Politique

Le président soudanais, Omar el-Béchir, a assuré, jeudi, 23 novembre, au cours d'une rencontre avec le président russe, Vladimir Poutine, que le Soudan avait besoin d'être protégé contre les "actes agressifs" des Etats-Unis, malgré la levée récente de l'embargo américain imposé pendant 20 ans à son pays.

Les Africains qui accusent l'Union africaine (UA) d'être une organisation sans utilité, ont de quoi renforcer leur scepticisme à son endroit. Alors que cette dernière n'ignorait rien de ce qui se passe en Libye, en matière de trafic des êtres humains (tout comme elle connaît la situation qui prévaut en Mauritanie où l'esclavage continue de frapper les Négro-Mauritaniens), elle a fermé les yeux devant ce drame et préféré prendre le train en marche, comme les Nations-Unies et le reste de la communauté internationale, après le visionnage du reportage de la chaîne américaine CNN, sur cette question en Libye. Ses deux principaux responsables, à savoir, son président en exercice, Alpha Condé, et son président de la Commission, Moussa Faki Mahamat, se sont limités à des condamnations de principe sans lendemain, au moment où la France, moins concernée que l'Afrique, a réagi, de son côté, avec efficacité. Non seulement, son président, Emmanuel Macron, a qualifié ce trafic de « crime contre l'humanité », mais, la France a pris l'initiative de faire inscrire cette affaire, de manière expresse, comme sujet devant être examiné par le Conseil de sécurité des Nations-Unies. On peut, légitimement, se demander à quoi sert l'UA ?

Robert Mugabe a accepté de démissionner de son poste de président du Zimbabwe, mardi, 21 novembre. C'est un jour triste pour le Zimbabwe et l'Afrique. Espérons que les cris de joie qui accompagnent ce départ (non préparé) ne se transformeront pas, demain, en cris de désolation. La Libye d'aujourd'hui appelle les Zimbabwéens à faire très attention. Ne nous voilons pas la face : Washington et Londres jubilent. L'Occident, après 20 ans de déstabilisation, a, enfin, réussi, avec l'aide de l'armée, en exploitant les propres erreurs de Camarade Bob.
En dehors d'Alpha Condé qui préside l'Union africaine, les dirigeants du continent, de la nouvelle comme de l'ancienne génération, sont, tous, silencieux. Ils savent pourquoi. Camarade Bob ayant été poussé vers la sortie, de façon humiliante, le Zimbabwe fait un saut dans l'inconnu. Souhaitons, néanmoins, le meilleur pour celui qui aura le destin de ce pays entre ses mains.

Personne ne s'attendait à un deuxième coup d'éclat de la Cour suprême. Elle a, donc, logiquement, validé la réélection d'Uhuru Kenyatta, rejetant les deux recours déposés, non pas, par Raila Odinga, mais par un homme d'affaires associé à un ancien député et par deux responsables d'ONG. Trop peu pour faire vaciller, une nouvelle fois, Uhuru Kenyatta, qui va poursuivre sa mission à la tête de l'Etat kényan. En espérant que Raila Odinga le laissera travailler car, non seulement, il refuse de reconnaître la victoire de son ancien adversaire, mais, il promet, aussi, de lui mettre, énormément, de bâtons dans les roues.

Washington et Londres ne savent plus quoi faire pour que Robert Mugabe soit chassé du pouvoir avec humiliation. Après une vingtaine d'années de déstabilisation, créant, dans le passé, dans le pays, une inflation de plus de 5.000% (des chiffres irréels pour le commun des économistes), juste pour faire tomber son régime, le combattant suprême qui a chassé le colon britannique des terres rhodésiennes et poussé les racistes d'Afrique du Sud jusqu'à leurs derniers retranchements, reste en place. Il sera, sans aucun doute, au prochain Sommet de l'Union africaine (UA), à Addis Abeba, fin janvier 2018. Champion toutes catégories à l'applaudimètre, pendant les Sommets de l'UA, il y prononcera un discours contre l'impérialisme (qu'il vient de vivre dans sa chair comme jamais avant), qui restera gravé dans les mémoires. Le seul chef d'Etat africain (encore) capable (après l'assassinat du Frère Guide) à dire les vérités qui fâchent à l'Occident, sans peur, et dont la voix porte dans le monde, vient de faire l'objet d'une machination insoupçonnée. Mais comme un roseau, il a plié sans rompre. Comme dans le maquis, il n'a pas fui l'adversité. Il a plutôt su faire face. Camarade Bob, comme l'a déjà dit afriqueeducation.com, le 17 novembre, à 13h54, a laissé passer l'orage. Il s'occupe, maintenant, à faire revenir la situation de son pays à la normale, après avoir été secoué comme jamais avant.

