Gianni Infantino est dans de sales draps. S’y étant mis lui-même, après une Coupe du monde qui laisse à désirer sur un plan éthique, le président de la plus grande organisation mondiale de football a fini par céder à la grogne inédite lancée, notamment, par l’Union des associations de football d’Europe (UEFA), ainsi que, par sa consoeur d’Amérique du Nord, centrale et des Caraïbes (CONCACAF), après la divulgation de son projet de privatisation de la coupe du monde par la presse.
Malgré la menace de boycott de la prochaine Coupe du monde brandie par l’UEFA, le patron du ballon rond mondial s’était, dans un premier temps, montré défiant en déclarant, via un communiqué publié dans la nuit du 30 au 31 juillet, qu’il n’était disposé à faire marche arrière, et que chaque association membre devait être consultée à propos de son initiative. Il avait d’ailleurs reçu le soutien du président de la CAF, Patrice Motsepe, dans ce sens (sur notre photo, l’inqualifiable président de la FIFA, entend vendre des parts de la Coupe du monde de football au clan Trump, qui a été approché à cet effet. Trump pendant la compétition changeait les règles du jeu et d’organisation à sa convenance, sans réaction de la FIFA. Ceci explique aussi cela).
Mais, la pression étant devenue intenable, surtout, après la démission surprise d’un de ses principaux conseillers, Infantino a préféré renoncer à sa proposition controversée. Une décision sage, néanmoins, insuffisante pour ses détracteurs, lesquels réclament, désormais, son départ de la tête de l’institution. Cette crise, qui n’est pas la première crise qu’il traverse depuis son arrivée à la FIFA, mais, est de loin la plus importante, risque bien de l’emporter.
Son compère de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, qui avait tenté de voler à son secours, en encourageant les pays africains à considérer le projet d’investissement, réalise que son soutien n’aura pas suffi. Etant lui-même sur la sellette, il espérait chevaucher aux côtés de Gianni Infantino, au moins, jusqu’à la résolution de la crise actuelle, dans le but que ce dernier lui soit redevable dans le futur.

Son pari s’étant avéré perdant, Motsepe ne dispose quasiment plus d’alternatives en termes de soutien pouvant l’aider à garder son poste jusqu’à la fin de son mandat renouvelé l’année dernière. Selon certaines rumeurs, il aurait échappé à une motion de censure, il y a quelques mois, grâce à l’intervention du président de la FIFA. Depuis lors, non seulement, la relation entre les deux hommes a évolué, mais, l’avenir d’Infantino à l’instance de football s’inscrit en pointillés.
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





