Politique

Pour des Centrafricains de plus en plus nombreux, la crise que traverse leur pays est une sorte de fromage pour la Mission multidimensionnelle de stabilisation intégrée des Nations-Unies en République centrafricaine (MINUSCA). Mais au sein de cette dernière, on ne l'entend pas de cette oreille. La MINUSCA est sur tous les fronts et fait, avec « ses moyens actuels qui ont atteint leur limite », tout ce qu'il faut pour sécuriser les populations et aider le pays à se relancer. Cela dit, la MINUSCA a-t-elle de bons soldats ? D'autre part, le pouvoir en place est-il une équipe préparée pour affronter la crise ?

Le décompte macabre se poursuit en Centrafrique. La semaine dernière, la Croix Rouge locale avait ramassé 115 cadavres, à Bangassou, dans le Sud-Est du pays. Conséquence des tueries des milices connues agissant sous la barbe de la Minusca. Aujourd'hui, on en est, déjà, à 17 morts civils, à Bria, dans le Nord-Est du Centrafrique. Toujours, sous les yeux de la Minusca. Les Nations-Unies devraient tirer les conséquences de l'inefficacité de leur « machin » qu'elles ont envoyé sécuriser le Centrafrique avec un mandat "robuste". Ne serait-il pas mieux que cette Minusca plie bagage et laisse les Centrafricains se débrouiller que de se livrer, comme elle le fait, au tourisme (militaire) ?

Il ne manquait plus que ça : que les églises s'en mêlent à leur tour, elles qui se limitent à donner des avis pour que la société sud-africaine vive dans la paix, la cohésion entre les races et la bonne entente. Le Conseil des églises est sortie de sa réserve légendaire dans son dernier rapport centré sur la corruption où il n'y va pas de main morte. En effet, elle conclut que l'Afrique du Sud est proche d'un Etat mafieux avec à sa tête un leader qui ressemble de plus en plus à un Chef de Gang.

Le monde est petit, et le temps court. Il n'y a pas si longtemps, Alassane Ouattara, maquisard en chef fomenteur de coups d'état depuis le Burkina Faso sous Blaise Compaoré, faisait tout ce qui était possible pour arriver à ses fins : devenir le président de la République de Côte d'Ivoire, par tous les moyens. A l'époque, c'est la fin qui justifiait les moyens. A-t-il la mémoire courte ?

Le chef de l'Etat français, Emmanuel Macron, est bien arrivé à Gao, dans le Nord-Mali, ce vendredi, 19 mai 2017, où il mettra quelques sept heures, avant de retourner à Paris. Venu saluer les 1.600 soldats français de l'Opération Barkhane, dans le Nord-Mali, (selon une promesse de campagne), il a eu l'occasion de, longuement, s'entretenir avec le président du Mali, Ibrahim Boubacar Keita (IBK).

Les violences qui reprennent en Centrafrique se passent de commentaire. Alors que la Minusca annonce 26 morts à Bangassou, dans le Sud-Est, la Croix Rouge, elle, a ramassé 115 corps. C'est du jamais vu depuis trois ans. Le Centrafrique rebascule-t-il dans ses travers alors que la mésentente est, toujours, cordiale entre le président de la République et le président de l'Assemblée ?

Rien ne va au Mali. L'armée nationale n'en est pas une. Au point que l'intervention militaire décidée, en janvier 2013, par François Hollande, devient, aujourd'hui, quelque peu suspecte aux yeux de certains : « Les Français veulent-ils aider réellement le Mali à en finir ou s'agit-il d'une stratégie pour mieux s'implanter » ? Ces questions font l'objet de débat dans certains cercles africains, Serval ayant muté en Barkhane. Emmanuel Macron sera, vendredi, 19 mai, au Mali. Continuité ou rupture ? Avec Jean Yves Le Drian aux Affaires étrangères, c'est plutôt la continuité. Cela dit, les chefs d'Etat français et malien devront se dire les vérités en face, surtout, celles qui fâchent.

