La coupe du monde de football qui démarre, ce jeudi, 11 juin, ne sera pas une fête sportive pour tout le monde. A cause de son goût pour l’argent, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a, totalement, sacrifié l’aspect festif et convivial en s’alignant sur toutes les thèses isolationnistes de Donald Trump, qui, finalement, en fait une affaire de politique intérieure américaine, au grand dam des 47 autres pays, et même de la FIFA qui laisse les Américains gérer la compétition à sa place. Le président de la FIFA n’a-t-il pas reconnu la marginalisation de sa propre coupe du monde, en affirmant que sans les Etats-Unis de Donald Trump, cette coupe du monde à 48 n’aurait pas été organisée ? Un aveu inédit de corruption alors que nul n’a imposé une coupe du monde à 48 pays si ce n’est Infantino lui-même.
Après le couac de la non-admission de l’arbitre somalien, l’humiliation des joueurs sénégalais par les douaniers américains qui se comportaient à leur égard comme s’ils étaient suspectés de trafic de drogue, et plusieurs autres couacs de l’administration américaine qui tance, sans cesse, les pays européens de refuser les visas à toute personne qui aurait voyagé en RDCongo, en Ouganda, bref, dans les pays du Grand Lac, avant de se rendre aux Etats-Unis via un pays d’Europe, le dernier scandale en date est le refus de Trump de donner des visas aux supporteurs ivoiriens qui vont être privés de mondial. On ne savait pas Infantino si lâche. Il avale tellement les couleuvres que son ventre va finir par exposer.
La Côte d’Ivoire va jouer une Coupe du monde sans ses supporters pour la première fois de son histoire. La faute à des visas non délivrés par les Etats-Unis, qui coorganisent le Mondial 2026 (sur notre photo, le stade de la Beaujoire de Nantes où les Eléphants ont corrigé les Bleus à domicile).

« Les supporteurs ont renoncé au voyage parce que l’Etat américain ne veut pas voir des supporteurs de certains pays dont la Côte d’Ivoire, sur son sol. Les Etats-Unis ont été clairs avec nous en disant qu’ils ne voulaient pas voir nos supporteurs », s’indigne Julien Kouadio Adonis, président du Comité national des supporters des Eléphants (CNSE). Il y a de quoi casser le moral des Eléphants qui venaient de battre, en amical, les Bleus de l’équipe de France, à Nantes, en France. Les gradins étaient remplis de supporteurs ivoiriens dont les youyous galvanisaient leur équipe, qui a fini par prendre le dessus en gagnant 2 buts contre 1 après avoir été mené par 1 but à 0.
Le racisme de Trump (n’ayons plus peur des mots) pose des problèmes d’entrée aux Etats-Unis pour certains pays et va même jusqu’à concerner les acteurs du jeu comme l’arbitre somalien, Omar Artan, l’un des trois meilleurs sifflets africains, qui a été refoulé, samedi, 6 juin, malgré un visa en règle.
« Cette situation nous fait très mal car elle nous empêche d’accomplir notre devoir régalien, c’est-à-dire, supporter notre équipe. Nous aurions pu présenter notre culture, notre savoir-faire en matière de supporter dans les tribunes », ajoute le patron de cet organisme sous tutelle du ministère ivoirien des Sports.
Seule une poignée d’officiels du CNSE a été autorisée à se rendre aux Etats-Unis. Pour ses trois participations au Mondial (2006,2010,2014) ou pour les Coupes d’Afrique des nations, l’organisme envoyait généralement plusieurs milliers de supporters.
Le rôle de la petite dizaine d’officiels du CNSE autorisés à voyager sera « d’encadrer les supporters ivoiriens basés aux Etats-Unis », précise M. Kouadio qui ajoute que même pour cette délégation « cela n’a pas du tout été facile pour obtenir les visas. Il a fallu discuter, négocier pour se faire entendre ». La Côte d’Ivoire devra donc compter sur les supporters de la diaspora sur place, dont le nombre est estimé par le CNSE à un petit millier.
« Votre billet n’est pas un visa », lance Marco Rubio alors que son pays a ignoré certaines dispositions du cahier des charges dont la délivrance des visas sans a priori défavorable pour cette fête sportive qui n’en sera plus une pour tous les pays participant à ce Mondial.

Ces restrictions s’ajoutent au coût exorbitant des tickets pour les matchs et nourrissent les critiques autour d’un Mondial déconnecté de la base populaire des fans de ballon rond. Infantino a été critiqué par son prédécesseur, Sepp Blatter, qui n’a pas accepté que l’arbitre somalien soit refoulé alors qu’il avait un visa en bonne et due et que la FIFA ferme son clapet pour cette compétition qu’elle gère. Infantino qui avait octroyé un prix de la paix à Trump pour saluer sa grandeur est une mauvaise parenthèse pour le football mondial. Vivement qu’il quitte la FIFA !
La Côte d’Ivoire doit jouer deux de ses trois matches de poule aux Etats-Unis, le 15 et le 25 juin à Philadelphie contre l’Equateur et Curaçao. Son deuxième match, le 20 juin, se disputera à Toronto, au Canada, face à l’Allemagne.





