JUBA ET KHARTOUM : Réconciliation dictée par la baisse du cours du baril

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Lors d’une réunion, mercredi, 3 février, à Juba, capitale du Soudan du Sud, les deux ministres du Pétrole, ont fixé une redevance, qui, au lieu d’être fixe, serait, désormais, indexée sur le prix du brut.
« Nous avons discuté et nous nous sommes accordés sur le principe d’une révision de l’accord », a déclaré le ministre sud-soudanais du Pétrole et des Mines, Stephen Dhieu Dau, cité par le site internet Sudan Tribune (notre photo montre les présidents Salva Kiir et Omar el-Béchir en train de s’embrasser en 2013).

Les oléoducs soudanais menant vers Port-Soudan, sur la mer Rouge, sont indispensables au Soudan du Sud pour exporter son brut. En raison de la chute des cours mondiaux et du montant de cette redevance,
fixée, jusque-là, à 24 dollars, le baril, il vend, actuellement, ce brut à perte.

Global Witness, ONG de lutte contre la corruption liée aux ressources naturelles, avait indiqué, en janvier, que le Soudan du Sud vendait son pétrole, environ, 20 dollars le baril.

La redevance « fluctuera à la hausse ou à la baisse, en fonction des prix du brut au niveau mondial », a-t-il ajouté. Son homologue soudanais, Mohammed Awad, a expliqué que les détails techniques de l’accord devaient, encore, être établis, selon radio Tamazuj.

En proclamant son indépendance, le 9 juillet 2011, après des décennies de conflit avec Khartoum, le Soudan du Sud a hérité de 75% des réserves pétrolières du Soudan pré-sécession. Mais, enclavé, il continue de dépendre des infrastructures soudanaises pour l’exporter.

L’économie du plus jeune pays du monde, qui a replongé, en décembre 2013, dans la guerre civile, est au bord de l’effondrement.

La production de pétrole – dont le Soudan du Sud tirait 98% de ses recettes à son indépendance – a diminué de plus de la moitié pour s’établir à, environ, 150.000 barils, par jour. La livre sud-soudanaise a sombré, l’inflation s’est établie à plus de 100 %, sur un an, en décembre, et le pays manque, cruellement, de devises.

M. Dhieu Dau avait estimé, en janvier, que l’arrêt de la production de brut sud-soudanais était inévitable à cours terme, faute d’un accord avec Khartoum sur une réduction de la redevance.

Selon des observateurs, Juba n’a pas pu payer, ces derniers mois, cette redevance. Des années de mauvaise gestion, l’arrêt de l’exportation de brut entre janvier 2012 et avril 2013 – une décision qui avait débouché sur d’intenses combats frontaliers avec le Soudan entre mars et mai 2012 -, puis, la guerre civile ont, profondément, affecté la production de brut du Soudan du Sud.

Avec AFP

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