ANGLETERRE : Keir Starmer de plus en plus sur un siège éjectable

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Les jours au pouvoir du premier ministre britannique, Keir Starmer, sont-ils comptés ? Plus impopulaire que jamais, le leader du parti travailliste ne dispose quasiment plus d’aucun crédit politique, pas même au sein de sa propre majorité parlementaire. Si des élections législatives devaient avoir lieu, aujourd’hui, sa défaite ne ferait l’ombre d’aucun doute.

En poste à Downing Street depuis juillet 2024, Keir Starmer avait réussi à naviguer au milieu des eaux troubles du passif hérité du parti conservateur, après plus de 15 ans de domination. Mais, le scandale de l’Affaire Epstein, qui se poursuit, l’a mis en état de survie, en exposant le népotisme autour de la nomination de Peter Mandelson au poste d’ambassadeur britannique aux Etats-Unis (sur notre photo, le premier ministre et son ambassadeur Peter Mandelson tout sourire quand ça allait bien).

Considéré comme l’une des plus prestigieuses de la diplomatie anglaise, cette fonction aurait été attribuée par Keir Starmer lui-même, au mépris total des réserves, pourtant, émises par les services de renseignement nationaux, au terme d’un examen approfondi du profil de l’intéressé. Malgré la démission de plusieurs de ses proches, le premier ministre s’accroche à son poste.

L’Affaire Epstein a pourri la nomination de Peter Mandelson comme ambassadeur à Washington.

Pour tenter d’inverser la spirale infernale qu’il traverse, il a décidé de renoncer à la rétrocession des Iles Chagos à Maurice, l’un des seuls actes tournés vers l’Afrique de son gouvernement, après la suspension des accords de la honte entre Londres et Kigali. Régulièrement attaqué par Donald Trump, il a sollicité l’intervention du roi, Charles III, pour calmer le président américain. 

Cependant, rien de tout cela ne suffira à rétablir sa crédibilité au sein de son cabinet, ni même du parti travailliste. La question de son successeur potentiel n’ayant pas encore été tranchée, il peut encore profiter un peu des attributs du pouvoir, tout en sachant qu’il est sur la sellette et que son départ de la primature anglaise peut être acté à tout moment.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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