SAHARA OCCIDENTAL : Après l’échec de la diplomatie, place aux armes ?

Date

A défaut d’avoir pu tenir tête au Maroc, dont les magouilles diplomatiques ont porté leurs fruits, en débouchant sur un alignement de plusieurs pays occidentaux et africains sur la solution marocaine concernant le droit d’autodétermination du Sahara occidental, l’Algérie ne retiendra plus les mains du Front Polisario. Fortement contrariée par la tournure des événements, notamment, le retournement de veste de Bamako, sur ce même dossier, au profit de Rabat, Alger n’a plus aucune raison d’empêcher la solution musclée prônée par le Front Polisario.

Il faut rappeler que cette organisation joue, elle-même, sa propre survie auprès des populations sahraouies lésées à tous les niveaux par les ambitions expansionnistes démesurées du voisin marocain (sur notre photo, le président du Sahara occidental, Brahim Ghali). Après avoir enregistré plusieurs désillusions consécutives liées aux avancées chérifiennes auprès des Nations-Unies, les leaders du mouvement ont été confrontés au ras le bol des Sahraouis, qui leur ont carrément demandé de ne plus les représenter. Une exaspération s’expliquant par le manque de résultats obtenus sur la scène internationale.

En redéfinissant la nature des relations pouvant être entretenues avec des groupes officiellement classés comme étant terroristes, au gré de leurs propres intérêts, comme cela a été observé, non seulement, en Syrie via le soutien apporté à Ahmed Al-Charaa, l’ancien djihadiste devenu président par intérim après le renversement de Bashir al-Assad, mais aussi, au Mali où la France et ses alliés souhaitent voir les terroristes du FLA et du JNIM prendre part aux négociations avec la junte malienne, les Occidentaux ont ouvert une véritable boite de Pandore. 

Brahim Ghali reçu à Alger par le président Abdelmadjid Tebboune.

Du coup, le Front Polisario ne craint plus la désignation d’entité terroriste, ni d’attaquer ouvertement des positions armées marocaines sur le sol sahraoui. C’est une évolution qui embarrasse Rabat, car elle n’avait pas été anticipée, et annonce l’incertitude des temps à venir. La diplomatie n’ayant rien résolu dans le fond, le langage des armes se chargera d’obliger les principaux acteurs internationaux à reconsidérer leur position dans ce litige existentiel. D’ailleurs, ceux qui auront pris la liberté d’ouvrir une de leurs représentations au Sahara occidental, sans accord préalable, avec les Sahraouis en subiront certainement les conséquences.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

More
articles

Laisser un commentaire

×
×

Panier