AFRIQUE : Vers la célébration d’un nouvel an authentiquement africain

Date

A travers le monde, des peuples ont su conserver, à côté du système universellement reconnu, leurs systèmes de comptage du temps comme marqueur d’une identité propre. Ce système de gouvernance de l’espace et de la vie fixe les temps de célébration des événements majeurs et calibre la marche du monde selon une cosmogonie.

L’HÉRITAGE CALENDAIRE AFRICAIN

L’Afrique, berceau de l’Humanité et de la civilisation, avait, dans ses diversité et complexité, un cycle calendaire endogène et une symbolique des événements sociétaux majeurs. Ce cycle a forgé durant des siècles la cosmogonie africaine et rythmé l’organisation interne des sociétés africaines.

Il existerait par exemple un lien historique entre le calendrier solaire officiel de l’Egypte antique établi il y a plus de cinq mille ans et certaines fêtes traditionnelles célébrées en Afrique.

FETES TRADITIONNELLES AFRICAINES

🇹🇬 « Prise de la pierre sacrée » Nouvel An en pays Guin au Togo
🌿 « Umlanga » La danse des Roseaux célébrée en Afrique australe
🇧🇮 « Umuganuro » Célébration du solstice au Burundi
🏜️ « Yennayer » Nouvel An berbère en Afrique du Nord

LA RUPTURE HISTORIQUE

Le cours de l’histoire et la trajectoire ascendante du progrès de l’Afrique ont été brutalement et durablement perturbés par les déportations qui ont dispersé au-delà des mers les forces vives de l’Afrique et par l’irruption coloniale dans les systèmes endogènes de gouvernance sociale, économique et politique des peuples africains.

Par leur extranéité culturelle et leur brutalité, ces intrusions ont reconfiguré le cycle des événements sociétaux et fait perdre à l’Afrique ses repères et son identité propres.

Il en est ainsi du calendrier grégorien imposé aux nations africaines lors de la colonisation. A l’instar des frontières linéaires qui ont divisé le continent et dont nombre de populations et de langues portent aujourd’hui encore les stigmates, ce calendrier grégorien ignore les rythmes endogènes et les cycles naturels ou culturels consacrés qui définissent intrinsèquement l’identité africaine.

Cette mutation calendaire, en apparence anodine, a profondément altéré le découpage du temps et l’organisation des événements majeurs. Il s’est ensuivi une acculturation et une perte d’identité propre des Africains qui, plongés dans un système conçu pour l’espace occidental, peinent à s’adapter ou à s’affirmer.

UN IMPÉRATIF CONTEMPORAIN

Dans un contexte contemporain marqué par la bascule de l’ordre mondial et par l’émergence progressive d’un ordre multipolaire qui érige le respect de la diversité comme socle d’équilibre du monde et moteur d’une prospérité partagée, et où l’Afrique cherche à s’affirmer comme une puissance autonome, il devient impératif pour l’Afrique de réhabiliter son système historique de découpage du temps et de fixation des fêtes traditionnelles, y compris le NOUVEL AN AFRICAIN.

EXEMPLES DE PATRIMOINE CALENDAIRE MONDIAL

🇨🇳 « Chūnjié » – Nouvel An Lunaire Chine
🇮🇱 Roch Hachana Israël
🇮🇳 Diwali Inde septentrionale
🇪🇹 « Enkutatash » Nouvel An éthiopien – Exception africaine

INITIATIVE DU TOGO

Le Togo, qui assure la présidence du Haut comité sur la décennie des racines africaines et de la diaspora africaine, se propose d’initier, en collaboration avec l’Union africaine, des réflexions avec les spécialistes africains et de la diaspora en vue de proposer les dates de célébration des fêtes africaines, en particulier, la date du NOUVEL AN AFRICAIN, en se basant sur les repères historique, culturel et cultuel africains.

Le Togo envisage, à cet effet, d’organiser un colloque international sur cette thématique à Lomé, à une date qui sera communiquée très prochainement. Les conclusions et recommandations de ce colloque seront transmises à la Commission de l’Union africaine pour faire l’objet d’une décision et d’une mise en œuvre subséquente.

9e CONGRÈS PANAFRICAIN – LOMÉ 2025

Le lancement de cette initiative s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’une des recommandations phare du 9e Congrès panafricain tenu à Lomé, du 8 au 12 décembre 2025, à savoir, la décolonisation des esprits et la réinvention de soi, et répond aux attentes profondes des peuples africains de voir leur continent s’affirmer comme une puissance autonome qui s’auto-référence et définit sa propre voie de développement.

Envie d’accéder aux contenus réservés aux abonnés ?

More
articles

Laisser un commentaire

×
×

Panier