BURUNDI : L’ONU dénonce la persistance d’abus de torture par le pouvoir

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Ces abus ont été perpétrés, selon les enquêteurs onusiens, dans un climat de peur généralisé et les violations ont été entretenues par des discours de haine prononcés par certaines autorités de l’Etat, et des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure. Plusieurs victimes de torture par la police ou le service national de renseignement ont rapporté à la Commission que les sévices endurés étaient accompagnés d’insultes à caractère ethnique.

Ces violations incluent des exécutions extra-judiciaires, des actes de torture et autres traitements inhumains et dégradants, des violences sexuelles et basées sur le genre, des arrestations et détentions arbitraires et des disparitions forcées, souvent, accompagnées de demandes de rançons importantes aux familles contre des promesses de libération de détenus ou pour retrouver les personnes disparues.
Bon nombre de ces violations ont été commises par des agents du Service national de renseignement et de la police, parfois, secondés par des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir – les Imbonerakure.

« Nous avons été frappés par le caractère particulièrement cruel et brutal des violations qui nous ont été rapportées », ont noté Fatsah Ouguergouz, Reine Alapini Gansou et Françoise Hampson, les trois membres de la Commission d’enquête sur le Burundi. Ils ont reçu des témoignages faisant état, lors des séances de torture, de l’usage de matraques, de crosses de fusil, de baïonnettes, de barres de fer, de chaînes métalliques ou de câbles électriques ayant eu pour effet, dans certains cas, de casser les os de la victime ou de lui faire perdre connaissance, d’aiguilles enfoncées ou des produits non-identifiés injectés dans le corps des victimes, d’ongles arrachés avec des pinces, de brûlures, ainsi que, de nombreux sévices sur les parties génitales masculines.

La Commission a regretté, une fois de plus, le manque de coopération du gouvernement du Burundi et l’absence d’accès au pays (sur notre photo Pierre Nkurunziza reçoit les membres du Conseil de sécurité à Bujumbura à qui il va mentir à plusieurs reprises). Toutefois, elle s’est entretenue avec de nombreux Burundais en exil et s’est rendue, notamment, en Tanzanie, au Rwanda, en Ouganda, en République démocratique du Congo et au Kenya. Depuis le début de ses enquêtes, elle a recueilli plus de 470 témoignages sur des violations des droits de l’homme qui auraient été commises depuis avril 2015 au Burundi.

La Commission d’enquête sur le Burundi présentera un rapport final à la trente-sixième session du Conseil des droits de l’homme, à Genève, en septembre 2017.

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