FRANCE : VGE le bourreau de Bokassa est mort

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L’hypocrisie des hommes fait qu’on ne parle pas mal d’un mort, du moins, tant qu’il n’est pas mis sous terre. Cela est-il valable pour ceux qui ont, foncièrement, consciemment, maintenu l’Afrique dans sa catastrophique situation actuelle ? On pense que Non. Les Africains doivent cesser de pleurer ceux qui leur ont fait du mal et réfléchir à la façon de corriger cette fâcheuse situation. C’est pourquoi l’Afrique ne pleurera pas Valéry Giscard d’Estaing (VGE).

C’est vrai qu’il était quelqu’un qui n’aimait pas perdre. Il voulait, toujours, gagner. Ses rares défaites furent infligées par François Mitterrand en mai 1981, faisant de lui le premier président à effectuer un seul mandat à l’Elysée sous la 5e République, et quand il voulut présider la Région d’Auvegne, en 2004, pour la 4e fois. Les Auvergnats et les Auvergnates, cette fois, lui dirent Niet. Humilié, il vendit son château et quitta la région.

Cela dit, en dehors de ses deux défaites qui étaient toujours cuisantes (car il s’appelait VGE), il était un champion de la gagne. Il s’est présenté  aux élections législatives : 11 fois candidat, 11 fois élu. Aux cantonales : 3 fois candidat, 3 fois élu. Aux municipales : 1 fois candidat, 1 fois élu maire de Chamalières d’où il se porta candidat, pour la première fois, à l’élection présidentielle de 1974. Il se présenta, aussi, aux régionales en Auvergne : 4 fois candidat, 3 fois élu. Aux européennes : 1 fois candidat, 1 fois élu, et, enfin, l’Académie française : 1 fois candidat, 1 fois élu.

Ce n’est pas cet aspect des choses qui intéresse l’Afrique. VGE fut, après Nicolas Sarkozy, le plus grand fossoyeur de l’Afrique post-indépendance. Dans une confidence, Félix Houphouët-Boigny reconnut que ses difficultés commencèrent après sa visite officielle en Côte d’Ivoire en 1978. Une fois de retour en France, il entreprit de convaincre les membres du G7 pour déstabiliser la Côte d’Ivoire dont le décollage économique devenait inquiétant …pour la survie de la France colonialiste en Afrique. Selon Houphouët, VGE fut, désagréablement, surpris de l’essor économique que l’exportation du cacao et du café donnait à la Côte d’Ivoire. C’est après son action de déstabilisation que les cours du cacao et du café se mirent à dégringoler sur le marché international. Signalons que la plus belle avenue d’Abidjan s’appelle « Avenue Valéry Giscard d’Estaing ».

Mais, le plus gros scandale de VGE en Afrique, qui a par ailleurs, marqué les Français, fut ses petites affaires en Centrafrique. Il y eut l’affaire des diamants qui lui fit perdre l’élection présidentielle de 1981. Mais pas que cela. Il avait tellement aimé ce pays où il organisait ses parties de chasse, qu’il encouragea son président et « cher parent », Jean Bedel Bokassa, à devenir empereur Bokassa 1er, en décembre 1977, avant de le sanctionner par un coup d’état militaire plus tard. Il poussa l’amitié jusqu’à faire de l’impératrice Cathérine, l’épouse de Bokassa, sa maîtresse. Certains historiens soutiennent qu’elle faillit avoir un enfant de lui, au grand désespoir de Bokassa, si son épouse n’avait pas avorté. Bref, VGE et la Françafrique, c’était comme l’écorce et l’arbre. N’en rajoutons pas puisqu’il n’est plus là pour répondre.

Concluons juste que l’Afrique, à ses yeux, n’était qu’un objet des relations internationales. Cette vision continue, d’ailleurs, aujourd’hui, au grand malheur de la jeunesse africaine qui voudrait ne plus se laisser faire.

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