TCHAD-EMIRATS ARABES UNIS : Mahamat Idriss Deby Itno un peu déçu ?

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Le Tchad continue de vouloir faire passer les Emirats arabes unis (EAU) pour un partenaire de développement pour l’Afrique. Après avoir reçu 500 millions de dollars à taux réduit pour financer son budget 2024, N’Djamena sollicite encore plus d’aide de la nation émiratie. C’était la raison de la récente visite de Mahamat Idriss Deby Itno (MIDI) à Abu Dhabi. Mais, le double visage de son homologue, Cheikh Mohamed Bin Zayed Al Nahyan, le met dans une position inconfortable.

En mai dernier, le dirigeant tchadien s’exprimait lors d’une interview pour dénoncer les violences communautaires recensées dans l’Est de son pays, liées, selon lui, au conflit soudanais. En effet, le maréchal-président avait, alors, épinglé les deux parties belligérantes, l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide (FSR), pour leur rôle présumé dans les répercussions sur le sol tchadien de leurs affrontements, tout en évitant, soigneusement, de mentionner l’influence établie des Emiratis.

Ce jeu d’équilibriste inédit auquel se livre MIDI, probablement, par contrainte, en dit long sur l’impasse dans laquelle se trouve, actuellement, le Tchad sur le plan financier, et, donc, sur l’immensité de l’espérance placée dans la coopération avec un partenaire à la crédibilité douteuse, tel que les EAU. Rappelons la position dominante de ceux-ci qui, non seulement, sont accusés d’être les principaux soutiens des FSR, mais tiennent, aussi, le Tchad sur les questions financières.

Les dirigeants des Emirats arabes unis ci-dessus peinent à débloquer 10 milliards de dollars pour permettre au maréchal-président de financer son programme économique. Cette amitié est-elle sincère ?

Le déséquilibre du rapport de force entre les deux nations interroge sur la qualité de leur relation partenariale. Alors que l’objectif de son séjour aux EAU était de rentrer au Tchad avec une dizaine de milliards de dollars en poche nécessaires au financement de son économie, MIDI n’a reçu, quelques jours plus tard, que des dons à caractère social (ambulances et bus de transport), dont la valeur n’a pas été communiquée pour des raisons évidentes. Une manière pour Abu Dhabi de rappeler à N’Djamena la supériorité de la main qui donne. 

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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