"Donald Trump se dirige droit vers une procédure de destitution", annonce, sans ambage et avec fermeté, le politologue américain, Allan Lichtman. L'accumulation d'accusations d'obstruction à la justice, de collusion avec la Russie et de conflits d'intérêts à l'encontre du président américain, pourraient déclencher une procédure de destitution.

Pour son premier gouvernement, le « jeune » président français, Emmanuel Macron, a fait moins bien que son mentor, François Hollande, à l'endroit des Noirs de France. Ce dernier avait Christiane Taubira à la Justice, un ministère régalien et, George Pau-Langevin, aux DOM-TOM, deux femmes de qualité. Emmanuel Macron, lui, n'a pu trouver que les Sports qu'il attribue à Laura Flessel, double champion olympique d'escrime. On dira au « jeune » président : « C'est bien mais Peut mieux faire » pour la prochaine fois !

De son propre gré, Ingénieur, José Eduardo dos Santos, a, volontairement, choisi de quitter le pouvoir, dans quelques mois. Non candidat aux élections législatives d'août prochain, il ne sera même pas député et conservera, à la limite, si ses camarades du MPLA le pressent beaucoup, la direction du parti. Depuis quelques jours, cependant, il fait un bilan médical en Espagne, lequel fait l'objet de tous les commentaires. Les plus détestables. Pour l'opposition, il serait même mourant.

Bonne nouvelle dans la République du guérillero. Contre toute attente, Yoweri Museveni vient de dénoncer le recours à la torture par les forces de défense et de sécurité de l'Ouganda. En réalité, c'est un peu l'hôpital qui se moque de la charité. A l'envers. Mais, comme ce genre de bonne nouvelle est rarissime à Kampala, les Ougandais l'accueillent de la plus belle des manières. En espérant qu'il n'y aura pas de retour en arrière.

L'argent tombe difficilement des mains de l'ancien banquier de la BCEAO et du FMI qu'est Alassane Ouattara. Sauf quand cet argent va, directement, chez ses proches. Les 8.500 anciens mutins (son ancienne rébellion) viennent de le vérifier à leurs dépends, eux, qui l'ont fait accéder à la présidence de la République, au prix de la déstabilisation de toute la Côte d'Ivoire. Pour le renvoi de l'ascenseur, et avoir gain de cause, ils ont dû utiliser les grands moyens, allant jusqu'à le menacer d'un coup d'état militaire. Conclusion : un banquier reste un banquier fût-il Alassane Ouattara ; il reste guidé par la seule logique du coffre-fort quand bien même il devient président de la République.

Plutôt le président malien, IBK (Ibrahim Boubacar Keita), démocratiquement, élu à son poste, que le dictateur tchadien, Idriss Déby Itno, réélu, en avril 2016, pour la cinquième fois consécutive, de la façon la plus contestable possible. Ayant émis le souhait de rendre visite aux soldats français à l'étranger qui combattent le terrorisme, Emmanuel Macron avait été averti : « Si, pour tes débuts, tu t'empresses de te rendre à N'Djamena pour serrer la main du dictateur, ce sera fâcheux pour ton image... ». Le « jeune » chef d'Etat apprend bien les leçons : il a pris bonne note de ce conseil. Il ne visitera pas l'état-major de Barkhane à N'Djamena, mais, directement, les soldats français qui en font partie, à Bamako, et dans le Nord du Mali.

Suite de la tentative de faire imploser les partis traditionnels français. Après le parti socialiste (qui table aujourd'hui sur une cinquantaine de députés contre cinq fois plus dans l'actuelle assemblée nationale), voilà un député-maire des Républicains, Edouard Philippe, qui vient d'être nommé premier ministre. Il est de la tendance d'Alain Juppé qui avait fait équipe avec François Bayrou pendant la primaire de la droite. Bayrou est aujourd'hui le faiseur de roi chez La République en marche (parti politique de Macron). Autrement dit, qui se ressemble s'assemble. Que le monde (politique français) est petit voire microscopique.