Quand Hillary Clinton s'est fait battre à la présidentielle de l'année dernière, on a compris que la démocratie en Afrique connaîtrait un frein pendant quatre ou huit ans, le temps que Donald Trump retourne dans ses affaires privées. C'est vrai que Barack Obama, pendant ses deux mandats à la Maison Blanche, était comme un chien qui aboyait (en faveur de l'instauration de la démocratie en Afrique) sans jamais mordre aucun dictateur, contrairement, à Hillary, qui sans avoir le pouvoir d'Obama, se montrait plus mordante, percutante, dans bien de dossiers. On se disait alors qu'une fois installée, avec les pleins pouvoirs, à la Maison Blanche, elle soutiendrait, réellement, les peuples africains désireux de faire partir leurs bourreaux. Mais, contre toute attente, le volubile Trump s'est installé, avec une toute autre vision : il préfère composer avec les dictateurs et autres hommes forts (sauf quand il s'agit des camarades Maduro et Kim Jung-un) parce qu'ils sont capables de maintenir la paix et la sécurité dans leur pays. Il préfère commercer avec les pays stables au lieu d'y envoyer des sacs de blé pour nourrir les réfugiés. Bref, avec lui, c'est Trade et non Politics. Sauf quand Washington a un cas (personnel) à résoudre comme celui de Robert Mugabe en ce moment. Il s'agit, ici, d'une affaire pathologique. Dans les dossiers africains, c'est la prudence totale. L'administration Trump préfère faire le minimum aux Nations-Unies et s'abstient de prendre aucune initiative, conforme à son rang de super-puissance mondiale. C'est cette diplomatie africaine à minima que le secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, insuffle en Afrique, continent dont s'occuperait beaucoup plus sa collègue, Nikki Haley, l'ambassadrice US aux Nations-Unies. En réunissant les chefs africains de la diplomatie, à Washington, que pouvait-il leur dire de bon ?

On ne tardera pas à savoir quelle capitale occidentale a mandaté Alassane Ouattara pour faire savoir au président zimbabwéen, Robert Mugabe, qu'il était temps pour lui de quitter le pouvoir. Au nom de qui parle-t-il alors que l'Union africaine et la SADC appellent au respect de l'ordre constitutionnel ? La constitution du Zimbabwe pour le président ivoirien ne serait qu'un chiffon de papier ? Il est, vraiment, étonnant et curieux qu'Alassane Ouattara, qui est l'un des rares présidents (avec son homologue sénégalais Macky Sall) à être accusé de (grand) pion de l'Occident en Afrique et qui soutient, mordicus, le maintien du F CFA avec toutes ses fonctionnalités (coloniales), malgré le refus des élites africaines, veuille donner son avis (sans que personne ne la lui ait demandé) alors que les pays de la SADC au premier rang dans cette crise, observent une prudence à toute preuve, au regard de la grande complexité de la situation. Ouattara, une fois de plus, donne du grain à moudre aux Africains qui pensent qu'il est le prototype de chefs d'Etat dont les Africains n'ont plus besoin.

