L’expression « Les oiseaux de mauvaise augure », employée par le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, a été, largement, reprise dans le débat public. Cependant, force est de constater que certains mauvais gestionnaires de la chose publique s’en servent, désormais, comme d’un bouclier pour se soustraire aux critiques et éluder leurs responsabilités.
A tort, toute dénonciation d’irrégularités, de mauvaise gouvernance, de corruption, de favoritisme, de gaspillage des ressources publiques ou de violations des textes est parfois assimilée à une attitude de dénigrement. Une telle interprétation dénature le sens de cette déclaration et risque d’encourager une culture de l’impunité.
Dans un état de droit, la critique constructive, le contrôle citoyen et la reddition des comptes ne sont pas des actes de malveillance. Ils constituent, au contraire, des mécanismes essentiels de bonne gouvernance, de transparence et de protection de l’intérêt général. Les lanceurs d’alerte, les journalistes, les chercheurs, les syndicalistes et tous les citoyens qui dénoncent des dysfonctionnements sur la base de faits ne devraient jamais être assimilés à des « oiseaux de mauvaise augure ».
Le véritable danger pour la nation ne réside pas dans les voix qui alertent, mais, dans les pratiques de ceux qui confondent la gestion des biens publics avec leurs intérêts personnels et qui cherchent à instrumentaliser les propos du chef de l’Etat pour justifier ou masquer leurs propres dérives.

Les paroles du président de la République méritent d’être interprétées avec responsabilité et discernement. Elles ne doivent, en aucun cas, servir de prétexte pour étouffer le débat démocratique ni pour discréditer les critiques légitimes visant à améliorer la gouvernance publique.
Une République forte ne craint pas la vérité. Elle la recherche, l’écoute et s’en sert pour corriger ses insuffisances. C’est à cette condition que les institutions gagnent en crédibilité et que la confiance entre les citoyens et l’Etat se consolide.
Landry BOUMBEYA TCHISSAMBOU
Master en Gestion durable des écosystèmes (Université Denis Sassou Nguesso)
Président de l’Association Actions pour le vivre-ensemble (AVE)
Membre de la coordination du Mouvement Citoyen Ras-Le-Bol





