GHANA-AFRIQUE DU SUD : John Dramani Mahama et Cyril Ramaphosa dans la tourmente

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Début août prochain, Cyril Ramaphosa devait se rendre au Ghana pour une visite officielle. Mais, celle-ci vient d’être annulée par John Dramani Mahama, en raison du climat xénophobe qui secoue actuellement l’Afrique du Sud. En effet, pour éviter de provoquer ses concitoyens, devenus très hostiles envers l’Etat sud-africain, le dirigeant ghanéen a décommandé auprès de son homologue, bien qu’il soit, lui-même, indexable à plus d’un titre sur des questions similaires.

Alors que Dramani justifie son incapacité à accueillir Ramaphosa dans de bonnes conditions par les tensions nées d’une part, du décès par balles, fin juin, d’un Ghanéen de 40 ans expatrié en Afrique du Sud, lors des manifestations contre les migrants à Cape Town, et, d’autre part, du rejet par l’administration judiciaire sud-africaine de cette version des faits, Accra fait l’objet de poursuites pour sa participation au programme de sous-traitance migratoire dicté par Washington.

Parmi la soixantaine de migrants expulsés depuis septembre 2025, de manière controversée, par les Etats-Unis vers le Ghana, 27 auraient saisi l’organe de justice de la CEDEAO, afin de démontrer que leur droit à la libre circulation garanti par le traité fondateur du bloc sous-régional a été violé. Fin mai, Dramani volait au secours de Ramaphosa, alors pris à parti par un Donald Trump qui l’accusait ouvertement de racisme envers les anciens colons blancs sud-africains.

Violences xénophobes en Afrique du Sud par les Sud-Africains qui ont la mémoire courte après avoir oublié le soutien de l’Afrique contre l’apartheid qui s’abattait sur eux pendant de très longues décennies.

Toutefois, cette intervention n’a pas empêché le président ghanéen, quatre mois plus tard, d’autoriser son pays à aider la Maison Blanche à expulser les vagues de migrants non voulus aux Etats-Unis. Accepter de prendre part à une telle transaction, en faisant fi des conséquences juridiques éventuelles, pour ensuite se plaindre du même sort que subissent, depuis un moment, ses propres ressortissants dans un autre pays africain est d’une ironie troublante.

La xénophobie reste un vrai problème en Afrique du Sud, et sera difficile à régler car elle découle de la corruption et de la captation des richesses nationales. Il est triste de voir les Sud-Africains faire preuve d’autant d’impuissance face à leurs bourreaux nationaux, au point d’aller s’en prendre à d’autres Africains. Les deux chefs d’Etat, Ramaphosa et Dramani, étant chacun dans sa propre tourmente, il est préférable qu’ils s’évitent pendant un moment.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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