TUNISIE : Le professeur-président embastille deux célèbres chroniqueurs dont il n’aime pas les analyses

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Deux célèbres chroniqueurs tunisiens, Mourad Zeghidi et Borhen Bsaies, ont été condamnés, jeudi, 23 janvier, à trois ans et demi de prison pour « blanchiment d’argent » et « évasion fiscale », ont annoncé des médias locaux et la soeur de l’un d’eux.

Les deux hommes (notre photo) sont déjà en détention depuis presque deux ans pour des déclarations considérées comme critiques du pouvoir du professeur-président, Kais Saied, dans des émissions de radio et de télévision, ainsi que, des publications sur les réseaux sociaux.

Condamnés à une année de prison, ils avaient vu leur peine réduite à huit mois en appel.

Ils auraient dû sortir de prison en janvier 2025, mais, sont restés en détention pour une affaire de « blanchiment d’argent » et d' »évasion fiscale ».

« Trois ans et demi pour Mourad et Borhen », a écrit sur Facebook la soeur de M. Zeghidi, Meriem Zeghidi Adda.

Jeudi, lors de la dernière audience du procès, M. Zeghidi a réclamé sa libération tandis que M. Bsaies a demandé à ce que justice lui soit rendue, a rapporté l’avocat du premier, Ghazi Mrabet.

Un autre avocat de M. Zeghidi, Fethi Mouldi, a affirmé que son client avait été inculpé en raison d’une déclaration fiscale incomplète, « une situation qui a été réglée ce qui invalide l’inculpation pour blanchiment d’argent » selon lui.

Les arrestations de MM. Zeghidi et Bsaies avaient coïncidé avec celles de l’avocate et chroniqueuse, Sonia Dahmani, libérée fin novembre, et d’une dizaine de militants de l’aide aux migrants.

Outre les journalistes qu’il garde dans ses prisons, le professeur-président devenu dictateur venait de limoger son 4e premier ministre en quatre ans, date de l’accaparement de tous les pouvoirs constitutionnels de l’Etat.

Depuis le coup de force du professeur-président, qui s’est octroyé tous les pouvoirs depuis le 25 juillet 2021, des ONG locales et internationales dénoncent une régression des droits et libertés en Tunisie. Mais, il n’en a cure de ces critiques.

Des dizaines d’opposants et militants de la société civile sont poursuivis en vertu d’un décret présidentiel visant officiellement à lutter contre « les fausses informations » mais sujet à une interprétation très large dénoncée par des défenseurs des droits humains.

Des chefs de l’opposition ont notamment été condamnés à de lourdes peines dans un méga-procès de « complot contre la sûreté de l’Etat ».

En 2025, la Tunisie a chuté de 11 places dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF), passant de la 118e à la 129e place sur 180 pays.

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