LE MINISTRE D’ETAT A LA DÉFENSE, Me ARISTIDE SOKAMBI : « Nous serons en mesure de sécuriser les  élections »

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Qu’en est-il des FACA ? « La sécurisation du pays tient compte de certains préalables tels que la remise en ordre des FACA (Forces armées centrafricaines) dont le nombre s’élève à 8.500 soldats. Suite aux différentes rébellions passées, l’armée a été, profondément, désorganisée. Pour la remettre, sur pied, nous avons commencé par faire un travail de toilettage, qui nous permettra d’avoir un effectif réel. Pour l’heure, nous avons identifié 500 déserteurs, et continuons nos enquêtes », relève Me Aristide Sokambi, ministre d’Etat de la Défense.

Combien d’hommes sur le terrain ? « L’une des principales difficultés, a trait à l’embargo auquel sont astreintes les FACA. Cet embargo est dû, entre autres, au fait que beaucoup d’armes des FACA ont disparu, lors de l’arrivée de l’ex-Séléka. Nous n’avons pas, encore, à l’heure actuelle, récupéré ces armes. Avec l’aide de la communauté internationale, nous sommes en train de reprogrammer cette mission de défense, pendant cette période de transition, qui va jusqu’à mi-2015. On espère, avec cette restructuration, arriver à avoir une force opérationnelle capable de sécuriser les élections, et comptant 10.800 militaires, 1.800 policiers et 200 personnels complémentaires d’appoint, et, près de 5.000 gendarmes et policiers centrafricains ». « En République centrafricaine, on enregistre un ratio de couverture de l’armée de 1/1.000 alors qu’il devrait être de 1/250, ce qui constitue un déficit de 4 points, indiquant les efforts à fournir pour que le taux de couverture de l’armée par rapport à la population, réponde aux normes internationales ».

L’armée n’est pas, totalement, absente du pays : « Nous disposons d’un Bataillon d’infanterie de 800 hommes. Nous comptons, aussi, des hommes, à Obo, environ, 3 compagnies de 470 militaires, qui travaillent, en collaboration, avec les militaires américains et ougandais. Ici, aucun problème musulman ou de non musulman, ne se pose. Nous sommes, aussi, militairement, présents, à Birao, dans le cadre d’une mission tripartite, qui regroupe la RCA, le Tchad et le Soudan. Parti, en avril, de la MISCA, le contingent tchadien, à Birao, a, également, suivi le mouvement. Cette zone de Birao qui recouvre les trois frontières du Tchad, du Darfour et du Soudan du Sud, est d’autant plus stratégique qu’elle est une zone tampon comportant plusieurs menaces avec les Djandjawid. C’est pour éviter la criminalité transfrontalière, depuis 2011, que la tripartite a été créée ».

La sécurité en RCA est en passe d’être maîtrisée. La courbe des assassinats est en forte baisse avec la montée en puissance des forces internationales : « Tout le pays est sous le contrôle de la Minusca, notamment, la principale desserte Bangui-Garoua Boulaï. J’ai effectué, le 16 octobre, à Yaoundé, une rencontre auprès de mes homologues camerounais, Alain Mebe Ngo’o, chargé de la Défense, Laurent Essoh, chargé de la Justice et Martin Mbarga Nguelé, délégué général auprès de la Sûreté nationale, pour voir, concrètement, avec eux, comment sécuriser la frontière RCA/Cameroun. Fin novembre, une autre mission composée de ministres des Transports, du Commerce et des Finances, sera, à nouveau, sur place, pour poursuivre la mise en œuvre de cette coopération. Nous allons leur proposer une mission de sécurisation de la frontière, avant la fin de l’année. Nous mettons, tout, en œuvre, pour répondre aux attentes, et je puis dire que nous serons, en mesure, de sécuriser les prochaines élections ».

La question que l’on se pose, souvent, est de savoir qui, exactement, sécurise le pays ? « On a délégué la sécurité du pays à Sangaris, à l’Eufor et à la Minusca, qui travaillent, en collaboration avec la gendarmerie centrafricaine, et les préfets, en attendant la levée de l’embargo qui frappe les FACA. Les populations demandent à revoir les FACA à l’œuvre, car elles connaissent mieux que quiconque le terrain ». C’est dans cette perspective, aussi, croit-on savoir, que le BIR (Bataillon d’intervention rapide), actuellement, en constitution, sera d’un appui non négligeable, dès sa mise en œuvre, prochainement.

Cela dit, la sécurité du pays ne doit plus être, comme c’est le cas, actuellement, l’affaire des seuls militaires. A l’instar des trois leaders de communautés religieuses, Mgr Dieudonné Nzapalainga, archevêque de Bangui, l’imam Oumar Kobine Layama et le révérend pasteur Nicolas Guerekoyame-Gbangou, les partis politiques doivent, aussi, mettre la main à la pâte, en faisant un travail de terrain, dans ce domaine, auprès de leurs militants.

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