ATTAQUES DE BRAZZAVILLE : Kolelas demande aux hommes de Dieu et à la communautaire internationale d’intervenir

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Au secours, le dictateur tue son peuple ! Plus en silence, mais au vu et au su de tout le monde. Dans la précipitation qu’on imagine, il n’a pas été inspiré de changer son mode de fonctionnement habituel. Chaque fois qu’il entreprend un coup fourré, généralement, armé, il s’arrange, toujours, à ne pas être sur place. Dans la nuit de dimanche à lundi, il a pris soin de se mettre au vert, à Oyo, son village natal, d’où il était parti, samedi, 2 avril, pour assister à l’investiture du président du Niger, Mahamadou Issoufou, à Niamey. Ayant peur de dormir hors du pays depuis son hold up électoral, il s’est empressé de revenir pour dormir, à Oyo, où il se trouvait, au moment de l’attaque des quartiers Sud de Brazzaville. Qui connaît Sassou, sait que c’est le mode de fonctionnement qu’il rafolle.

Simplement, il a oublié que cette fois, et contrairement, à 1997, il y avait des nouvelles technologiques de l’information et de la communication qu’il avait d’ailleurs coupées, pendant 4 jours, du 19 au 23 mars, afin d’assurer son passage électoral en force. Malheureusement, pour lui, les choses ne se sont pas passées comme il les avait prévues, l’opposition étant, cette fois, (très) bien, sur ses gardes. La preuve : après avoir proclamé sa victoire, Sassou montre, tous les jours, qu’il a, réellement, perdu le vote. L’opposition a réussi à l’acculer jusqu’à ses derniers retranchements. Conséquence : il n’arrive pas à convaincre grand monde. Cette situation est très humiliante, pour lui de savoir qu’à sa demande (intense lobbying oblige), ses homologues africains lui envoient des lettres de félicitation, mais en même temps, ne croient pas à sa victoire. Ils savent qu’il a perdu.

A qui Sassou va-t-il faire croire que le pasteur Ntoumi a envoyé ses ninjas armés jusqu’aux dents aller prendre le pouvoir par les armes à Brazzaville ? Tous les Congolais savent que Ntoumi n’a plus d’armée (Sassou a récupéré la plus grosse partie des miliciens de Ntoumi pour les intégrer dans les rangs de ses propres miliciens) et que les quelque dizaines de combattants qui vivent avec lui, reclus à une centaine de kilomètres de Brazzaville, ne disposent pas, à proprement, parler d’armes de guerre, pour s’attaquer à la force publique. Ce serait un suicide. Et même s’ils voulaient attaquer Brazzaville, ils auraient été stoppés dans leur marche sur Brazzaville sur de nombreux checks points que Sassou a disposés tout au long du parcours. Dire que Sassou veut maquiller cette attaque (qu’il a lui-même organisée) en une tentative de coup d’état, dans le (seul) but d’arrêter les cinq candidats de l’opposition, à savoir, Guy Brice Parfait Kolelas, Jean Marie Michel Mokoko, André Okombi Salissa, Pascal Tsaty Mabiala et Claudine Munari, (c’est son plan quand il parle d’investigations en cours auprès de certains d’entre eux), ce qui lui donnerait l’occasion de proclamer l’état d’urgence et espérer reprendre la situation en main, de façon militaire, après que cette situation lui ait échappé au travers des urnes, est une fausse bonne idée du dictateur. En vérité, son sort est, déjà, scellé quand il entreprend les actions comme celle de cette nuit : il facilite, sans le savoir, le blocage du pays. Car qui va travailler, dans un pays que le dictateur met à feu et à sang ?

Prenant les devants, puisque la situation ne favorise par une concertation sereine des Cinq Candidats, Guy Brice Parfait Kolelas a demandé, officiellement, l’intervention des hommes d’église et de la communauté internationale, afin qu’on arrête l’hécatombe (on en est déjà à 18 morts et ça risque de continuer) que provoque le dictateur, et que la négociation s’engage avec le pouvoir. Il y va de la survie de nombreuses vies.

Coordonnée par le professeur, Charles Zacharie Bowao, l’opposition de l’IDC et du FROCAD (qui va bientôt avoir le renfort de la société civile) a, parfaitement, réussi, jusque là, à contourner tous les obstacles du dictateur et à le mettre en difficulté. Reconnaissez que pour quelqu’un qui dit avoir « gagné » la présidentielle, au premier tour, avec « 60,39% » des voix, c’est, plutôt, un petit exploit pour les « perdants ». Voilà pourquoi Sassou cherche à appliquer, à cette opposition, sa politique « d’élimination » progressive, de ses leaders, dans la pure tradition des marxistes.

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