MADAGASCAR : Andry Rajoelina et ses anciens ministres bientôt condamnés ?

Date

 A sa requête formulée auprès de la Haute cour constitutionnelle (HCC) de pouvoir traduire en justice l’ancien président déchu, Andry Rajoelina, ainsi que, quatre de ses ex-ministres, parmi lesquels figurent Christian Ntsay (Primature), Rindra Hasimbelo Rabirinirinarson (Finances), Ravokatra Fidiniavo (Mines) et Marie Michelle Sahondrarimalala (Education), le Pôle anti-corruption (PAC) a reçu un feu vert. C’est une excellente nouvelle pour le peuple malgache qui devrait bientôt voir les procédures se multiplier sur les actes de mal-gouvernance de l’ancien régime.  

Après de longs mois passés à monter un dossier solide sur l’ancien DJ et ses subalternes, le PAC n’avait pour seule crainte qu’un blocage de la HCC, seul organe apte à autoriser leur jugement par la Haute cour de justice (HCJ). Chacune des personnes visées ayant été impliquée dans, au moins, un gros scandale, notamment, l’affaire de l’or volatilisé des locaux du ministère des Mines, les irrégularités dans la passation des marchés publics pour du matériel scolaire, ou l’obtention douteuse du certificat de nationalité pour l’élection présidentielle de 2023, la HCC a vite tranché.

Pour Andry Rajoelina et Christian Ntsay qui ont fui le pays dès le lendemain de la prise de pouvoir par Michäel Randrianirina, les condamnations à venir se feront, probablement, par voie de contumace. Parmi les divers dossiers dans lesquels il est empêtré, Andry Rajoelina devra expliquer par quel moyen il avait réussi à obtenir un certificat de nationalité malgache afin de participer au scrutin présidentiel de 2023. Disposant d’éléments attestant de sa citoyenneté française, ses rivaux avaient été indignés de l’octroi, à ciel ouvert, d’un tel passe-droit par son gouvernement.

Quelques tenants de l’ancien pouvoir traduits devant la justice pour délinquance financière.

Dans un discours médiatisé visant à désenfler la polémique, l’ancien dirigeant avait admis s’être naturalisé pour des raisons familiales, tout en soulignant être un Malgache de cœur, comme si ce type de déclaration revêtait une once de logique constitutionnelle à Madagascar. Dans les autres dossiers, les preuves de mauvaise gouvernance sont tout aussi accablantes, à tel point que l’issue des procédures qui seront engagées contre les cinq hauts membres de l’administration précédente est anticipable. Tout l’enjeu ici sera autour des condamnations qui devront être exemplaires.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

More
articles

Laisser un commentaire

×
×

Panier