Le président du Sénégal, Macky Sall, membre de l’internationale libérale, avait, vainement, cherché, contrairement, à son allié, Alassane Ouattara, à modifier la constitution pour se donner un troisième mandat, puis, un quatrième, voire, plus. Le Sénégal n’étant pas la Côte d’Ivoire, il a, lamentablement, échoué, en rencontrant, notamment, le PASTEF présidé par Ousmane Sonko, sur son chemin. Arrivé au pouvoir en avril 2024 de la brillante façon qu’on sait, le tandem Bassirou Diomaye Faye/Ousmane Sonko, était au centre de toutes les attentions en Afrique où on espérait son succès afin que celui-ci fasse école. Sauf que la Françafrique n’avait pas dit son dernier mot.
C’est le président, Alassane Ouattara, qui craint, comme la peste et le choléra réunis, la contagion révolutionnaire dans son pays, après l’installation d’une AES qu’il ne contrôle ni les tenants, ni les aboutissants à ses frontières, qui a été le premier à tendre l’hameçon au jeune et inexpérimenté président, Bassirou Diomaye Faye (sur notre photo, Alassane Ouattara en décembre 2025 à Abidjan avec Bassirou Diomaye Faye, devenu un habitué des lieux). Deux semaines, à peine, après son accession au pouvoir, ce dernier, contre toute attente, s’est rendu, à Abidjan, le 8 mai 2024, à l’invitation de son homologue ivoirien. C’est Ouattara qui a commencé le lavage du cerveau de Faye. Ce voyage qui étonna plus d’un observateur au Sénégal, n’eut pas l’assentiment du premier ministre, Ousmane Sonko. Toujours est-il que le président ivoirien lui ouvrit la porte de l’Elysée où trône un certain fossoyeur de l’Afrique pur jus nommé Emmanuel Macron. Résultat, en deux années de pouvoir, seulement, Bassirou Diomaye Faye a rencontré Emmanuel Macron, à …quatre reprises, ce qui constitue un record que même Alassane Ouattara (l’homme de la France en Afrique) a eu du mal à battre.

Ces multiples rencontres pour quoi se dire, pour quoi faire ? Bassirou Diomaye Faye qui est tombé dans le piège françafricain dans la mesure où les panafricanistes ne comprennent pas son attitude qui est une véritable adolescence politique, devra bien expliquer les raisons de ce très (très) mauvais choix.
Le coup de grâce asséné à Ousmane Sonko l’a été au dernier Sommet Afrique-France de Nairobi, les 11 et 12 mai, où le jeune président sénégalais a, tour à tour, rencontré, une ultime fois, ses mentors français et ivoirien. Avant de limoger Sonko 10 jours plus tard. Faut-il en rire, maintenant où on sait que la bataille de positionnement entre Faye et Sonko était aiguisée par Abidjan et Paris, en sous-main ?
Chose rarissime : Le limogeage d’Ousmane Sonko (qui précisons-le a été celui qui mettait souvent de l’huile sur le feu dans la relation avec Bassirou Diomaye Faye) a été salué par le gouvernement ivoirien de la manière jamais vue en Afrique. Ceci explique sans doute cela. Pour que chacun se fasse sa propre religion, nous vous proposons le communiqué diffusé, samedi, 23 mai, à Abidjan, qui apporte le soutien de Ouattara à Faye, c’est-à-dire, le jour même où le président ivoirien est rentré de son séjour au Kenya.

COMMUNIQUE DU GOUVERNEMENT DE LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE
Le gouvernement de la République de Côte d’Ivoire prend acte de la décision du président de la République du Sénégal, Son excellence, Bassirou Diomaye Faye, mettant fin aux fonctions du premier ministre, Ousmane Sonko, dans le respect des prérogatives que lui confère la Constitution sénégalaise.
Le président de la République son excellence, Monsieur, Alassane Ouattara, chef de l’Etat, salue cette décision empreinte de responsabilité, de lucidité et de sagesse politique, dans un contexte où la stabilité des institutions et la cohésion nationale demeurent des impératifs majeurs pour toute nation souveraine.
La Côte d’Ivoire réaffirme son attachement aux principes de stabilité institutionnelle, de continuité de l’Etat et de préservation de la paix sociale, valeurs indispensables au développement harmonieux de nos Etats et à l’intégration sous-régionale.
Le gouvernement de Côte d’Ivoire exprime sa confiance en la capacité de son excellence, Bassirou Diomaye Faye, chef de l’Etat à poursuivre, dans la sérénité et le dialogue républicain, la consolidation de la démocratie et du progrès économique du Sénégal frère.
Enfin, la République de Côte d’Ivoire renouvelle au peuple sénégalais frère son amitié fraternelle et son soutien constant envers le président, Bassirou Diomaye Faye, pour un Sénégal stable, uni et prospère.
Fait à Abidjan,
Le 23 mai 2026
Amadou COULIBALY
Ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement.