Vainqueur de la lutte d'indépendance contre le colon britannique, le président, Robert Mugabe, du haut de ses petits 93 ans, vient de gagner la première bataille : refuser de démissionner comme le lui demandait l'armée. C'est donc, désormais, acquis qu'il ne quittera pas le pouvoir même si les discussions continuent de traîner. Y participent l'armée, l'église, les deux ministres sud-africains et des représentants de la SADC, l'organisation sous-régionale. La lassitude de la population et même des négociateurs aidant, on tend vers la normalisation rapide de la situation. Deux signes ne trompent pas : alors que Camarade Bob a participé, ce vendredi, 17 novembre, matin, à une cérémonie de remise de diplômes à l'Université de Harare, ce qui veut dire qu'il n'est plus en « résidence surveillée », le vice-président, récemment, limogé, Emmerson Mnangagwa, lui, est rentré, jeudi, au Zimbabwe, en provenance d'Afrique du Sud où il s'était exilé.

L'armée du Zimbabwe qui a arraché l'indépendance au colon britannique détient la substance du pouvoir d'Etat depuis près de trois jours. Bien qu'elle ait déclaré urbi et orbi qu'elle ne faisait pas un coup d'état (dans le sens classique du terme) contre son commandant suprême, Robert Mugabe, elle continue, néanmoins, sa purge dans l'entourage présidentiel, empêche les ministres de travailler et garde le président de la République en « résidence surveillée ». Bien sûr qu'à 93 ans, Camarade Bob qui avait annoncé vouloir rester président du Zimbabwe jusqu'à 100 ans, a multiplié les erreurs, qui lui sont, aujourd'hui, fatales. Bien sûr que l'armée a eu raison de stopper les dérives du président de la République. Mais, il est temps de revenir au bon fonctionnement des institutions du Zimbabwe en rejetant l'aventure dont le principal bénéficiaire, grand tireur de ficelles devant l'éternel, ne sera, au final, que l'Occident (Washington et Londres en premier lieu) qui cherche à humilier Camarade Bob depuis des lustres, sans y parvenir. Jamais deux sans trois : après Kadhafi et Gbagbo, Mugabe sera-t-il le troisième sur la liste ? On espère que le bon sens des choses prendra le dessus du côté de Harare.

Quatre personnes sont mortes et une vingtaine blessées, samedi, 11 novembre, soir, dans une attaque à la grenade dans un café de Bangui, un incident suivi par des représailles qui ont fait trois autres morts. Ce sont les premières violences significatives dans la capitale centrafricaine depuis début 2017. La trêve semble finie à Bangui où les milices (re)prennent position pour exercer leur violence comme dans le reste du pays dont 80% du territoire est sous leur contrôle.

Pour la première fois, depuis très longtemps, Robert Mugabe risque de perdre le sommeil, après la sortie fracassante du chef des armées, pour le mettre en garde contre la purge qu'il a entreprise au sein de la Zanu-PF. En effet, le chef de l'armée zimbabwéenne, le général, Constantino Chiwenga, a dénoncé, lundi, 13 novembre, l'éviction du vice-président du pays, Emmerson Mnangagwa, et réclamé la "fin" de ce qu'il a qualifié de purge au sein du parti présidentiel Zanu-PF, prévenant que l'armée pourrait "intervenir".

Au moment où le président du Burundi, Pierre Nkurunziza, essaie de maintenir une paix par les armes, après avoir brigué grâce à la fraude un troisième mandat à la tête de l'Etat auquel il n'avait pas droit, les présidents tanzanien, John Magufuli, et ougandais, Yoweri Museveni, ont, vivement, critiqué la décision des juges de la Cour pénale internationale (CPI) autorisant l'ouverture d'une enquête sur des crimes contre l'humanité présumés au Burundi. De qui se moquent-ils en faisant semblant de jouer les facilitateurs entre les deux camps ennemis alors qu'en réalité, ils soutiennent la dictature de Nkurunziza comme le montre leur soutien ?

La République autoproclamée du Somaliland, dans le Nord de la Somalie, élit, lundi, 13 novembre, un nouveau président, le sortant ne se représentant pas, et espère poursuivre une transition démocratique qui tranche avec l'instabilité de l'Etat somalien voisin. Mais, personne ne reconnaîtra ce président fantoche comme son prédécesseur.

