Pendant quelques jours, l’idée d’une candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations-Unies s’était répandue, créant l’indignation en Afrique en raison de la controverse autour de son personnage. Rendue possible par Evariste Ndayishimiye, le président du Burundi et de l’Union africaine jusqu’en février 2027, cette éventualité a, finalement, été tuée dans l’œuf, enterrant par la même occasion, le rêve farfelu de Macky Sall.
Qu’il est rempli d’audace (mais aussi d’orgueil) ce Macky Sall (notre photo) pour s’être imaginé une seule seconde pouvoir être à la tête de l’ONU ! Responsable des déboires économiques de son pays, Sall est en exil au Maroc, d’où il contemple l’autodestruction à laquelle se livre son duo de tombeurs, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Cela représente, désormais, son unique lot de consolation, avant que la justice de son pays ne décide de le convoquer pour l’heure des comptes.
Malgré toute sa bonne volonté, le chef d’Etat burundais, Evariste Ndayishimiye, n’a pas réussi à convaincre les pays africains de soutenir Macky Sall pour en faire le secrétaire général de l’ONU. En effet, même le motif de la solidarité africaine n’aura pas été retenu par ceux-ci, dont certains, comme le Nigeria, n’ont d’ailleurs pas hésité à brandir l’argument du principe de rotation continentale généralement appliqué lors du choix du patron de l’entité onusienne.

Si Macky Sall voulait aider l’Afrique, il aurait usé de sa proximité d’avec Mohammed VI pour apaiser les tensions nées après que la victoire de la CAN 2025 attribuée au Maroc, sur tapis vert, par le score de 3 buts à 0, grâce à un jugement du tribunal de la CAF (Confédération africaine de football). Dans ce dossier, il n’a pas ouvert la bouche restant silencieux comme si le Sénégal n’était pas son pays. En plein exil doré au Maroc, il a affiché un tel désintérêt envers l’imbroglio juridico-sportif qui s’en est suivi, que même les pays africains, qui le soutenaient malgré tout, ont fini par se rendre à l’évidence de leur erreur, et qu’il ne peut, en réalité, rien faire pour l’Afrique.
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





