L’Algérie et le Mali ont annoncé, vendredi, 10 juillet, la réouverture réciproque de leurs espaces aériens, ainsi que, le retour de leurs ambassadeurs respectifs. Ces mesures pourraient augurer d’une détente entre les deux voisins après 15 mois de brouille diplomatique, et c’est le moins qu’on puisse dire.
Leurs relations s’étaient fortement détériorées ces dernières années, notamment, depuis l’arrivée des militaires au pouvoir au Mali, qui, par la suite, ont accusé Alger d’ingérence dans les affaires internes de leur pays. Il faut préciser que l’Algérie abrite des djihadistes qui organisent des attaques contre le Mali avant de replier dans leur sanctuaire quand ils ont pris en chasse par les FAMA (Forces armées maliennes). Cerise sur le gâteau : L’imam Mahmoud Dicko, ce prédicateur dont la virulence est connue et qui avait pu avoir la tête de l’ancien président, démocratiquement, élu, Ibrahim Boubacar Keïta, a, facilement, trouvé refuge en Algérie quand les militaires ont voulu mettre la main sur lui (sur notre photo, Mahmoud Dicko est reçu en décembre 2023 à Alger par le président Abdelmadjid Tebboune). Car ses prêches semaient le trouble et créaient la zizanie au Mali. Du coup, l’Algérie s’est retrouvée dans une position inamicale pour le nouveau pouvoir malien. Dans la volonté de Bamako de surveiller le danger venant de la frontière algérienne où nichent certains djihadistes, son drone a été abattu par les forces armées algériennes sont le prétexte que ce drone survolait le territoire algérien sans autorisation. En même temps, l’espace aérien de part et d’autre avait été fermé, provoquant un détour de près d’une heure des avions de ligne qui survolaient l’Algérie. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase et l’irréparable a été atteint avec le rappel dans chaque pays de son ambassadeur. Cela dit, les deux capitales reviennent à de meilleurs sentiments et tant mieux.
Bamako a décidé « la réouverture de l’espace aérien national à l’ensemble des aéronefs civils et militaires assurant des vols en provenance ou à destination » de l’Algérie, a indiqué le gouvernement dans un communiqué. Il a, en outre, annoncé le retour à Alger de son ambassadeur qui avait été rappelé en avril 2025, sans toutefois préciser de date.
Quelques heures auparavant, Alger avait fait part de la même mesure relative à l’espace aérien de son voisin. Une décision effective à compter de ce vendredi, 10 juillet, et qui « inclut tous les vols aériens à destination et en provenance du Mali à travers les différentes destinations internationales », a précisé le ministère algérien de la Défense dans un communiqué. A l’instar du Mali, l’Algérie a, également, annoncé, vendredi, 10 juillet, le retour de son ambassadeur au Mali.

Les tensions avaient, par ailleurs, été alimentées par l’annonce, en avril, du soutien du Mali au plan marocain d’autonomie pour le Sahara occidental, une position opposée à celle de l’Algérie, qui appuie le Front Polisario indépendantiste. Malgré ces querelles, les deux pays restent liés par une longue frontière et par des enjeux sécuritaires communs, notamment, la lutte contre les groupes djihadistes actifs dans le Sahel. Cela dit, le double-jeu de l’Algérie sur cette question de djihadisme interroge dans la mesure où les attaques djihadistes contre le Nord du Mali viennent parfois du territoire algérien. Comprenne qui pourra !