Le président togolais, Faure Gnassingbé, a accusé, vendredi, 10 novembre, l'opposition d'être responsable des violences qui ont fait, au moins, 16 morts en deux mois et demi de mobilisation populaire contre son régime, lors d'un déplacement dans une caserne militaire où il a renouvelé sa « confiance totale » à l'endroit de l'armée qui reste le dernier rempart contre les menaces de déstabilisation de diverses provenances.

Le gouvernement du Burundi a rejeté "catégoriquement", vendredi, 10 novembre, la décision de la Cour pénale internationale (CPI) d'autoriser l'ouverture d'une enquête sur des crimes contre l'humanité présumés entre 2015 et 2017 au Burundi, la ministre de la justice assurant que Bujumbura ne collaborera "jamais" avec cette Cour.

Jacob Zuma est acculé de toutes parts par ses adversaires politiques qui lui reprochent son penchant pour l'enrichissement illicite. La dernière attaque qu'il a subie est la sortie d'un livre que tout le pays s'arrache et qui livre des détails sur la façon dont il contourne la loi pour se remplir les poches. Après le refus de retirer ce livre de la vente comme le lui demandaient les milieux du pouvoir, son auteur, le journaliste, Jacques Paw, va devoir répondre à une plainte que viennent de déposer les renseignements généraux sud-africains, une plainte suscitée par Jacob Zuma.

La fuite du vice-président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, est une très bonne nouvelle pour le couple présidentiel. Camarade Bob va, sans doute, expliquer que s'il n'avait rien à se reprocher, il n'aurait pas, précipitamment, quitté le pays, de cette façon. Le vice-président était, en effet, accusé de tentative de coup d'état, ce qui justifierait son limogeage avec cette précipitation. Il annonce vouloir mener le combat, désormais, étant hors du pays. La course pour le pouvoir est plus que jamais lancé alors que Robert Mugabe est candidat à sa succession pendant l'élection présidentielle de 2018.

Tir groupé de plusieurs partis politiques contre George Weah qui, il n'y a pas longtemps (et le score du premier tour l'a montré), était à deux doigts de gagner la présidentielle. Après avoir obtenu le report du deuxième tour, le candidat arrivé troisième à cette élection et d'autres dont le vice-président sortant et candidat au second tour, Joseph Boakai, cherchent, maintenant, à coaliser leurs forces pour barrer la voie à l'ancien international de football que soutiendrait, discrètement, la présidente sortante, Ellen Johnson Sirleaf.

Raila Odinga, contre toute attente, a refusé d'affronter Uhuru Kenyatta au deuxième tour de la présidentielle kényane. Ce dernier a, finalement, obtenu 98,26% des suffrages. Mais, les opposants au vainqueur ne baissent pas les bras. Si Raila Odinga veut lancer une campagne de boycottage économique contre les sociétés proches du pouvoir, les activistes et ONG proches de l'opposition ont, quant à eux, déposé deux recours pour faire annuler la victoire du président sortant, Uhuru Kenyatta, auprès de la Cour suprême.

La position du roi Mohammed VI était attendue même si on la pressentait. Il vient de confirmer la marocanité du royaume sur le Sahara occidental. Pour lui, seule une autonomie peut être donnée à cette partie de son territoire. Rien de plus. En réalité, rien de nouveau sous le soleil des dunes de l'Atlas. Aucune des parties ne veut faire de concession. Pire, le retour du Maroc au sein de la grande famille de l'Union africaine (UA), a remis au premier plan les rivalités entre d'un côté, le Maroc et tous les pays africains (et ils sont nombreux) qui le soutiennent, et de l'autre, le Sahara occidental, fortement, appuyé par les poids lourds de l'organisation dont l'Algérie, l'Afrique du Sud, le Nigeria, et l'Angola. Du coup, les clivages sont de retour dans l'UA et la nomination d'un nouvel envoyé spécial des Nations-Unies en la personne de l'ancien président allemand, Horst Koehler, donne l'occasion, à chaque partie, de réaffirmer ses positions.