CONGO-BRAZZAVILLE : Le Ministre Bonaventure Mbaya est gravement malade (Le pouvoir va-t-il le laisser mourir ?)

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La République du Congo ne peut pas détourner le regard avant qu’il ne soit trop tard. Il est des principes qui ne se discutent pas. Il est des valeurs qui fondent une nation. Le droit à la santé pour tout citoyen est de ceux-là. C’est un droit sacré, inaliénable, inscrit au cœur même du pacte républicain. Aucun Etat digne de ce nom ne le piétine. C’est ce droit qui construit la nation, qui la consolide, qui l’unifie autour de l’humain. Ce principe est valable partout dans le monde. Il est plus que valable pour notre pays, la République du Congo.

Aujourd’hui, ce principe nous interpelle. Il nous hante. En effet, depuis quelques jours, une vidéo virale déchire le cœur des Congolais. On y voit l’ancien ministre, Bonaventure Mbaya, amaigri, le corps très affaibli par la maladie. Une vidéo de l’intimité, d’une douleur insoutenable à regarder, qui n’aurait jamais dû être jetée ainsi à la vindicte des réseaux sociaux. Mais qui est là, devant nous, comme un cri d’alarme.

Cette vidéo n’est pas du voyeurisme. Elle a un sens. Un sens profond et désespéré. Réalisée à l’occasion de l’anniversaire du ministre, Bonaventure Mbaya (notre photo), elle est un S.O.S. Un appel à l’aide lancé à la nation toute entière. Un appel aux pouvoirs publics de la République du Congo pour obtenir une prise en charge d’urgence dans un hôpital spécialisé. Quitte à ce que nos autorités médicales de juger, en âme et conscience, en fonction de la pathologie du ministre, de la structure la plus adaptée pour le soigner.

Où est-il écrit, dans les lois et règlements de la République du Congo, que seuls ceux qui sont en poste ont droit aux soins ? Où est-il écrit que les anciens serviteurs de l’Etat, une fois malades, doivent être abandonnés ? Nulle part. Car la santé n’est pas un privilège. C’est un droit pour tous.

Mais, au-delà du droit, il y a l’Homme. Il y a Bonaventure Mbaya. Un homme qui a servi ce pays. Un frère, un père, un compatriote dont l’état de santé s’est gravement dégradé. L’émotion et la vive compassion qui ont submergé l’opinion nationale ne sont pas de la pitié. C’est la conscience collective de notre peuple qui parle.

Le ministre Bonaventure Mbaya doit être évacué en France pour recevoir des soins appropriés.

Face à cette détresse, le silence serait une faute. L’inaction serait coupable. C’est pourquoi, avec la force du cœur et au nom de l’humanité qui nous lie, j’en appelle, solennellement, à Monsieur le premier ministre, chef du gouvernement de la République du Congo, Anatole Collinet Makosso. Le cas de Bonaventure Mbaya est un cas d’urgence humanitaire qui ne peut plus attendre. Je viens prier le premier ministre d’examiner, avec la célérité que commande la situation, toutes les voies et autres moyens pour secourir cet illustre fils du Congo. Intervenir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard. Avant que l’irréparable ne se produise.

Sauver Bonaventure Mbaya, ce n’est pas faire une faveur. C’est honorer la République. C’est prouver que le Congo n’abandonne jamais ses enfants, surtout, dans l’épreuve de la maladie d’autant que dans la situation du ministre, Bonaventure Mbaya, tout indique qu’il est en danger.

Joseph Ouabari Mariotti

Ancien Garde des Sceaux du professeur (des professeurs) Pascal Lissouba.

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