Chine

Désinformation, amplification, intimidation : les dictateurs africains comme le Tchadien, Idriss Déby Itno, le Rwandais, Paul Kagame, le Soudanais, Omar el-Béchir, le Mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, sans oublier, le négativement célèbre en la matière, l'Egyptien, Abdel Fattah el-Sissi, suivent de bon pied leur modèle dans le domaine de la censure et de la manipulation, à savoir, le Russe, Vladimir Poutine, et le Chinois, Xi Jinping. Deux prédateurs (hors pair) de la liberté de la presse, qui opèrent, impunément sur internet. Reporters sans frontières (RSF) montre comment ils procèdent et comment contourner leurs manoeuvres.

Là où elle fait de bonnes affaires, la Chine ne se mêle, jamais, de politique. Elle ne fait qu'aligner des contrats. Sa stratégie est, radicalement, différente de celle des Occidentaux, grands donneurs de leçons d'éthique et de morale (qu'ils ne s'appliquent pas à eux-mêmes) devant l'éternel. Avec son trésor de guerre, l'empire du milieu ne se fait pas prier pour conquérir l'Afrique. Cette Afrique qui est de moins en moins la chasse gardée de l'Occident. Ce dernier tente, actuellement, de rattraper son retard en suscitant, parfois, des conflits (sans queue ni tête ici et là), juste pour qu'on continue de faire appel à lui. Chacun fait la politique de ses moyens.

Avant son coup d'état de novembre dernier, le nouveau président, Emmerson Mnangagwa, en collaboration avec ses amis de l'armée zimbabwéenne, avait tenu l'empire du Milieu au courant de la grave situation politique qui prévalait au Zimbabwe et des conséquences qui pouvaient en découler. Sans être, totalement, affirmatif de ce que les Chinois étaient au courant de l'issue de la crise au Zimbabwe, ils avaient, néanmoins, compris la sollicitation qui leur était faite, tout en gardant leur amitié à leur partenaire historique, Robert Mugabe. Cinq mois après sa chute, le nouveau président, Emmerson Mnangagwa est, triomphalement, reçu, sans surprise, à Beijing, par Xi Jinping qui a décidé de maintenir le niveau de coopération entre les deux Etats où il était, et même, de l'élever encore plus. Conclusion : la Chine (comme les pays occidentaux à quelques variables près) n'a pas, réellement, d'amis mais elle a, surtout, des intérêts à préserver.

On savait depuis l'année dernière que le président du Cameroun, Paul Biya, était invité par son homologue, Xi Jinping, à effectuer une visite d'Etat, en Chine, au courant du premier trimestre 2018. Cette rumeur est devenue effective avec le départ, dimanche, 18 mars, de Yaoundé, du couple présidentiel. Celui-ci sera accompagné d'une forte délégation de ministres et d'officiels, et ralliera Beijing, mercredi, 21 mars.

A force de croiser les chefs d'Etat africains, dictateurs pour la très grande majorité d'entre eux, qui souhaitent, généralement, mourir au pouvoir, le numéro un chinois, Xi Jinping, a fini par faire comme eux : rester, demeurer au pouvoir aussi longtemps que possible et y mourir même. On pensait que la Chine, qui avait opté pour l'alternance politique avec deux mandats uniques par dirigeant, quelles que soient ses prouesses au pouvoir, donnait le bon exemple aux dictateurs africains qui, eux, s'accrochent à la tête de l'Etat pour y mourir. Le principe de deux mandats adopté, aussi, par la Russie, faisait, plutôt, école dans le monde. Seuls traînaient les pieds, certains pays africains, surtout, francophones, à cause, très souvent, de la Françafrique. Mais, voilà que la Chine revient en arrière en balayant cet acquis de deux mandats hérités de l'ère Deng Tsiao Ping. C'est une grande déception. Ce dimanche, 11 mars, est un très mauvais jour pour la démocratie en Chine. C'est, aussi, une journée noire pour la démocratie en Afrique, actuel meilleur partenaire économique de la Chine.

Du 12 au 16 janvier 2018, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, avait effectué des visites officielles au Rwanda, en Angola, au Gabon et à Sao Tomé-et-Principe. Cette visite avait été effectuée au lendemain des propos désobligeants de Donald Trump tenus, le 11 janvier, sur le continent africain comme étant des « pays de merde », ce qui a créé un véritable choc auprès des Africains. Au regard de l'indignation suscitée, le président américain avait essayé de les atténuer en envoyant un message de conciliation, par l'intermédiaire de Paul Kagame, aux chefs d'Etat africains qui se réunissaient, à Addis Abeba, en Sommet, fin janvier. Il avait, dans la foulée, promis d'envoyer, très prochainement, son secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, pour visiter certains pays africains et leur parler de la vision africaine du nouveau chef de la Maison Blanche. Rex Tillerson arrive, donc, sur un terrain miné où l'administration Trump n'est pas bien perçue. Un continent que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a, aussi, visité la semaine dernière. Une tournée qui l'a conduit en Algérie, en Mauritanie, au Mali et au Sénégal.

Le président chinois, Xi Jinping, n'a pas attendu longtemps avant de féliciter le nouveau président sud-africain, Cyril Ramaphosa. Dès vendredi, 16 février, il a tenu à lui faire parvenir un message dans lequel il l'a qualifié de « vieil ami du peuple chinois ». Dans la foulée, il a proposé que le partenariat sino-africain du Sud qu'il veut élever à un niveau supérieur se matérialise, dans un sens gagnant-gagnant, dès cette année 2018. Message reçu cinq sur cinq, à Pretoria, par Cyril Ramaphosa.

