre israélien, y sera. Ennemi intime de certains dirigeants arabes, il co-organisera le premier Sommet Israël-Afrique, fin octobre, à Lomé, avec le président du Togo, Faure Gnassingbé. Il sera à Monrovia pour vendre les atouts d'Israël. Et ça énerve.

Se dirige-t-on vers une guerre des religions ? On n'en est plus très loin avec ce qui arrive dans les pays qui comptent des minorités religieuses. En Afrique, l'Egypte (Coptes), le Centrafrique (Sélékas), la partition du Soudan en deux Etats : le Soudan (musulman) et le Soudan du Sud (chrétien et animiste), ne poussent guère à l'optimisme. Au Maroc, pays musulman tolérant parmi les plus tolérants, la dernière déclaration du ministre des Affaires islamiques a de quoi inquiéter.

Le roi du Maroc a nommé, vendredi, 17 mars, l'islamiste, Saad-Eddine El Othmani, nouveau premier ministre pour tenter de former un gouvernement, après cinq mois de blocage. C'est un communiqué du cabinet royal.

Le roi du Maroc, Mohammed VI, va désigner, au plus vite, un nouveau premier ministre pour remplacer Abdelilah Benkirane, qui n'est pas parvenu à former une majorité, après cinq mois de négociations, a annoncé, mercredi, 15 mars, soir, le cabinet royal.

Des centaines de migrants ont forcé, vendredi, 17 février, la frontière entre l'Espagne et le Maroc, à Ceuta, au moment où Rabat menace de ne plus contrôler les flux migratoires si un différend agricole avec l'Union européenne n'est pas réglé.

L'Union africaine (UA) a décidé, lundi, 30 janvier, de réintégrer le Maroc, après plus de 30 ans d'absence, en dépit de fortes réticences de poids lourds du continent liées à la question du Sahara occidental, comme l'Afrique du Sud, le Nigeria, l'Angola, le Kenya, le Zimbabwe et l'Algérie, pour ne citer que ceux-là.

L'éventuelle réintégration du Maroc devrait dominer les débats du Sommet de l'Union africaine (UA) qui s'ouvre, lundi, 30 janvier, à Addis Abeba. Toutefois, le conflit au Soudan du Sud et l'élection du président de la Commission de l'UA figurent, aussi, parmi les autres priorités du rendez-vous continental. Une inconnue cependant : l'UA continuera-t-elle, encore, à parler d'une même voix avec ce retour du Maroc qui ne se fait pas sans frais et qui cohabitera avec la République arabe sahraouie démocratique (RASD) ?

Les présidents mauritanien et guinéen ont obtenu, vendredi, 20 janvier, à Banjul, l'accord de principe de Yahya Jammeh pour quitter la Gambie, mais, les discussions se poursuivaient sur les conditions de son départ, prolongeant, de facto, la suspension d'une opération militaire ouest-africaine. D'autre part, il serait, aussi, question de se mettre d'accord sur le traitement que les proches de Yahya Jammeh feraient l'objet, après son départ du pouvoir, et de son éventuelle immunité judiciaire afin qu'il ne soit pas pourchassé par les juridictions gambiennes ou internationales. Les négociations ne sont pas simples.

A quelques semaines du Sommet de l'Union africaine, à Addis Abeba, où le plat de résistance des travaux, après l'élection du successeur de Xhosazana Dlamini-Zuma, concernera l'admission du Maroc au sein de la grande famille africaine, le président sud-africain, Jacob Zuma, vient d'apporter un soutien de taille à la RASD (République arabe sahraouie démocratique), en demandant la fin de la colonisation marocaine dans cette « province » du Maroc. Avec l'indéfectible soutien de l'Algérie, éternelle marraine de la RASD, on est à peu près sûr que l'organisation va, à nouveau, être paralysée si l'arrivée du Maroc voudra dire sortie de la RASD de l'UA. Personne ne l'acceptera à Pretoria et à Alger.

Toutes choses égales par ailleurs, le Maroc dispose d'un bon système d'enseignement supérieur, qui tient la concurrence avec celui de l'Afrique du Sud. Il accueille beaucoup d'étudiants d'Afrique noire boursiers ou non. Ce qu'on ne savait pas, c'est que le Maroc, malgré ce système universitaire assez performant, fait, massivement, appel, à son tour, aux universités françaises pour former ses ressortissants.

Bientôt, la fin de l'école gratuite au Maroc ? L'évocation de la mise en place de frais d'inscriptions pour les élèves les plus aisés de l'école publique suscite une tempête de réactions dans le pays, où le système éducatif est à bout de souffle. Le roi, Mohammed VI, va-t-il accepter que l'école de ses sujets devienne payante ?