ATTAQUES DJIHADISTES AU MALI : Et si une main noire était derrière ?

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Une attaque simultanée et très bien coordonnée sur sept villes (Bamako, Kati, Sévaré, Kidal, Gao, Kayes et Nioro) a, durement, secoué le régime du général-président, Assimi Goïta. Un professionnalisme jamais affiché auparavant par les rebelles que personne ne pouvait suspecter d’avoir un tel savoir-faire que même les FAMA ne possèdent pas encore. Pourtant, ils ont failli faire pire : ils se sont attaqués à la résidence du ministre de la Défense, le général, Sadio Camara, par erreur, croyant que c’était celle du chef de l’Etat. Ce dernier a été, immédiatement, exfiltré, sans attendre, pour être mis en sécurité dans un camp militaire plus sûr de la ville de Bamako. Le ministre de la Défense n’a pas eu la vie sauve, lui, et une partie de sa famille.

Il y a deux mois, c’est Bamako qui était, pratiquement, asphyxié par les pénuries de carburant, les rebelles ayant décrété un blocus qui imposait un rationnement inédit. Cette situation a duré plus de deux semaines, montrant de sérieuses failles dans le système sécuritaire du régime. Alors que la situation commençait à se normaliser, durablement, l’attaque du samedi, 25 avril, est venue mettre tout le monde d’accord : Le Mali est encore loin, très loin, d’être un pays sûr, pas seulement, au Nord où les djihadistes contrôlent une partie de la région, et où le FLNA (Front de libération nationale de l’Azawad) réclame une indépendance (que soutient la France) depuis de très longues années et que personne ne veut entendre parler à Bamako, mais surtout, dans le Sud qu’on croyait sécurisé et où Kati, la ville-garnison et Bamako, ont été attaqués, allant jusqu’à tuer le numéro deux du régime et plusieurs membres de sa famille (sur notre photo, ce numéro deux du régime, Sadio Camara, est en train d’être décoré par le général-président Assimi Goïta).

Assimi Goïta a rompu les relations avec l’Ukraine de Volodymyr Zelensky le 4 août 2024.

Et les 2.500 mercenaires russes de l’Africa Corp ? Que font-ils exactement au Mali alors qu’ils étaient supposés faire mieux que les forces occidentales, surtout, françaises, que le régime a chassées pour intelligence avec la rébellion ? En attendant de répondre à cette question, il faudra d’abord que les Russes digèrent l’humiliation que leurs forces stationnées à Kidal viennent de subir. Kidal est, actuellement, sous le contrôle total de la rébellion. C’est l’Algérie, pays qui donne le gîte et le couvert à l’imam, Ousmane Diko, qui a négocié, directement, avec Moscou pour que les mercenaires russes encerclés, dans leur base, à Kidal, n’aient pas la gorge tranchée, comme ils savent très bien le faire sur les moutons et les chèvres. Cette implication de l’Algérie a permis aux Russes de sortir de leur camp les mains en l’air et sans leurs armes pour regagner Bamako. D’où la question qui est au bout de toutes les lèvres : Les Russes font-ils mieux que les Français alors qu’ils sont réputés apporter de la sécurité là où ils s’installent ?

Avec les attaques concertées du samedi, 25 avril, l’Ukraine vient de faire un pied de nez à la Russie au Mali.

Mais, en réalité, les choses sont loin d’être simples. Selon certaines sources dignes de foi, la guerre Russie-Ukraine s’est transportée, une fois n’est pas coutume, en terre malienne. Avec une aide logistique de la France (qui nie farouchement s’être impliquée dans cette bataille), les Ukrainiens ont entraîné les djihadistes du GNIM (affilié à al-Qaïda) et les rebelles du FLNA, pour réussir cette attaque concertée et coordonnée dans sept villes du Mali dont certaines distantes entre elles par un millier de kilomètres. Un professionnalisme tel qu’on souhaiterait voir les Russes l’enseigner aux FAMA.

Cela dit, le régime a vacillé au point de perdre son numéro deux, mais, il n’est pas tombé. Il est même loin de rompre. Mais après avoir vu l’incapacité des FAMA à juguler, rapidement, la crise du carburant, et à être surpris au point de paniquer devant les attaques djihadistes du 25 avril, on peut craindre que la prochaine attaque ne fasse des dégâts irréversibles. Car, comme dit l’adage populaire, jamais deux sans trois.

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