La crise politique qui secoue le Sénégal depuis le limogeage d’Ousmane Sonko n’est pas une surprise. Elle est le résultat inéluctable d’une ambition démesurée et d’une méconnaissance des règles du jeu démocratique. Ce qui se joue, aujourd’hui, entre Sonko et Bassirou Diomaye Faye n’est pas une simple querelle de personnes, mais, une leçon de gouvernance pour tout le pays.
Sonko a tenté de faire croire à l’opinion que Diomaye Faye avait trahi un accord scellé à la prison de Cap Manuel. Pourtant, il ne s’agissait que d’un échange de courtoisie : Sonko promettait de soutenir Diomaye pour un second mandat, et ce dernier lui offrait en retour son appui pour 2029. Rien de formel, rien d’engageant. Mais, Sonko, lui, a vu dans ces paroles une opportunité à exploiter sans attendre (sur notre photo, le point de non retour entre Sonko et Diomaye).
Dès l’élection de Diomaye, il a cherché à raccourcir son mandat, à le forcer à démissionner après deux ans pour organiser une élection anticipée qu’il espérait remporter. Quand Diomaye a refusé, Sonko a tenté une autre voie : Faire tomber El Malick Ndiaye pour prendre le contrôle de l’Assemblée nationale et imposer sa loi au président. Une stratégie de coup d’Etat institutionnel, déguisée en manœuvre politique.
Face à ces pressions, Bassirou Diomaye Faye a fait un choix historique : Celui de la légitimité républicaine. Il a refusé de démissionner, refusant de se plier aux désidératas d’un homme qui, visiblement, ne supportait pas de ne pas être aux commandes. Diomaye a compris une chose que Sonko semble ignorer : Le pouvoir ne se partage pas, il se mérite par le respect des institutions.
Sonko, lui, a préféré la provocation à la patience. Il a accusé Diomaye de vouloir « tourner le dos au PASTEF », alors que c’est lui qui, en exigeant une majorité absolue dans le gouvernement, a rendu toute collaboration impossible. Le président a proposé un exécutif de 30 membres, avec seulement, 7 postes pour le PASTEF. Sonko a vu là une marginalisation ; en réalité, c’était une offre de réalisme politique. Diomaye ne pouvait pas gouverner avec un parti qui, malgré sa majorité parlementaire, refusait tout compromis.
Dans sa conférence de presse du 2 juin, Sonko a levé le voile sur sa vision du pouvoir. Il a révélé que Diomaye lui avait dit : « Je n’ai pas à te rendre de comptes. » Une phrase qui, pour Sonko, sonne comme une trahison, mais qui, pour tout observateur avisé, est simplement l’affirmation d’un principe fondamental : Le président de la République est élu par le peuple, pas par un parti.
Sonko a, aussi, accusé Diomaye de vouloir déstabiliser le PASTEF. Pourtant, c’est lui qui, en refusant de participer au gouvernement d’Ahmadou Al Aminou Lo, a isolé son parti et ouvert la voie à une cohabitation forcée. Le PASTEF détient 130 sièges sur 165 à l’Assemblée, mais, Sonko préfère menacer plutôt que gouverner. « Qu’on ne nous provoque pas », a-t-il lancé. « Nous savons tout. » Des paroles qui trahissent une stratégie de chantage, indigne d’un leader qui prétend incarner l’alternance démocratique.

Ce que cette crise révèle, c’est l’urgence de proposer une troisième voie au Sénégal. Une voie qui ne soit ni celle de l’autoritarisme ni celle de l’aventurisme. Le « Chemin de l’Espoir », que nous portons avec la coalition Xarnubi, repose sur trois piliers : Le respect des institutions, le dialogue inclusif et la transparence. Pas de démission anticipée, pas de coup de force parlementaire. Le mandat du président doit être intégralement honoré, et les élections doivent se tenir à date fixe. Contrairement à Sonko, qui exige tout ou rien, nous croyons en la négociation et en la construction de majorités stables. Pas de « protocoles secrets », pas de promesses en coulisses. Nos engagements sont publics, nos actions sont traçables.
La leçon de cette crise, c’est que le pouvoir ne se prend pas, il se mérite. Sonko l’a appris à ses dépens : On ne peut pas imposer une démission, on ne peut pas contrôler l’Assemblée nationale par la ruse, et on ne peut pas gouverner sans accepter le compromis.
Le Sénégal a besoin de stabilité, de vision et de leadership responsable. Le « Chemin de l’Espoir », c’est cette voie. C’est celle que nous proposons pour 2029, avec un projet clair, réaliste et au service du peuple.
« La politique n’est pas un jeu de dupes. C’est un engagement au service de la nation. »
Samba Kara NDIAYE.
Président du Parti NADEMS.
Membre de la coalition Xarnubi.





