ELECTIONS AU MAROC : Vers un retour du PJD ?

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A l’approche des élections législatives de 2026, le paysage politique marocain semble traverser une période de doute et de recomposition. D’un côté, les partis de la majorité gouvernementale font face à des critiques liées à la hausse du coût de la vie, aux difficultés de l’emploi et à l’érosion du pouvoir d’achat. De l’autre, plusieurs formations traditionnellement ancrées dans l’opposition, ainsi que, certaines organisations syndicales peinent à apparaître comme une alternative crédible, en raison, notamment, d’un manque de renouvellement de leurs élites dirigeantes. Dans ce contexte, certains observateurs s’interrogent sur la capacité du Parti de la justice et du développement (PJD) à retrouver une place centrale dans le débat politique national.

Un contexte marqué par le mécontentement social

Les partis composant l’actuelle majorité gouvernementale — le RNI, le PAM et l’Istiqlal — sont confrontés à des critiques récurrentes concernant le pouvoir d’achat, le chômage et les inégalités sociales. Certes, une partie de ces difficultés résulte de facteurs internationaux sur lesquels le gouvernement n’a qu’une influence limitée. Toutefois, de nombreux citoyens estiment que les réponses apportées n’ont pas permis d’atténuer, suffisamment, les effets de ces crises sur leur quotidien.

Une opposition traditionnelle en perte d’influence

Face aux difficultés de la majorité, les partis historiques de l’opposition ne semblent pas, pour l’heure, bénéficier, pleinement, du mécontentement populaire. L’USFP, le PPS, le PSU, ainsi que, certaines organisations syndicales connaissent un recul de leur influence politique et sociale.

Parmi les critiques formulées à leur encontre, figure la question du renouvellement des responsables. Pour nombre d’observateurs, certaines formations ont donné l’image d’organisations dirigées, pendant de longues années, par les mêmes figures politiques, limitant, ainsi, l’émergence de nouvelles générations de dirigeants et de nouvelles idées. Cette situation aurait contribué à éloigner une partie de la jeunesse et des catégories populaires de l’engagement partisan et syndical.

Une relecture de l’expérience du PJD

Dans ce contexte, certains électeurs portent, aujourd’hui, un regard moins sévère sur l’expérience gouvernementale conduite par le PJD (sur notre photo, le PJD semble se mettre en ordre de bataille pour gagner). Sans occulter les critiques qui lui ont été adressées lorsqu’il exerçait le pouvoir, ils considèrent que la situation économique et sociale leur paraissait alors plus supportable et que le discours politique entretenait davantage de proximité avec les préoccupations des citoyens.

D’autres observateurs demeurent, cependant, réservés et rappellent que l’exercice du pouvoir a, également, révélé les limites et les contradictions de cette formation politique.

L’indispensable exercice d’autocritique

Pour espérer regagner la confiance des électeurs, le PJD ne pourrait se contenter de tirer profit de l’usure de ses adversaires. Il lui faudrait engager un véritable travail d’autocritique, reconnaître certaines erreurs commises lors de son passage aux responsabilités et adapter son projet aux défis actuels du pays.

La crédibilité politique ne se mesure pas seulement à la capacité de dénoncer les insuffisances des autres ; elle repose, aussi, sur l’aptitude à tirer les leçons de son propre parcours.

Une alternative à reconstruire

Si le PJD parvenait à mettre à profit son expérience gouvernementale, à corriger les insuffisances qui ont marqué son action passée et à proposer un projet à la fois réaliste, rassembleur et modéré, il pourrait redevenir une force politique majeure lors des prochaines échéances électorales.

Pour certains de ses sympathisants, cette évolution pourrait constituer une voie salutaire vers une gestion plus efficace des affaires publiques et une meilleure prise en compte des attentes des citoyens. Une telle perspective demeure toutefois conditionnée par sa capacité à convaincre un électorat devenu plus exigeant et plus attentif aux résultats concrets qu’aux promesses.

L’opposition doit se rassembler pour gagner.

Le verdict des urnes

A ce stade, aucune formation politique ne peut prétendre disposer seule des réponses aux défis économiques, sociaux et institutionnels auxquels le Maroc est confronté. Les prochaines élections constitueront, avant tout, un test de confiance entre les citoyens et leurs représentants.

Au-delà des slogans et des rivalités partisanes, ce sont la qualité des programmes, le renouvellement des élites, la crédibilité des engagements et la capacité à améliorer concrètement les conditions de vie des Marocains qui détermineront le choix des électeurs.

 Dr Lahcen Benchama

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