BELGIQUE : Vers la chute du gouvernement sur fond d’austérité

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 Moins d’une semaine pour trouver 11 milliards d’euros d’économies ! Voilà la mission impossible que vient d’accepter le premier ministre belge, Bart De Wever, qui n’arrive pas à convaincre sa majorité parlementaire de valider son budget fédéral austère pour l’année 2027. A l’instar de la France, et comme un peu partout en Europe, la Belgique fait face à d’importantes manifestations contre l’inflation et le recul des services publics, que les gouvernements rechignent à corriger.

Après avoir essuyé moults blocages au sein de sa propre mouvance, Bart De Wever (notre photo) est allé présenter sa démission, ce 02 novembre, au roi, Philippe, qui ne l’a pas, immédiatement, acceptée. En effet, le monarque se donne jusqu’au vendredi, 5 novembre, pour y réfléchir, mais, demande entre-temps à De Wever de poursuivre les négociations avec les partis politiques. Sauf que la probabilité d’un revirement de situation est infinitésimale, notamment, en un lapse de temps aussi réduit.

Même s’il se tient généralement en marge de l’animation gouvernementale du pays, le roi de Belgique n’en demeure pas moins informé dans chaque moindre détail. Il est, par exemple, parfaitement, au courant des contre-propositions formulées par les syndicats, pour qui les milliards d’économies que compte générer Bart De Wever, en réduisant les aides sociales peuvent l’être en augmentant l’impôt sur la fortune, ou en revoyant le budget de la Défense à la baisse.

Aucun dirigeant européen ne semble toujours vouloir reconnaître que l’échec des politiques de relance économique menées après le Covid-19 est une des conséquences directes du soutien à l’Ukraine dans son conflit avec la Russie. Non seulement, les économies européennes continuent d’en subir les effets, d’où l’explosion des dettes nationales, et donc, le retour de l’austérité pour rééquilibrer les finances publiques, mais, plusieurs de leurs leaders ont, aussi, perdu leur poste.

Le premier ministre, Bart de Wever reçu au palais par le roi, Philippe.

Confronté à la même impasse l’an dernier, De Wever avait failli démissionner, préférant au final solliciter plus de temps pour trouver un terrain d’entente avec ses détracteurs. Il s’était vu accorder un délai de 50 jours. Mais, cette fois, la configuration est différente puisque ses envies de départ ont été formellement actées par le cabinet royal. Par ailleurs, il ne dispose que de quelques jours pour trouver un accord. Sauf miracle, le sort de son gouvernement est déjà scellé.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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