FRANCE-GABON : Le président Brice Clotaire Oligui Nguema multiplie les promesses face à la diaspora gabonaise

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En France, depuis le 19 juillet, pour une visite d’Etat de trois jours, le président de la République du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema, a rencontré ce mardi, 21 juillet, la diaspora de son pays, au complexe des Pyramides du Port-Marly, une ville située en banlieue parisienne. Des Gabonais résidant en Ile de France, ainsi que, d’autres venus d’ailleurs dans l’Hexagone, mais également, de pays voisins, comme la Suisse ou la Belgique, s’étaient déplacés pour l’occasion.

Annoncé pour 16 h, le chef de l’Etat est, finalement, apparu devant ses compatriotes, plus d’une heure et demie plus tard, aux côtés de la première dame, Zita Oligui Nguema. A son arrivée, le couple présidentiel a été, promptement, conduit au village artisanal, où de nombreux projets lui ont été présentés par près de 70 entrepreneurs d’origine gabonaise (peintres, ingénieurs, etc.).

Dans son allocution du jour, Brice Clotaire Oligui Nguema a touché plusieurs thématiques centrales, telles que l’accord de transformation locale du manganèse, la suspension temporaire des réseaux sociaux, la révision du code de nationalité, la poursuite des études universitaires à l’étranger, le retour des talents au Gabon, ou encore, les concours d’entrée à la fonction publique gabonaise. Des éclaircissements étaient attendus de la part du chef de l’Etat autour de ces sujets clivants.

L’objectif premier du voyage d’Oligui Nguema à Paris était la signature de l’acte de transformation du manganèse tiré du sol gabonais. Celui-ci ayant été atteint, la mission de l’homme fort gabonais peut être vue comme une réussite, surtout, après deux longues années de négociations. Toutefois, son apport net pour l’économie gabonaise reste à déterminer, puisque l’emprise d’Eramet, l’entité française du secteur du manganèse gabonais, demeure intacte.

Depuis février dernier, les réseaux sociaux au Gabon font l’objet d’une relative surveillance provoquée par l’irresponsabilité de certains Gabonais. Ceux-ci devenaient le lieu où se disait n’importe quoi n’importe comment et n’importe où sur le président, le gouvernement, l’Etat, sans preuve et sans prendre les gants. Si ma liberté finit là où celle de mon prochain commence, on assistait à un désordre général faisant de l’espace médiatique gabonais un lieu de règlements de compte comme s’il n’existait aucune autorité pour réguler cette fâcheuse situation. L’Etat et son régulateur ont agi, avec mesure, dans l’intérêt supérieur de tous. Le Gabon ne sera pas un far west sous le président Oligui qui est tout sauf un dictateur. Mais, on a, parfois, tendance à oublier qu’il est avant tout un militaire dont la devise première est l’ordre et la discipline. Cette mesure (qui est en train d’inspirer d’autres pays de la sous-région et au-delà), permet d’encadrer les activités des Gabonais sur la toile. Et c’est bien ainsi.

La révision du code de nationalité a aussi été évoquée. Pendant des décennies, le Gabon, pays d’hospitalité par excellence, intégrait, facilement, ceux des étrangers qui venaient y vivre, en leur octroyant, sans beaucoup de difficultés, la nationalité gabonaise. Ils pouvaient, par la suite, occuper de hautes fonctions dans l’appareil étatique. Cette pratique a été dévoyée (disons-le) par certains nouveaux Gabonais. Beaucoup d’entre eux se retrouvant impliqués dans divers scandales d’ampleur liés à leur mauvaise gouvernance. Les cas sont nombreux, notamment, sous le magistère (assez malheureux) du président, Ali Bongo Ondimba, et sa fameuse « légion étrangère ». Le président, Brice Clotaire Oligui Nguema, en homme averti et protecteur des siens, est en train de corriger cette situation sans faire du Gabon un Etat hostile à l’intégration des étrangers.

En réponse à la politique de racisme décomplexé des autorités françaises vis-à-vis des étudiants africains, et s’illustrant par la hausse et l’obligation de disposer à l’immédiat de la totalité des frais de scolarité pour leurs programmes d’études en France, le chef d’Etat gabonais prévoit de nouer des partenariats ailleurs.

Le couple présidentiel gabonais accueilli à l’Elysée par Emmanuel Macron. Les deux présidents se congratulent sous l’oeil amusé de Zita. Que fera son époux après mai 2027 après la retraite du président français ?

La diaspora gabonaise avait soutenu l’accession à la magistrature suprême de Brice Clotaire Oligui Nguema, en lui octroyant plus de 70% de ses voix, depuis la France. Après l’avoir remercié, il l’a invité à l’aider à développer le Gabon. Pour l’encourager, le président gabonais a promis de rendre possible la tenue des concours d’accès aux grandes écoles de la République dans les locaux de l’ambassade du Gabon en France. Ainsi, bientôt, tout Gabonais aspirant à intégrer l’ENA, les impôts, les douanes, etc. pourra, désormais, le faire de l’étranger.

Si pour Brice Clotaire Oligui Nguema, la proximité avec Emmanuel Macron est parfaitement assumée, en dépit de qu’en dira-t-on, il faut rappeler que cela faisait plus de 64 ans que Paris n’avait plus sorti le grand jeu face à Libreville. Difficile donc pour lui de se montrer insensible face à un tel show de séduction, sans pour autant perdre de vue les intérêts des Gabonais, qui, au vu de la pluie d’acclamations qu’ils lui ont réservée pendant son discours, sont à fond derrière lui.

Paul-Patrick Tédga

MSc in Finance (Johns Hopkins University – Washington DC)

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