L’ancien président de la Guinée-Bissau, Umaro Embalo Cissoko, veut aller à l’élection présidentielle du 4 décembre prochain. Exilé depuis 10 mois, il l’a annoncé sur ses réseaux sociaux à partir du Maroc, où il a été accueilli, après avoir été refoulé par le Portugal, qui était sa destination préférentielle. Décidément, l’individu est un provocateur né car il n’a pas hésité à solliciter l’asile auprès de Lisbonne après avoir multiplié des actes hostiles à son encontre lors de sa présidence, mais, en plus de cela, il compte, maintenant, défier les autorités de transition bissau-guinéennes.
Le timing de cette annonce interroge, une fois mis en perspective avec le référendum sur la Constitution du 30 août, ainsi que, le discours du premier ministre de transition, Ilidio Viera Té, à l’occasion de la 81ème session des Assemblées Générales de l’ONU à New York. Une semaine avant de s’y rendre, ce dernier avait déclaré dans une interview être contre un retour de celui qui fit de lui son ministre des Finances et directeur de campagne, dans le cadre du scrutin présidentiel du 26 novembre dernier. Pour Vieira Té qui assume son passé, les choses ont changé.
Au royaume chérifien, Umaro Embalo Cissoko (notre photo)
ne vit pas un exil doré qu’il espérait après s’être fait confisquer 5 millions de dollars par la douane portugaise. Depuis, il vit dans l’ombre de l’ancien président du Sénégal, Macky Sall, qu’il suit partout dans son pari fou de succéder à Antonio Guterres au poste de secrétaire général de l’ONU, un recyclage politique que l’ancien leader bissau-guinéen espère bien pouvoir reproduire pour ses propres desseins. Mais, au vu de la tendance qui se dessine à Bissau, il n’est pas prêt d’y arriver, tout comme son ami de mauvaise fortune, Macky Sall.

D’ailleurs, même s’il lui était permis de rentrer au pays, son influence au sein de l’arène politique serait marginale, étant donné que le parti qu’il avait fondé à la hâte fin 2025 en vue de sa réélection est aujourd’hui dirigé par Ilidio Viera Té. Barré au niveau de la présidence par Horta N’Tam, qui ne fera certainement pas exception à la règle observée ces dernières années de voir des chefs de junte chercher à être élus par les urnes, il risque ne disposer que d’un simple statut de membre dans son propre parti. Une dégringolade méritée pour l’ancien narco-président.
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





