Ces députés, dont le président du groupe, Stéphane Peu, justifient leur décision par le risque de victoire de la candidate du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, donnée, pour le moment, favorite pour cette élection, avec un score au premier tour qui est pratiquement le double de celui du candidat qui le suit, en l’occurrence, Jean-Luc Mélenchon de LFI (La France insoumise).
La majorité du groupe communiste et ultramarin à l’Assemblée nationale (neuf députés sur 17) annonce, jeudi, 05 novembre, dans une déclaration transmise à la presse, soutenir la candidature de de Jean-Luc Mélenchon (notre photo), plutôt que celle du candidat et patron du PCF, Fabien Roussel, pour la présidentielle de 2027. Ces députés, dont le président du groupe, Stéphane Peu, justifient, notamment, leur décision par le risque de victoire de la candidate du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, donnée favorite pour cette élection.
«A l’approche d’une élection présidentielle aux enjeux immenses, nous prenons nos responsabilités, par-delà nos attaches partisanes», écrivent-ils. «Nous nous engageons à soutenir la candidature à l’élection présidentielle de Jean-Luc Mélenchon», ajoutent-ils, en précisant : «Aucun d’entre nous n’est Insoumis, ni n’envisage de le devenir». L’entourage de Fabien Roussel refuse, pour le moment, de commenter un «choix personnel».
Au total ce sont quatre des huit députés communistes, plus cinq ultramarins, qui annoncent soutenir le candidat insoumis. Trois d’entre eux, dont Stéphane Peu, sont élus en banlieue parisienne, dans des circonscriptions où La France insoumise fait de très bons scores. D’autres élus communistes devraient leur emboîter le pas.

Lors de la présidentielle de 2022, Fabien Roussel avait réuni seulement 2,28% des suffrages
Le soutien de son chef de groupe à l’Assemblée à un autre candidat est un coup dur pour Fabien Roussel, qui n’arrive pas à créer de dynamique en ce début de campagne et stagne à environ 2% d’intentions de vote dans les sondages. Alors que Jean-Luc Mélenchon est donné dans les sondages actuels en mesure de se qualifier au second tour face à Marine Le Pen. Début septembre, les militants du PCF avaient voté à 72% pour soutenir la candidature de leur dirigeant pour la présidentielle.
Lors de la présidentielle de 2022, Fabien Roussel avait réuni seulement 2,28% des suffrages. Les Insoumis avaient accusé sa candidature d’avoir privé leur champion Jean-Luc Mélenchon (21,95%) de l’accession au second tour. D’autant plus que le fondateur de LFI avait bénéficié du soutien du PCF lors des présidentielles de 2012 et 2017.
«Avec LFI, nous avons beaucoup plus de convergences que de divergences»
«J’assume cet acte que j’assimile à un acte de désobéissance civile. C’est une objection de conscience», appuie Stéphane Peu, député de Seine-Saint-Denis, à l’AFP. Le patron des députés communistes, partisan affirmé d’une gauche de rupture, juge impossible de soutenir le candidat social-démocrate, Raphaël Glucksmann, qu’il voit comme «la continuité de la gauche d’accompagnement du libéralisme».

Pendant le débat qui avait été organisé pour désigner le candidat du parti socialiste, Raphaël Glucksmann avait été accusé de se positionner comme un anti-Mélenchon parce qu’il visait un rapprochement avec les partis du Centre. Il avait toujours nié cette affirmation, n’arrivant pas à expliquer pourquoi il refusait, contrairement, aux trois autres prétendants à la candidature du parti socialiste (à l’exception de Jérôme Guedj) de laisser une possibilité d’alliance et de travail en commun avec Jean-Luc Mélenchon si la situation l’exigeait. Il est resté ferme dans sa position convainquant les trois autres candidats qu’il agissait avec un agenda caché.
«Avec LFI, nous avons beaucoup plus de convergences que de divergences», a ajouté la députée communiste des Hauts-de-Seine, Elsa Faucillon, également, signatrice de l’appel. «C’est une décision très forte des députés communistes et ultramarins qui contribue à l’union de la gauche de rupture autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon», s’est réjoui auprès de l’AFP le cadre insoumis, Paul Vannier, responsable des relations avec les autres partis.





