OMS : Tedros Adhanom Ghebreyesus un nouveau mandat pour quoi faire ?

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Premier Africain à diriger l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Ethiopien, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a été reconduit, mardi, 24 mai, pour un second mandat. A la tête de l’OMS depuis le 1er juillet 2017, il a, notamment, dû gérer la lutte contre la pandémie de Covid-19, dans de grosses difficultés, dont l’animosité affichée du président américain, Donald Trump. Mais, il aura survécu et rempile, aujourd’hui, pour un second mandat.

Les jeux étaient quasiment faits avant le vote à bulletins secrets lors de l’Assemblée mondiale qui se tenait, mardi, 24 mai, à Genève, le docteur, Tedros Adhanom Ghebreyesus, étant le seul candidat en lice.

Premier Africain à la tête de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), à 57 ans, Tedros Adhanom Ghebreyesus conserve son poste pour un second mandat de cinq ans. Un mandat qui ne sera pas de tout repos.

Spécialiste du paludisme, diplômé en immunologie et docteur en santé communautaire, le Dr Tedros, comme il aime à se faire appeler, a été ministre de la Santé et chef de la diplomatie de son pays.

Son visage a été rendu familier dans le monde entier par la lutte contre la pandémie de Covid-19, l’une de ses principales préoccupations. 

Chaleureux, le Dr Tedros est très apprécié, en particulier, des Africains, pour avoir permis que le regard de la communauté internationale, notamment, pendant la pandémie, se tourne davantage vers ce continent. C’est de son propre pays qu’est venue la principale critique, Addis Abeba l’accusant d’avoir « abusé de ses fonctions » après ses commentaires sur la situation humanitaire dans le Tigré.

L’arrivée du démocrate, Joe Biden, à la Maison Blanche, qui a remis les Etats-Unis dans le giron de l’OMS, lui a offert un second souffle, alors qu’il était attaqué sans cesse par Donald Trump, lequel avait coupé les vivres à l’organisation qu’il accusait de mal gérer la pandémie de Covid-19 et d’être trop proche de Pékin.

Le ton plus critique du Dr Tedros envers la Chine, qu’il estime ne pas être assez transparente sur l’origine de la pandémie, lui a valu quelques réprimandes de Pékin, qui soutient, toutefois, sa reconduction. Au nom de son tiers-mondisme et de sa politique proche de l’Afrique. On ne comprendrait pas en Afrique que la Chine ne soutienne pas un candidat africain à sa réélection à l’OMS .

Un scandale de violences sexuelles en République démocratique du Congo perpétrées par des employés de son organisation – parmi d’autres travailleurs humanitaires – lui a valu une volée de bois vert à deux reprises de plusieurs dizaines de pays membres, qui jugeaient sa réaction trop molle et trop lente.

Mais, la pandémie a montré que ses appels restent souvent sans écho. Après un premier mandat marqué par le Covid-19, qui a mis à nu les défaillances de l’OMS et du système sanitaire mondial, le Dr Tedros va devoir remporter le pari du renforcement de l’agence onusienne pour notamment mieux prévenir et gérer les futures épidémies. Surtout que Trump n’est plus là pour lui mettre les bâtons dans les roues.

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