FRANCE : Les lycéens (en colère) descendent dans la rue en nombre (Grève générale de la fonction publique)

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Alors que le gouvernement français s’apprête à faire voter son budget pour l’année 2027, une large intersyndicale a lancé un appel à la grève pour protester contre des mesures injustes, comme celles du maintien du gel du point d’indice et de la baisse du pouvoir d’achat, et ce malgré une nette hausse du taux d’inflation. Depuis ce matin, le mouvement a gagné en intensité après le ralliement des lycées, suite à l’appel du président de l’Union syndicale lycéenne (USL). 

Pour Ryad Riani, le président de l’USL, la plus grande syndicale lycéenne du pays, le premier ministre, Sébastien Lecornu, et ses ministres exagèrent dans la poursuite de leurs objectifs de rééquilibrage des comptes publics. En effet, l’exécutif espère tirer, environ, 2 milliards d’euros d’une nouvelle année de blocage des salaires publics, une situation qui ne peut plus durer pour les fonctionnaires ulcérés par ce qu’on leur demande, après trois années consécutives de gel de l’indice en question.

Dans le secteur de l’éducation, le corps enseignant a obtenu le soutien des élèves, venus en masse pour bloquer l’entrée de leurs lycées et collèges. Plus de 350 établissements étaient concernés par ce mouvement national contre les mesures imposées par Matignon (premier ministère). Parallèlement à son refus d’indexation des salaires du public à l’inflation, Sébastien Lecornu n’a rien prévu pour compenser la dégradation des conditions d’apprentissage des élèves.

Partout en France, on a compté près de 400 lycées en grève. Du jamais vu sous Emmanuel Macron.

Au contraire, en réponse à l’appel formulé par Ryad Riani, le premier ministre aurait demandé à son collègue du ministère de l’Intérieur, Laurent Nunez, de mobiliser suffisamment d’éléments policiers pour contenir les velléités des apprenants, dont la majorité des revendications sont pourtant légitimes. Sureffectifs, pénurie d’enseignants et conditions d’apprentissage inadaptées, sans oublier, le très inefficace Parcoursup qui laisse au bord de la route une bonne quantité de bacheliers sans orientation, etc. Autant de griefs dont le gouvernement n’a pas tenu compte et qui sont relégués au second plan, le seul objectif étant de générer 54 milliards d’économies sur un an.

Avec Emmanuel Macron, on pensait avoir tout vu avec le passage douloureux de la réforme des retraites sous Elisabeth Borne. Cependant, force est de constater que les équipes chargées d’accompagner “Vulcain” dans les derniers mois de son dernier mandat présidentiel auront réussi l’exploit de susciter un soulèvement populaire d’une envergure jamais vue depuis celui de 2018. Vivement que la page Emmanuel Macron soit tournée. 

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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