Monnaie par excellence des échanges internationaux, le dollar commence à subir des assauts, qui visent à contester sa suprématie. Si la mise de l'euro sur le marché, au début des années 2000, a, finalement, été contenue au point où le dollar n'en a plus peur, le contournement de la devise américaine par la Chine et la Russie (qui ne l'utilisent plus systématiquement dans leurs échanges), rentre dans la stratégie globale des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), qui consiste à trouver une alternative crédible à la dictature du système financier occidental bâti autour des institutions (américaines) de Bretton Woods, à savoir, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale.

Beaucoup d'observateurs occidentaux critiquaient les Chinois de faire, uniquement, du commerce en Afrique en évitant de s'occuper des nombreuses questions du continent ayant trait à sa défense et sa sécurité. Depuis quelques années, les Chinois ont commencé à apporter des réponses à ces critiques, en envoyant des soldats au Darfour et au Nord-Mali. Mais, là où ils ont frappé fort, c'est dans la base militaire qu'ils ont construite, à Djibouti, et dont le rôle est, entre autres, de sécuriser les échanges de l'Empire du Milieu venant d'Afrique et de veiller à la protection de ses intérêts sans cesse grandissants.

Continent de toutes les convoitises, l'Afrique est loin d'être pauvre. Elle est, au contraire, considérée comme le continent de l'avenir, le continent du futur, qui va tirer la croissance mondiale, vers le haut, pendant ce troisième millénaire. Pour cela, il lui faut, à tout prix, la paix et la stabilité. Comme les Etats-Unis, la France et le Japon, la Chine a décidé d'implanter, à son tour, une base militaire à Djibouti, la première qui confirme sa présence armée à l'international.

L'Union européenne ne sait plus quoi faire. Après plusieurs siècles de présence européenne sous formes d'esclavage, de colonisation et de néo-colonisation en Afrique, avec les résultats qu'on sait, c'est-à-dire, insignifiants, elle se résout, aujourd'hui, à dénoncer ceux qui viennent, d'autres cieux que l'Europe pour essayer, avec d'autres façons de faire. De quel droit ces Européens se permettent-ils de critiquer les partenariats que l'Afrique scelle avec les Non-Européens ?

Depuis 27 ans, l'Afrique est la destination de la première visite de l'année du ministre chinois des Affaires étrangères. Le ministre Wang Yi n'a pas dérogé à la règle en ce début d'année 2017. Il a effectué, du 7 au 11 janvier 2017, une tournée dans cinq pays africains : Madagascar, la Zambie, la Tanzanie, le Congo-Brazzaville et le Nigeria. Un seul objectif : renforcer le partenariat gagnant-gagnant.

Ils sont toujours comme ça les Chinois. Ils disent vouloir faire des affaires sans juger les régimes politiques africains avec lesquels ils traitent. Après, ils parlent de partenariat « gagnant gagnant » pour cacher leur hypocrisie, alors que chez eux, le président de la République qui est en même temps le patron du parti communiste, ne peut faire que deux mandats de 5 ans, ce qui fait en tout et pour tout, 10 ans au pouvoir. Au Congo-Brazzaville où Sassou-Nguesso s'est octroyé une présidence à vie (déjà 33 ans au pouvoir), les Chinois font un partenariat "perdant perdant" : Des milliers de morts à l'actif du dictateur sous les yeux des Chinois. Alors question : Les Chinois sont-ils les amis des Congolais ?

Le président chinois, Xi Jinping, a invité son homologue gabonais, Bongo Ondimba Ali (BOA), à effectuer une visite d'Etat, en Chine, pour éviter une banqueroute générale de son pays. Ce serait très fâcheux pour le Gabon, même si, à Pékin, on n'oublie pas que le chef de l'Etat gabonais s'était comporté de façon très inamicale à l'endroit de la Chine, au lendemain de son arrivée au pouvoir, en 2009, en annulant une série de contrats que le Gabon avait signés.

Malgré la crise qui ne l'épargne pas, la Chine ne faiblit pas dans son offensive sur l'Afrique. Au contraire, elle a tendance à étendre celle-ci, avec pour ambition finale, de gagner des parts d'un marché qui était, il y a encore quelques années, la chasse gardée de certains pays occidentaux. Le Sommet du G 20 des 4 et 5 septembre prochain confirme cette approche.

Ca craint. Si le Vietnam demande l'aide de l'ennemi d'hier, Oncle Sam, pour combattre l'hégémonie de sa puissante voisine, la Chine, c'est parce que ça ne tourne plus rond dans le pays : c'est la dernière humiliation à subir quand on connaît la fierté du Vietnamien.

Les Indiens ne sont pas bons en communication. Pour dire vrai, dans ce domaine, ils n'ont rien à envier aux Chinois. Sinon, leur président, Pranab Mukherjee, ne foulerait pas le sol de l'Afrique, ni vu ni connu ni entendu, alors que c'est la première fois qu'un président indien visite l'Afrique depuis 1960. C'est quand même un événement.

Le Président du Togo, Faure Gnassingbé, est attendu, en Chine, pour une visite d'Etat, du 29 mai au 2 juin, sur invitation de son homologue, Xi Jinping.

Après deux ans passés, à La Roma, en Italie, l'attaquant des Eléphants de Côte d'Ivoire, Gervinho, a opté pour la Chine, pour poursuivre sa carrière, à 28 ans.

Le président, Xi Jinping, entend privilégier l'Afrique dans ses relations de partenariat. Il se dit prêt et apte à répondre à tous les besoins du continent, sans décevoir personne.