Plus personne ne conteste le fait que l’homme installé au pouvoir par le voyou Sarkozy est un danger pour le pays et la sous-région. Plus personne ne discute le fait que nous souffrons, tous, de sa politique de haine, de vengeance et de pillage.
Et pourtant, hier, quand Digbeu affirmait qu’il n’était pas du village, Kouassi prit sa défense. Puis, Kouassi brandit l’épée contre lui et lança un mandat d’arrêt international contre lui. Contre toute attente, c’est Digbeu qui vola à son secours en disant : « Arrêtez de le persécuter. C’est un des nôtres. »
Le même Digbeu le fit rentrer d’exil et le rendit éligible en violation de notre Constitution (sur notre photo, les conséquences de la présidentielle d’octobre 2010 qui fut ouverte à l’imposteur).
Pendant l’élection présidentielle de 2010, Kouassi s’allia à lui. Ce Kouassi avait oublié que son nouveau partenaire l’avait chassé du pouvoir en 1999. Après qu’il fut roulé dans la farine, Kouassi se mit avec Digbeu.

Ce que les enfants du village auraient dû faire, depuis 1989, c’était de se mettre ensemble pour bouter l’intrus hors du village. Au lieu de cela, chacun jugea bon de l’utiliser pour nuire à son frère. En 2010, certains fils du village soutinrent que l’usurpateur avait gagné et que le recomptage n’était pas nécessaire.
Aujourd’hui, les mêmes disent qu’il a triché. Aujourd’hui, tout le monde est muselé.
Aujourd’hui, les prisons sont pleines.
Aujourd’hui, la misère s’est accrue.
Voilà ce qui arrive lorsque les enfants d’un même village ne sont pas solidaires, lorsque les leaders manquent de cohérence, lorsque certains frères sont prêts à tout pour empêcher d’autres frères d’accéder au pouvoir.
J’ose espérer que 2026 nous aidera à prendre enfin conscience de nos turpitudes, à reconnaître nos erreurs et à changer de cap. Car le renversement des choses est toujours possible. Tant qu’on vit, il y a espoir.
Jean-Claude Djéréké
est professeur de littérature à l’Université de Temple (Etats-Unis).





