Le 4 décembre 2025, le Kenya est devenu le premier pays africain à signer un important accord de financement avec le département d’Etat américain, portant sur la transformation de son système de santé. Avoisinant plus d’un milliard et demi de dollars sur cinq ans, il fut, instantanément, paraphé par le président, William Ruto, un homme dont la cupidité ne choque plus personne. Du moins, pensait-on, jusqu’à ce que l’exécution de ce partenariat soit bloquée par un juge.
Le président du Kenya est prêt à vendre les données personnelles médicales de ses compatriotes pour remplir les caisses du Trésor de Nairobi (sur notre photo, il rencontre Donald Trump à la Maison Blanche en décembre 2025. Le deal antre les deux hommes était-il en cours ?). Alors que d’autres de ses homologues, notamment, ceux du Zimbabwe et de la Zambie, découvrent, avec stupeur, la contrepartie requise par Donald Trump pour la mise à disposition des fonds américains, William Ruto s’étonne que la justice de son pays n’ait pas encore tranché en faveur du deal sur lequel il compte baser sa campagne de réélection.
Pourtant, les présidents du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa et zambien, Hakainde Hichilema, eux aussi, approchés de la sorte, n’ont pas eu besoin de réfléchir pour déterminer que le coût des capitaux états-uniens était prohibitif. Dans le cas du Zimbabwe, les Américains exigeaient, non seulement, un accès aux données sanitaires, mais également, le non-partage de tout bénéfice futur pouvant résulter de leur usage. Des conditions qui ont conduit Emmerson Mnangagwa à décliner le magot de 367 millions de dollars offert.

En Zambie, l’appétit de l’administration Trump était sur le secteur minier, surtout, le cuivre et le cobalt, pour un montant d’un milliard de dollars. Contrairement au Zimbabwe avec qui les négociations ont, déjà, pris fin, la Zambie demeure ouverte, à condition que les exigences des Etats-Unis soient revues à la baisse. Aux dernières nouvelles, Washington réclamait 10 ans de partage de données et 25 ans d’accès à des agents pathogènes ayant un potentiel pandémique.
Derrière ces contreparties controversées, la Maison Blanche cherche à tester la détermination du continent africain, qui ne jure, désormais, plus que par le respect de sa souveraineté. Il est évident qu’avec des maillons faibles dirigeants comme William Ruto, on ne peut pas reprocher à Donald Trump d’avoir tenté de s’acheter une influence au Kenya. Toujours est-il que tous les chefs d’Etat ne sont pas comme lui et ne manqueront pas de le faire savoir au milliardaire républicain.
Paul-Patrick Tédga
MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)