Après avoir échoué dans sa tentative de manipulation des soldats qui réclament 7 millions de F CFA (10.500 euros), après un acompte de 5 millions de F CFA payé en janvier, les 8.500 soldats grévistes sont à nouveau sortis des casernes ce matin. De Bouaké à Abidjan en passant par Daloa, Korhogo, etc., ça tire en l'air. Une seule demande au président de la République : Le respect de la promesse de payer la prime faite par le président. Sinon, la mutinerie pourrait se transformer en un coup d'état. Ce que personne ne souhaite.

Hier, vendredi, 12 mai, dans la soirée, les choses se sont un peu calmées en Côte d'Ivoire. Mais pas partout. A Abidjan, les mutins n'ont pas fait parler d'eux dans la nuit, ce que craignait beaucoup Alassane Ouattara. Raison pour laquelle il avait demandé à son chef d'état major des armées, le général, Touré Sékou, de tout faire pour que ne survienne pas la nuit sans qu'il y ait eu un retour au calme. En effet, la phobie du coup d'état l'a habité, pendant toute cette journée de vendredi, bien que la présidence de la République avait été protégée par la sécurité présidentielle, renforcée par des soldats loyalistes, avec énormément, d'équipements militaires. Mais rien n'y a fait : Alassane Ouattara appréhende, toujours, le coup d'état qu'il avait essayé, à plusieurs reprises, de faire pour chasser Laurent Gbagbo du pouvoir. Sans succès. Quel retournement de situation ! Même Henri Konan Bédié qui est son allié, aujourd'hui, et que Ouattara tenta, en vain, dans les années 2000, de chasser du pouvoir par coup d'état, doit, aujourd'hui, en rire.

Le président burundais, Pierre Nkurunziza, a mis en place, vendredi, 12 mai, une commission chargée de proposer dans un délai de six mois, une révision de la Constitution dont le but est d'inclure la fin de la limitation des mandats présidentiels. Autrement dit, la politique de « j'y suis j'y reste » fera de Nkurunziza un président à vie.

La situation au Congo-Brazzaville se dégrade dangereusement. Dans sa course contre la montre, Denis Sassou-Nguesso a programmé la tenue des élections législatives en juillet prochain. Une véritable blague quand on observe la tension qui gagne le pays. Et si les combats dans Brazzaville rendaient la tenue des élections impossible ? Cette information donnée par afriqueeducation.com, il y a quelques jours, est en train de se confirmer.

Le quartier du Plateau, à Abidjan, qui abrite le pouvoir (présidence et ministères) est sous le contrôle des mutins. Le camp militaire d'Akouédo, à Abidjan, qui est le plus grand du pays, est, lui aussi, sous le contrôle des mutins. Toujours à Abidjan, le camp militaire Gallieni, est, également, sous la coupe des mutins. Bouaké, la deuxième ville du pays, est entre les mains des mutins. Toutes les villes de Côte d'Ivoire sont touchées.
Même si, jusqu'ici, on a, volontairement, occulté la grave situation qui prévaut en Côte d'Ivoire, on est obligé de reconnaître, aujourd'hui, que le président, Alassane Ouattara, ne maîtrise pas (plus) grand-chose de son armée. Beaucoup de militaires sont mécontents de la façon dont ils ont été traités, au lendemain de son arrivée au pouvoir de la façon qu'on sait : c'est-à-dire, après les avoir utilisés dans ses multiples tentatives de coup d'état (avortées) sous le régime des refondateurs de Laurent Gbagbo. Aujourd'hui, les mêmes miliciens devenus soldats se retournent contre lui, au moment où il dit que les caisses du pays sont vides. Qui les a vidées ? Et à quelle fin ?

Le décret a été signé hier en mi-journée. En date du 16 juillet 2017, le corps électoral est convoqué pour élire les députés de l'Assemblée nationale ainsi que les conseillers départements et municipaux. Signé Denis Sassou Nguesso !